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Moyen Orient et Monde - Éclairage

Le plan de paix onusien pour la Syrie « n’a aucune chance d’aboutir », estime Landis

Joshua Landis estime que l'initiative de Staffan de Mistura, si elle peut mener à des discussions, est si vague qu'elle ne veut rien dire.

L’émissaire de l’Onu en Syrie, Staffan de Mistura, dont le plan de paix a été soutenu à l’unanimité lundi par les membres du Conseil de sécurité de l’Onu. Fabrice Coffrini / AFP

Le terme « historique » a été utilisé hier à plusieurs reprises et par plusieurs médias pour qualifier le plan de paix proposé par l'émissaire de l'Onu en Syrie, Staffan de Mistura, et soutenu à l'unanimité par les membres du Conseil de sécurité de l'Onu. Même par la Russie.
À elle seule, cette nouveauté fait croire à l'impossible, ou presque : une solution au conflit syrien qui déchire le pays depuis quatre ans. Les alliés du président Bachar el-Assad et ceux des différentes oppositions syriennes ont-ils fini par trouver un compromis qui ferait cesser les hostilités, ne serait-ce que de manière temporaire ?
Très peu d'informations ont filtré sur cette fameuse initiative, qui porte notamment sur une transition éventuelle en Syrie (voir par ailleurs), sans toutefois, et cela est crucial, faire mention de ce que réserve l'avenir au président Assad. À lui seul, ce point peut parfaitement déterminer le succès ou l'échec de l'application du plan de paix.

Même si certains observateurs se sont félicités d'un dégel, sinon d'un rapprochement réel, entre les différentes parties, rien n'est moins certain que cela suffise pour espérer des solutions concrètes et effectives. « Que peuvent faire l'Onu, ou de Mistura, après tant d'échecs, et alors que la communauté internationale et la Syrie sont si déchirés », se demande Joshua Landis, directeur du Center for Middle East Studies et professeur à l'Université d'Oklahoma. « De Mistura ne pose aucune précondition dans son initiative. Le fait que cette dernière soit si vague, si floue, si obscure prouve qu'elle ne veut strictement rien dire. C'est en cela qu'elle est si intéressante : personne ne perd ou ne gagne (dans ce plan) », assène le chercheur.

Ce dernier estime néanmoins que le plan onusien, « qui n'a aucune chance d'aboutir », peut mener à ne serait-ce que des discussions, rejoignant en cela les propos à l'AFP de Karim Émile Bitar, chercheur auprès de l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) de Paris, qui a qualifié le plan onusien d'« ébauche de rapprochement », sans plus. Mais à quoi bon, puisque les groupes islamistes rebelles omniprésents sur le terrain, comme Ahrar el-Cham et le Front el-Nosra (branche syrienne d'el-Qaëda), ne se trouvent pas à la table des négociations, juge M. Landis. Et a fortiori l'État islamique.
Ce nouveau plan de paix, basé sur les accords de Genève I (signés en juin 2012), n'apporte pas grand-chose de nouveau et « n'a rien de révolutionnaire », d'après l'expert Andreï Baklitski du PIR-Center à Moscou cité par l'AFP. Il n'est donc pas surprenant que, cette fois-ci encore, la Russie donne son accord à un plan apparemment volontairement vague au point d'en être dénué de sens.

(Lire aussi : Syrie : négocier quoi et avec qui ?)

 

Vers un morcellement « contagieux » ?
L'appui de Moscou à l'initiative intervient alors que, depuis quelques semaines, des affirmations – américaines et turques notamment – se succèdent pour dire que le Kremlin semble être sur le point de lâcher son allié syrien. Invariablement, Moscou balaie ces affirmations d'un revers de la main et réitère son soutien à Damas, tout en affirmant que c'est au peuple syrien de décider du sort du président Assad. Ce dernier, de son côté, a déjà perdu une partie majeure du territoire syrien. Différents scénarios, comme la partition du pays par exemple, ont déjà été envisagés par nombre d'experts au fil des batailles remportées par les uns et les autres. « Mais un morcellement du pays pourrait devenir contagieux et s'étendre à l'Irak par exemple », prévient Joshua Landis, en référence aux revendications kurdes. D'autant que l'alternative à Bachar el-Assad, en l'occurrence la prise du pouvoir par les groupes (islamistes) rebelles, n'est pas envisageable pour la grande majorité des gouvernements anti-Assad (sauf, peut-être, la Turquie et certains pays du Golfe). D'où cet acharnement à chercher une solution politique au conflit, conclut l'expert.

 

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Le terme « historique » a été utilisé hier à plusieurs reprises et par plusieurs médias pour qualifier le plan de paix proposé par l'émissaire de l'Onu en Syrie, Staffan de Mistura, et soutenu à l'unanimité par les membres du Conseil de sécurité de l'Onu. Même par la Russie.À elle seule, cette nouveauté fait croire à l'impossible, ou presque : une solution au conflit syrien...

commentaires (3)

LÀ Où EN SONT LES CHOSES ILS VONT À LA DESTRUCTION COMPLÈTE DES PAYS DE LA RÉGION... DES SOUS EN LEUR VENDANT DES ARMES... PUIS À LA RECONSTRUCTION COMPLÈTE... DES SOUS POUR RECONSTRUCTIONS... LES ENTREPRENEURS ? LES MÊMES DANS LES DEUX CAS !!!

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

19 h 19, le 20 août 2015

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Commentaires (3)

  • LÀ Où EN SONT LES CHOSES ILS VONT À LA DESTRUCTION COMPLÈTE DES PAYS DE LA RÉGION... DES SOUS EN LEUR VENDANT DES ARMES... PUIS À LA RECONSTRUCTION COMPLÈTE... DES SOUS POUR RECONSTRUCTIONS... LES ENTREPRENEURS ? LES MÊMES DANS LES DEUX CAS !!!

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    19 h 19, le 20 août 2015

  • L'ONU brasse de l'air L'ONU ne se rend même pas compte que la Syrie est devenue un cimetière au grand air.... L'ONU est incapable de résoudre l'équation Daesh qui continue à propager sa barbarie et se moque totalement des déclarations onusiennes

    FAKHOURI

    17 h 50, le 19 août 2015

  • "Le plan de paix onusien pour la Syrie « n’a aucune chance d’aboutir": C'est bien pour ça qu'on l'a proposé... L'ONU ou l'art de remuer de l'air pour rien...

    NAUFAL SORAYA

    08 h 57, le 19 août 2015

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