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Décryptage

Syrie : négocier quoi et avec qui ?

Le chef de la diplomatie saoudienne, Adel al-Jubeir, avec son homologue russe Sergueï Lavrov à Moscou le 11 août. Photo AFP

Sans véritable surprise, l'accord sur le nucléaire iranien, conclu à Vienne le 14 juillet dernier, a accéléré le processus de négociations autour du dossier syrien. Il a ouvert une première brèche qui a permis, en un temps restreint, la multiplication des contacts entre les différents protagonistes : rencontre tripartite entre Saoudiens, Américains et Russes à Doha le 3 août ; visite de Walid Moallem à Mascate le 6 août ; réunion entre Saoudiens et Russes le 11 août – sans compter l'énigmatique entretien entre le chef de l'appareil sécuritaire syrien, Ali Mamlouk, et le vice-prince héritier saoudien, également ministre de la Défense, Mohammad ben Salmane.

Compte tenu du fait que tous ces acteurs sont directement impliqués dans la crise syrienne, la reprise du dialogue entre eux est évidemment un signe positif. Mais pour comprendre si ces tractations diplomatiques peuvent aboutir à un réel processus de paix, il est nécessaire de répondre à deux questions : quelle est la marge de manœuvre des différents négociateurs ? Et s'ils arrivent à s'entendre sur un socle commun, peuvent-ils l'imposer à l'ensemble des belligérants ?

Socle commun
Russes, Américains et Saoudiens semblent pouvoir s'entendre sur deux points. Un : l'urgence d'endiguer la menace de l'État islamique (EI), à défaut de pouvoir l'annihiler dans l'immédiat. Deux : la nécessité de préserver les institutions syriennes dans un éventuel processus de transition du pouvoir. Il reste toutefois un point fondamental de divergences entre les Russes, d'une part, et les Saoudiens, et dans une moindre mesure, les Américains, d'autre part. Si pour Moscou, la question du départ du président syrien, Bachar-el Assad, n'est pas une priorité, pour Riyad, c'est une condition indispensable pour régler le conflit. Sans surprise, les Saoudiens ont refusé l'offre russe de rentrer dans une nouvelle coalition, incluant l'Iran, l'Irak et le régime syrien, pour lutter contre l'EI.
Du côté des Américains, si le départ de Bachar el-Assad n'apparaît plus comme une priorité, il n'est pas pour autant question de coopérer officiellement avec Damas pour lutter contre l'organisation jihadiste. Les Américains semblent plutôt avoir hiérarchisé leurs ennemis en Syrie : d'abord l'EI, ensuite le Front al-Nosra, branche d'el-Qaëda en Syrie, puis le régime syrien.
Pour avoir une chance réelle d'aboutir, l'initiative russe doit nécessairement inclure, à court ou à moyen terme, le départ du président syrien. Or, à ce niveau-là, les Russes sont un peu coincés : d'une part par l'absence d'alternative crédible, qui protégerait tout autant leurs intérêts, à M. Assad ; d'autre part par la position plus rigide de leurs alliés iraniens.
Aucune négociation sérieuse sur la Syrie ne peut se faire sans l'Iran. Encore plus que Moscou, c'est Téhéran qui tient les clés de la survie du régime syrien. Or, tout processus de transition du pouvoir remettrait en cause la mainmise de Téhéran et de ses alliés du Hezbollah sur l'appareil militaro-sécuritaire du régime, ce que Téhéran, à moins de se retrouver dans une position d'extrême faiblesse sur ce dossier, ne peut pas accepter.

(Lire aussi : Moscou aura du mal à convaincre l'opposition syrienne de son initiative)

 

Ni Genève III ni Sykes-Picot II ?
La marge de manœuvre des acteurs est donc déjà extrêmement limitée. Mais les perspectives d'apercevoir une sortie de crise sont encore atténuées par trois raisons. Un : les négociations avec le régime sont évidemment nécessaires, mais sur quoi peuvent-elles déboucher ? Il est désormais évident que M. Assad ne négociera pas son départ, quelle que soit sa position de faiblesse, alors comment l'inclure dans les négociations ? Deux : ces négociations doivent prendre en compte la position d'Ankara, plus radicale encore que celle de Riyad concernant l'avenir du président syrien, mais déterminante pour un éventuel règlement du conflit. Trois : si le conflit syrien prend la forme d'une guerre par procuration entre les puissances régionales, les belligérants sur le terrain n'en gardent pas moins leur propre agenda. Accepteront-ils un processus de paix décidé de l'extérieur ? Rien n'est moins sûr.

À défaut de trouver un règlement à la crise, c'est la question d'une future partition de la Syrie qui pourrait être le principal objet de discussion entre les négociateurs.
Mais là encore, malgré le fait que la partition existe déjà de facto, il sera difficile de s'entendre sur un compromis général. Autrement dit, ni Genève III ni Sykes-Picot II ?

 

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Sans véritable surprise, l'accord sur le nucléaire iranien, conclu à Vienne le 14 juillet dernier, a accéléré le processus de négociations autour du dossier syrien. Il a ouvert une première brèche qui a permis, en un temps restreint, la multiplication des contacts entre les différents protagonistes : rencontre tripartite entre Saoudiens, Américains et Russes à Doha le 3 août ;...

commentaires (4)

Le bourbier syrien, bien alimenté par le petit Hitler et les ayatollah n'est pas prêt d'être nettoyé. Négocier avec les milices installées par l'Iran? Négocier avec l'EI? Négocier avec les rebelles ? Négocier avec le petit Hitler qui mendie de l'aide? Négocier avec la clique qui entoure le petit Hitler, son féroce frère et l'inqualifiable ministre des AE ? Rien n'est plus négociable Que peuvent offrir dans une négociation l'Iran, le petit Hitler, les multiples milices gérées par l'Iran, les rebelles ? RIEN DE RIEN. Le pays est totalement détruit, en ruine, et une bonne partie du pays est sous domination de l'EI. On ne négocie pas avec les barbares. On les exterminent., historiquement connu.

FAKHOURI

12 h 49, le 13 août 2015

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Commentaires (4)

  • Le bourbier syrien, bien alimenté par le petit Hitler et les ayatollah n'est pas prêt d'être nettoyé. Négocier avec les milices installées par l'Iran? Négocier avec l'EI? Négocier avec les rebelles ? Négocier avec le petit Hitler qui mendie de l'aide? Négocier avec la clique qui entoure le petit Hitler, son féroce frère et l'inqualifiable ministre des AE ? Rien n'est plus négociable Que peuvent offrir dans une négociation l'Iran, le petit Hitler, les multiples milices gérées par l'Iran, les rebelles ? RIEN DE RIEN. Le pays est totalement détruit, en ruine, et une bonne partie du pays est sous domination de l'EI. On ne négocie pas avec les barbares. On les exterminent., historiquement connu.

    FAKHOURI

    12 h 49, le 13 août 2015

  • Négocier quoi ? Évidemment les restes de cette Syrie ! Avec qui ? Sûrement pas avec son aSSadiot aSSaSSin et aSSadique !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    12 h 36, le 13 août 2015

  • AVANT TOUT... QUI... VA NÉGOCIER QUOI ET AVEC QUI ! TROP DE QUI ET TROP DE QUOI... ET LA GUERRE CONTINUE...

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    12 h 14, le 13 août 2015

  • Donc négociations tout azimuth , et l'imberbe bensaoud jubeir n'en a pas peur? il a vu ce que négocier veut dire pour la NPR IRAN FACE à ses patrons et maîtres us/sio. Ils vont te les bouffer tout cru à ces minots de salafowahabites. La 1ère erreur est de ne jamais dire nous ne voulons pas de celui ci où celui là, mais de montrer qu'on est capable de se passer de lui. Le reste de mes conseils seront payants les minots. Juste pour ajouter que vous êtes en terrain miné les minots. Négocier avec des résistants n'est pas corrompre, comme on fait avec les esclaves.

    FRIK-A-FRAK

    10 h 02, le 13 août 2015