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Moyen Orient et Monde - Un œil sur le Moyen-Orient

Et les nouveaux alliés des Américains en Syrie sont...

Recep Tayyip Erdogan et Barack Obama. Photo d'archives. JEWEL SAMAD / AFP

Établissement d'une « zone de sécurité » d'après les Turcs, plutôt une « zone libérée de l'État islamique » (EI) d'après les Américains, les contours du récent accord entre Ankara et Washington concernant le nord de la Syrie ne sont toujours pas clarifiés. Une seule évidence pour l'instant : les Kurdes du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) sont les grands perdants de cet accord.

Après avoir soutenu les Unités de protection du peuple (YPG) – branche syrienne du PKK – pendant des mois dans leurs combats contre l'État islamique (EI), Washington semble avoir opéré un revirement stratégique pour conclure son alliance avec Ankara. Longtemps présentés comme le dernier rempart contre les jihadistes, les Kurdes du PKK sont subitement redevenus des « terroristes » aux yeux de Washington, d'après un communiqué qui justifiait les frappes turques contre leurs positions.

Si l'accord entre Ankara et Washington semble avant tout annihiler les chances kurdes de fusionner les trois cantons de Kobané, Afrin et Djéziré, donc de créer une entité indépendante en Syrie, il risque, dans le même temps, de déstabiliser – encore plus qu'il ne l'est déjà – tout le nord de la Syrie.

Si les Turcs vont probablement jouer la carte de l'Armée de la conquête contre l'EI, ce qui laisse présager une nouvelle guerre fratricide entre al-Nosra et l'EI, quelle va être la réaction des Américains ?
Une zone libérée de l'EI nécessite la présence de combattants alliés au sol. C'est d'ailleurs pour cette raison que la coalition internationale avait coopéré avec les Kurdes de l'YPG, malgré le fait que le PKK soit toujours inscrit sur la liste terroriste des États-Unis et de l'Union européenne. Partant, sur quels groupes pourraient alors s'appuyer Washington et Ankara pour établir une zone libérée de l'EI ? L'Armée de la conquête, parrainée par les Turcs, fait-elle partie du « package deal » ?

 

(Lire aussi : La Turquie bombarde l'EI... mais à ses conditions)

 

La possibilité d'une alliance entre les Américains et al-Nosra pour combattre l'EI apparaît aussi improbable que celle d'une alliance entre les Turcs et les Kurdes du PKK. Malgré sa tentative de normaliser son image – notamment via le relais d'al-Jazeera –, al-Nosra est toujours considéré comme un groupe terroriste par les Américains. Ces derniers ont d'ailleurs bombardé les positions du groupe jihadiste dès le début de leur engagement militaire en Syrie.
Adepte d'un jihad global, la branche syrienne d'el-Qaëda a capturé mercredi 29 juillet des rebelles syriens, appartenant à l'unité 30, entraînés par les Américains. Une façon de prendre leur revanche face aux frappes américaines à leur encontre. Qu'est-ce qui différencie actuellement les projets politiques d'al-Nosra et de l'EI ? Ces différences suffisent-elles à faire d'al-Nosra un allié crédible pour combattre l'EI ? Les États-Unis semblent avoir tranché et répondent par la négative.

Reste donc la possibilité pour les Américains de collaborer avec Ahrar el-Cham. Le groupe salafiste, proche des Frères musulmans, collabore militairement avec le Front al-Nosra mais, contrairement à ce dernier, son projet politique s'inscrit uniquement sur la scène syrienne. Le groupe a récemment fait un appel du pied non dissimulé aux Américains en publiant le 10 juillet dernier un article dans le Washington Post où il se présente comme la seule alternative sunnite modérée. Ahrar el-Cham peut-il être considéré comme un groupe modéré et un allié contre l'EI? Pour l'instant, Washington n'a pas apporté de réponse à cette question.

À défaut d'avoir clarifié leur position, les États-Unis ont sérieusement donné l'impression – à tort ou à raison – d'avoir lâché les Kurdes syriens au profit des Turcs. Mais s'ils veulent effectivement établir une zone libérée de l'EI dans le Nord syrien, ils devront collaborer avec des combattants au sol et répondre à cette nouvelle équation : impossibilité de traiter avec les alliés des Turcs, impossibilité de traiter avec les ennemis des Turcs. Avec qui alors?

 

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commentaires (4)

RIEN N'EST IMPROBABLE ! ILS AVAIENT CHOISI POUR ALLIÉS LES "FRÈRES"... ILS PEUVENT MAINTENANT... AVEC ATTILA... CHOISIR LES FRÈRES DES "FRÈRES" !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

18 h 33, le 04 août 2015

Tous les commentaires

Commentaires (4)

  • RIEN N'EST IMPROBABLE ! ILS AVAIENT CHOISI POUR ALLIÉS LES "FRÈRES"... ILS PEUVENT MAINTENANT... AVEC ATTILA... CHOISIR LES FRÈRES DES "FRÈRES" !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    18 h 33, le 04 août 2015

  • Et les ex-nouveaux alliés des Américains en Syrie sont .... les bääSSyrianisés et fakkîhàRienisés Per(s)cés. As usual !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    14 h 27, le 04 août 2015

  • Pendant ce temps, où on attendra la floraison des bourgeons de la rose sur le fumier déversé par ces pompiers pyromanes , les résistances creusent leur tranchée , et personne n'osera s'y aventurer , pas même l'ours mal léché à la frontière sud du Liban libéré par les résistants à la force de leur propre force , sans avoir à compter sur toutes sortes de prédateurs locaux et internationaux . Ne dit on pas que seul votre propre ongle sait où vous gratter pour vous soulager ?

    FRIK-A-FRAK

    13 h 03, le 04 août 2015

  • Les Amerlos ont tout simplement réussi a mêler les Turques a la salade qu'ils ont concocté. Le Kurdes auront leur temps au moment du! Attendre et voir venir est la maître action a présent.

    Pierre Hadjigeorgiou

    11 h 20, le 04 août 2015

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