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Moyen Orient et Monde - Koweït

Les chiites victimes d’un nouveau massacre revendiqué par l’EI

Un attentat-suicide dans la mosquée al-Imam al-Sadeq a fait près de 25 morts et 202 blessés.

L’EI, qui considère les chiites comme des hérétiques, a très rapidement endossé la responsabilité de l’attentat mené pendant la grande prière dans la mosquée al-Imam al-Sadeq à Koweït City, hier. Yasser al-Zayyat/AFP

Le groupe extrémiste sunnite État islamique (EI) a de nouveau ciblé des fidèles chiites dans le Golfe en revendiquant un attentat-suicide qui a fait 25 morts et 202 blessés, hier, dans une mosquée du Koweït, en plein ramadan. Selon un témoin, des « dizaines de personne ont été tuées et blessées », faisant craindre un bilan plus lourd, et des photos horribles circulant sur les réseaux sociaux montraient des corps ensanglantés au milieu des débris dans la mosquée. Un photographe de l'AFP, arrivé sur les lieux de l'explosion, a indiqué que la zone était sécurisée par un cordon policier.

Il s'agit de la toute première attaque visant un lieu de prière fréquenté par des chiites dans ce riche émirat pétrolier à majorité sunnite, mais l'Arabie saoudite voisine a été secouée à deux reprises le mois dernier par des attaques semblables de l'organisation jihadiste, qui ont fait au total plus de 20 morts. Le groupe ultraradical sunnite EI, qui considère les chiites comme des hérétiques, a très rapidement endossé la responsabilité de l'attentat mené pendant la grande prière dans la mosquée Imam al-Sadeq à Koweït City, au second vendredi du mois de jeûne musulman.

(Lire aussi : L'ère de stabilité des pays du Golfe a pris fin, le décryptage de Lina Kennouche)

 

« Basse attaque criminelle »
L'émir du Koweït, cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah, s'est rapidement rendu sur les lieux de l'attentat, et des images de la télévision d'État l'ont montré au milieu des décombres, visiblement ému. Le gouvernement s'est réuni en urgence alors que le ministre de l'Intérieur a encore élevé le niveau d'alerte, qui avait déjà été relevé il y a trois semaines après les attentats antichiites en Arabie saoudite, et mobilisé des forces de sécurité. Dans l'émirat, les condamnations ont été unanimes. Le principal groupe représentant l'islam sunnite, le Mouvement islamique constitutionnel, s'est insurgé contre une « basse attaque criminelle contre une mosquée ». Le principal leader religieux sunnite du pays, cheikh Ajeel al-Nachmi, a jugé que « l'attaque était un acte criminel visant à semer les graines de la discorde », mais que « chiites et sunnites feront assurément échouer la conspiration des terroristes ».

La semaine dernière, le porte-parole officiel de l'EI avait appelé les musulmans dans le monde à engager la guerre sainte durant le ramadan, qui a débuté le 17 juin, pour en faire « un mois de malheur pour les mécréants ». Dans un communiqué, la « Province de Najd », qui s'est récemment manifestée comme la branche saoudienne de l'EI, a affirmé qu'un kamikaze, Abou Souleiman al-Mouwahhid, a perpétré l'attentat contre une mosquée qui « répandait l'enseignement chiite parmi la population sunnite ». C'est la première fois que le Koweït est touché par le groupe jihadiste. Cette même « Province de Najd » a revendiqué en mai les deux attaques meurtrières contre les chiites dans le royaume saoudien. L'EI avait également endossé la responsabilité de cinq attentats quasi simultanés contre des mosquées dans la capitale du Yémen, Sanaa.

 

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