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À La Une - Portrait

Attentat en France : Yassin Salhi, un salafiste présumé au casier judiciaire vierge

Ce père de trois enfants originaire du Doubs avait été repéré par les services spécialisés dès les années 2005-2006.

Une femme non-identifiée est escortée, sous couvert, par la brigade française de recherche et d'intervention, vendredi près de Lyon, suite à l'attentat contre une usine à gaz dans la région, dont l'auteur présumé serait Yassin Salhi. AFP PHOTO / PHILIPPE DESMAZES

Yassin Salhi, soupçonné d'être l'auteur de l'attentat perpétré vendredi près de Lyon, avait été repéré par les autorités pour des liens avec la mouvance salafiste, mais ce père de trois enfants originaire du Doubs n'avait jamais fait parler de lui pour des faits délictueux.

Né à Pontarlier, près de la frontière suisse, il y a 35 ans d'un père d'origine algérienne et d'une mère d'origine marocaine, le suspect y avait été repéré par les services spécialisés dès les années 2005-2006, car il fréquentait un groupe de personnes adeptes de l'islam radical, sans pour autant faire de prosélytisme, a expliqué à l'AFP une source proche de l'enquête. Selon le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, il était "en lien avec la mouvance salafiste".

Installé depuis quelques mois à Saint-Priest, dans la banlieue de Lyon, il avait trouvé du travail dans une société de transports. Il "fait de la livraison (...) livre des cartons, des commandes, des choses comme ça", a expliqué son épouse à la radio Europe 1, avant d'être elle-même interpellée vendredi. "On est des musulmans normaux, on fait le ramadan. Normal. On a trois enfants, une vie de famille normale", a-t-elle résumé, disant ne pas comprendre pourquoi son mari aurait commis cet attentat.

"C'était un loup déguisé en agneau", a jugé un collègue de travail interrogé par RTL, Abdel Karim. "Il m'avait déjà parlé de Daech (acronyme arabe du groupe Etat islamique), pas pour m'embrigader dans quoi que ce soit mais simplement pour me demander mon avis. Quand je lui ai dit ce que je pensais, à partir de ce jour-là, c'était +Bonjour-Au revoir+". Selon ce collègue, "c'était quelqu'un de mystérieux, mais quelqu'un de très calme à la fois. Ce n'était pas quelqu'un qui venait imposer son discours... il était dans son coin. Quand on parlait avec lui, il répondait avec gentillesse".

Yassin Salhi "était un gamin calme, ce n'était pas un nerveux", confirme le président de la mosquée de sa ville natale de Pontarlier, Nacer Benyahia. "C'était un plaisir de l'avoir à la mosquée, il était agréable", se souvient M. Benyahia, "très choqué" par l'attentat. D'après lui, Yassin Salhi était encore un adolescent lorsqu'il a perdu son père. Sa mère "a vendu leur maison de Pontarlier avant de partir", mais l'imam ne sait pas vers quelle destination.

 

(Lire aussi : "Même dans les campagnes, les habitants ne sont plus à l'abri...")

 

'Des musulmans normaux'

"Il était seul, c'était probablement la cible idéale pour les radicaux qui choisissent leur proie", estime le responsable religieux. Le jeune homme a ensuite quitté Pontarlier pour Besançon, distante d'une soixantaine de kilomètres, où il s'installe avec son épouse et ses enfants.

En 2013, il y est à nouveau repéré par les services spécialisés pour sa fréquentation d'individus soupçonnés d'être liés à l'islam radical. Il porte la djellaba et la barbe, ce qui laisse penser qu'il est proche des milieux salafistes, comme d'autres jeunes du secteur. Mais il n'a pas d'activité malveillante et ne fait pas parler de lui en dehors de son apparence vestimentaire, selon une source proche de l'enquête.

Puis fin 2014, Yassin Salhi quitte la région avec sa famille pour s'installer à Saint-Priest, dans un appartement situé au premier étage d'un petit immeuble social. Les voisins, interrogés vendredi par l'AFP, décrivent une "famille discrète" menant une vie tranquille. "Leurs enfants jouent avec les miens, ils sont tout à fait normaux et câlins", note ainsi une femme, qui tient à garder l'anonymat. "Il ne parlait à personne. On se disait juste +bonjour-bonsoir+", raconte un autre voisin, pour qui le suspect ne se distinguait pas non plus par sa tenue. "Il avait juste une petite barbe", selon lui.
Un jeune présent sur place affirme n'avoir "jamais vu" Yassin Salhi à la mosquée de Saint-Priest. Selon Bernard Cazeneuve, l'homme a été fiché de 2006 à 2008 et il n'avait pas de casier judiciaire.

 

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