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À La Une - France

"Le terrorisme islamiste a frappé une nouvelle fois la France"

Un homme décapité lors d'un attentat jihadiste dans une usine ; le suspect identifié comme étant Yassin Salhi, connu pour ses "liens avec la mouvance salafiste"

Une personne est morte décapitée et plusieurs ont été blessées dans un attentat probablement jihadiste en France qui a visé vendredi matin une usine de gaz industriels près de Lyon. AFP PHOTO / PHILIPPE DESMAZES

Six mois après le choc des attentats de Paris, un chef d'entreprise est mort décapité vendredi dans une attaque jihadiste contre un site industriel français sensible en Isère, près de Lyon (centre-est), dont l'auteur présumé, employé de la victime, a été arrêté.

Cette nouvelle attaque est survenue au cœur d'une journée également sanglante en Tunisie, où une fusillade à Sousse a fait au moins 28 morts, au Koweït, où un attentat suicide revendiqué par le groupe Etat islamique (EI) a fait 25 morts, et en Somalie, où des dizaines de soldats ont été tués par les islamistes shebab, selon un bilan provisoire.

C'est la première fois en France qu'une décapitation a lieu lors d'une attaque terroriste, une pratique en revanche fréquemment utilisée en Syrie et Irak par l'EI. Selon les premiers éléments de l'enquête, peu avant 08h00 GMT un homme a percuté avec une camionnette des bouteilles de gaz stockées dans un entrepôt de la société américaine Air Products de Saint-Quentin-Fallavier, à une quarantaine de km de Lyon, deuxième ville de France, provoquant une forte explosion.
Selon des images de vidéosurveillance, l'assaillant avait préalablement signé une macabre mise en scène, en accrochant sur le grillage extérieur la tête décapitée de son employeur, entourée de drapeaux islamistes.

Les pompiers dépêchés sur place ont ensuite maîtrisé l'auteur présumé, avant de le remettre aux autorités.
Le suspect a été identifié par les autorités comme étant Yassin Salhi, âgé de 35 ans et connu pour ses "liens avec la mouvance salafiste", qui regroupe les musulmans sunnites radicaux.
Selon le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, il avait fait l'objet en 2006 d'une fiche de surveillance des services de renseignements pour radicalisation, qui n'avait "pas été renouvelée" en 2008, et son casier judiciaire était vierge.

 

(Témoignages : "Même dans les campagnes, les habitants ne sont plus à l'abri...")


Hollande appelle à "l'unité"
"Toute la question est de savoir s'il y a des complices", a déclaré le président François Hollande, rentré précipitamment de Bruxelles pour tenir un Conseil de défense à l'Elysée avec le Premier ministre Manuel Valls, en visioconférence depuis Bogota, et les ministres des Affaires étrangères, de la Justice, de la Défense et de l'Intérieur.

Appelant les Français à "l'unité" face au "terrorisme", le chef de l'Etat a annoncé le relèvement au niveau "maximum" du plan d'alerte anti-attentats pendant trois jours dans la région lyonnaise, qui compte de nombreux sites chimiques sensibles.

"Le terrorisme islamiste a frappé une nouvelle fois la France", a réagi M. Valls, qui a écourté un voyage en Amérique latine pour regagner Paris. Le parquet antiterroriste de la capitale s'est saisi de l'enquête.

L'homme décapité, âgé de 50 ans selon François Hollande, dirigeait une entreprise de transport près de Lyon, qui disposait d'une habilitation pour entrer sur le site d'Air Products et c'est à bord d'un de ses véhicules que Yassin Salhi a pénétré l'enceinte.
La soeur et la femme de ce dernier ont été interpellées. Peu auparavant, l'épouse s'était montrée affolée sur la radio Europe 1. "J'ai le cœur qui va s'arrêter, qu'est-ce qui se passe? (...) On est des musulmans normaux", a affirmé cette mère de trois enfants.
Au moins un autre homme a également été interpellé, après avoir été repéré faisant "des allers-retours suspects" en voiture près du site, selon une source proche du dossier.

Ce nouvel attentat a suscité nombre de réactions en France et à l'étranger.
L'Allemagne et la France sont "unies contre la haine aveugle du terrorisme", a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier. "Les démocrates feront toujours front contre la barbarie", a renchéri le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy.
La principale instance représentative de l'islam de France, le Conseil français du culte musulman, a condamné l'attaque et appelé "l'ensemble de la communauté nationale à la vigilance, à l'unité et à la solidarité".
L'ancien président français Nicolas Sarkozy, à la tête de l'opposition de droite à M. Hollande, et la chef de file de l'extrême droite, Marine Le Pen, ont eux réclamé des mesures rapides pour, selon Mme Le Pen, "terrasser l'islamisme".

Les autorités françaises redoutaient de nouveaux attentats après les sanglantes attaques commises par trois jihadistes qui ont fait 17 morts début janvier à Paris.
Cette crainte s'était renforcée après l'arrestation en avril d'un étudiant algérien, Sid Ahmed Ghlam, soupçonné d'un projet d'attaque contre une église à Villejuif, près de Paris.
La France s'est dotée cette semaine d'un nouvel arsenal controversé renforçant les capacités légales d'écoute de ses services de renseignement.

 

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