X

Liban

Le défi de Gordon Brown pour scolariser les enfants syriens du Liban

Éducation

« Cent millions de dollars en 100 jours », a proposé l'ancien Premier ministre britannique, envoyé spécial des Nations unies pour l'éducation mondiale, qui a clôturé hier une visite de deux jours par une conférence de presse.

27/05/2015

« Cent millions de dollars en 100 jours. » C'est la somme que s'est proposé hier de collecter l'ancien Premier ministre britannique Gordon Brown pour scolariser 100 000 petits réfugiés syriens de plus, dès septembre prochain, dans les écoles publiques libanaises. C'est au cours d'une conférence de presse, à l'hôtel Mövenpick, que l'envoyé spécial des Nations unies pour l'éducation mondiale a fait cette promesse au Liban, à l'issue d'une visite de deux jours à Beyrouth. Une conférence qui a également vu la participation du ministre de l'Éducation, Élias Bou Saab, de l'ambassadeur de Grande-Bretagne, Tom Fletcher, et du représentant de l'Unicef, Luciano Calestini.

Pour ce faire, M. Brown s'est promis de mobiliser la communauté internationale et de grands mécènes, afin que le nombre d'enfants syriens scolarisés à l'école publique passe de 105 000 à 200 000 pour la nouvelle année scolaire. C'est dans ce cadre qu'il a rencontré le Premier ministre Tammam Salam, afin de préparer la conférence d'Oslo consacrée à lever les fonds, et qui verra la participation du secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon.
L'ancien Premier ministre britannique a visité quelques écoles publiques et rencontré des élèves syriens, à Chiyah notamment. Il n'a pas manqué de saluer les efforts des autorités libanaises, et plus particulièrement du ministre de l'Éducation Élias Bou Saab, « pour ouvrir les écoles aux petits réfugiés, en créant le système du double cursus.

Le Liban a dû assumer un fardeau qu'aucun autre pays au monde n'a eu à supporter, avec 500 000 enfants réfugiés dont 400 000 en âge d'être scolarisés », a-t-il observé. « Aujourd'hui, seulement 25 % de ces enfants sont scolarisés », a constaté le représentant des Nations unies, estimant que « le problème ne réside pas dans les capacités du Liban, mais dans le manque d'argent consacré à leur éducation par la communauté internationale ». Il a déploré à ce propos que « seulement 2 % de l'argent humanitaire est dépensé sur l'éducation ».

(Pour mémoire : Réfugiés : 118 millions de dollars d'aides US au Liban)

 

105 000 scolarisations
« La communauté internationale doit pourtant faire son devoir et financer l'éducation de ces enfants, afin que chacun d'eux soit à l'école », a martelé ce fervent défenseur du slogan « Pas de génération perdue ». Il espère ainsi que le nombre de réfugiés syriens scolarisés au Liban atteindra 200 000 l'année prochaine et 300 000 enfants l'année d'après. D'autant que « les enfants non scolarisés sont forcés à travailler, poussés au mariage précoce ou à rallier les groupes extrémistes ».

Rendant hommage à Gordon Brown et à son engagement au service de l'éducation, le ministre Élias Bou Saab a estimé que cette étape libanaise « permettra à l'envoyé de l'Onu de constater l'ampleur de la catastrophe, alors que la crise syrienne s'aggrave et que nos responsabilités augmentent vis-à-vis des petits réfugiés ». « Nous avons beaucoup fait, mais il reste tellement à faire pour la nouvelle année », a-t-il ajouté. M. Bou Saab a toutefois invité à « l'élaboration d'un projet similaire en Syrie, dans des régions sûres, afin d'encourager les réfugiés syriens à retourner chez eux ».

Gordon Brown réussira-t-il son pari ? L'optimisme est de rigueur au Liban, vu l'ampleur de l'engagement britannique dans le secteur éducatif. Il faut aussi compter avec la scolarisation réussie à l'école publique des 105 000 petits Syriens, une réalisation qualifiée d'« unique » par l'expert de l'Unicef, Luciano Calestini, « vu la volonté politique menée par le ministre de l'Éducation. C'est la première fois dans une crise de réfugiés que 100 000 enfants sont scolarisés », a-t-il admis avec reconnaissance.

 

Lire aussi
Les trois quarts des enfants des rues sont syriens, seuls 10 % sont libanais

Ces enfants syriens réfugiés au Liban qui travaillent pour survivre...

À la une

Retour à la page "Liban"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Entre Amal et le Hezbollah, des conflits latents

Les + de l'OLJ

1/1

Le Journal en PDF

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'OLJ vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants