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À La Une - Négociations

Le régime et des opposants syriens discuteront à Moscou de questions humanitaires

La Coalition de l'opposition en exil a décliné l'invitation, considérant que ces discussions cherchent à sauver le régime.

Pour la Russie, alliée indéfectible du président syrien Bachar el-Assad, le principal objectif de cette rencontre, du 6 au 9 avril, est de maintenir un cadre de discussions en espérant que s'y joindront à terme la majorité des composantes de l'opposition. AFP PHOTO / KARAM AL-MASRI

 Le régime syrien et des opposants de l'intérieur, à la représentativité limitée, se retrouvent lundi à Moscou pour des négociations sous l'égide de la Russie qui porteront essentiellement sur des sujets humanitaires, faute d'avancées sur le plan politique.

Pour la Russie, alliée indéfectible de Bachar el-Assad, le principal objectif de cette rencontre, du 6 au 9 avril, est de maintenir un cadre de discussions en espérant que s'y joindront à terme la majorité des composantes de l'opposition. "Elle est la première après la signature de l'accord-cadre américano-iranien (sur le nucléaire, NDLR) et la première après la déclaration (du secrétaire d'Etat américain) John Kerry n'écartant pas le principe de négociations avec Assad. Dans ce contexte, on aurait pu espérer des avancées, mais tout indique qu'il n'y en aura pas", estime le géopolitologue Karim Emile Bitar. Téhéran soutient le régime syrien, alors que Washington cherche à appuyer les rebelles qui le combattent depuis 2011. "Il ne faut pas s'attendre à un déblocage politique (...) Le régime ne semble pas encore prêt à faire des concessions, puisque même des opposants plus ou moins tolérés sont victimes de tracasseries qui les empêcheront de participer à ces discussions", a ajouté cet expert du Moyen-Orient.

 

(Lire aussi : La Russie fournit toujours des armes au régime, affirme Assad)

 

Le régime, représenté comme lors de la première rencontre fin janvier par son ambassadeur aux Nations-unies Ibrahim al-Jaafari, a torpillé les efforts de Moscou, qui avait obtenu la participation des deux principales formations d'opposition basées en Syrie. Le célèbre opposant de l'intérieur Louay Hussein a annoncé samedi à l'AFP qu'il avait été empêché de s'y rendre. "Ni moi, ni mon courant ne participerons à la réunion de Moscou car le régime a refusé de lever mon interdiction de voyager", a déclaré le chef du Mouvement pour la reconstruction de l'État syrien, libéré le 25 février après trois mois de prison.

 

(Lire aussi : Face à l'avancée de l'EI, 2 000 personnes évacuées du camp de Yarmouk)

 

Divisions

Se retrouveront donc dans la capitale russe des "opposants" proches du régime, auxquels s'adjoindra cette fois le Comité de coordination nationale pour les forces du changement démocratique (CCND), conduit par Hassan Abdel Azim.

Pour Yehya Aziz, du bureau exécutif du CCND, "l'ordre du jour de la réunion à Moscou est de discuter des questions humanitaires, et sur le niveau politique de la possibilité de ressusciter Genève". Les pourparlers dits de Genève 2 entre opposition et régime avaient échoué début 2014. Même sentiment de source proche de la délégation du régime : "Ne seront discutés que de sujets +soft+, sur lesquels un accord peut être trouvé". "La palette de négociateurs est assez peu représentative et l'objectif est surtout pour la Russie de contribuer à la remise en selle du régime d'Assad et de se positionner comme puissance incontournable lorsque le climat deviendra propice à une solution diplomatique internationale", affirme M. Bitar.

La Coalition de l'opposition en exil adoubée par les Occidentaux a décliné l'invitation de Moscou, considérant que ces discussions cherchent à sauver le régime. L'opposition est touchée par des divisions qu'alimentent d'une part la Turquie, proche des Frères musulmans, qui soutient la Coalition, et d'autre part l'Égypte et l'Arabie saoudite, hostiles à la confrérie et qui entendent créer une alternative à la Coalition.

 

(Lire aussi : Idleb peine à revenir à la vie après sa prise par les rebelles)

 

Ainsi, les opposants regroupés depuis janvier sur base de la "déclaration du Caire", soutenus par le Caire et Riyad, préparent une conférence fin avril regroupant 150 personnalités de l'opposition, a affirmé l'un des organisateurs, Haytham Mana. Une réunion préparatoire se tient ce weekend à Dubaï.

"L'idée de Moscou est de faire en sorte que cette nouvelle opposition négocie avec le régime à Moscou dans un avenir proche, mais le sujet clé reste l'avenir de Bachar el-Assad", a affirmé un diplomate arabe qui suit le dossier. Parmi les solutions envisagées, a-t-il dit à l'AFP, l'actuel président syrien pourrait rester au pouvoir deux ou trois ans pour préparer la transition. Car Moscou comme Washington craignent qu'une chute du régime entraîne un chaos similaire à celui qu'avait connu l'Irak en 2003 après la chute de Saddam Hussein. "Cette solution permettrait à chacune des parties de sauver la face", a estimé un opposant impliqué dans les tractations.

Sauf que la fenêtre d'opportunité pour une solution ne durera que jusqu'à l'automne, avant le début de la campagne électorale américaine. "Washington est prêt à laisser Moscou organiser autant de réunions qu'il juge nécessaire, mais il faudra que les protagonistes signent un accord sur la fin du conflit (...) avant l'automne, sinon ce sera trop tard", assure cet opposant.

 

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