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Lifestyle - Beyrouth Insight

Nadine Kanso et Samer el-Ameen, « Bilarabi » en toutes lettres

Leur première collaboration paraissait évidente, inévitable. Une amitié, une sensibilité et un talent communs les ont naturellement amenés à se retrouver dans un travail entre design et mode, où l'orientalisme de l'une s'est fondu avec la modernité de l'autre. Nadine Kanso et Samer el-Ameen forment un beau duo.

Photos Roger Moukarzel

Elle: designer née à Beyrouth, ayant suivi des études d'art graphique, de publicité et de communication, Nadine Kanso a également baigné dans le journalisme et s'est immergée dans la photo. En 2006, elle est invitée par le musée Victoria and Albert à Londres à participer à une exposition collective, «Arabize me», qu'elle décline en expo individuelle et installe à Dubaï sous le titre «Who I am» (Meen Ana). Petit à petit, ses expériences artistiques la mènent vers la création de bijoux avec, toujours, un message, le même, à faire passer: la notion d'être arabe dans le monde d'aujourd'hui. En 2006, la belle dame lance une ligne de bijoux qu'elle baptise, naturellement, «Bilarabi», pour illustrer, à sa manière artistique et féminine, sa culture, son identité, son appartenance. «Quoi de mieux, dit-elle, que de composer et de créer en arabe, justement.» Dans cette langue et en utilisant le pouvoir de ses mots. Depuis, Nadine Kanso a multiplié les collaborations avec de grandes marques de la mode, Louis Vuitton, Gucci, Kiehl's et Cruciani. Certaines de ses pièces, photos et bijoux, ont fait partie de ventes aux enchères à Christies, Bonhams et Philips De Purry.


Lui: une enfance à Beyrouth, diplômé en beaux-arts et publicité, il travaille pour de grandes agences et d'importants budgets et labels. Treize ans plus tard, alors que l'ennui commence à s'installer, la question se pose, s'impose à Samer al-Ameen, et tombe comme un couperet: «Qu'est-ce que je veux faire de ma vie ? » Et surtout : «Comment faire une différence?» En 2006, il lance une compagnie de consultant baptisée 2 503. Il crée des espaces, des événements et des lieux. Lui vient alors l'envie, presque instinctive, de créer des objets design. Sa fameuse chaise «Khaizaran», revisitée dans le cadre de «Walking Objects», est un vrai succès. Surprenante, dépoussiérée, repensée, elle séduit le monde. C'est le déclic final. Samer s'embarque à Milan poursuivre ses études à la Scuola Politecnica di Design pour, précise-t-il, «réellement comprendre l'univers du design industriel ». Il obtient son master en 2013 mais ne quitte pas pour autant Milan, capitale du design et l'adresse idéale pour passer à l'international. L'idée était excellente: cette année, il a travaillé sur plusieurs projets, lancé une ligne de tapis en soie avec la galerie Alberto Levi, ainsi que trois meubles inspirés par les tapis. L'ensemble sera exposé dans le cadre du Salone Del Mobile.

 

Le projet
Et puis il y a eu «Bilarabi»... «Nadine et moi sommes amis depuis notre enfance. Nous sommes même cousins! confie Samer el-Ameen. À mes yeux, elle est juste une belle personne et une belle âme créative. C'est en découvrant ses pièces, qui étaient alors en cours de réalisation, que je lui ai demandé pourquoi elle n'avait pas encore pensé aux hommes.» «Je ferais une ligne masculine uniquement si tu t'en occupes!» C'est ainsi et à cet instant précis que cette collaboration a pris forme. «Un second regard ne pouvait qu'apporter quelque chose de plus à ma ligne, un apport neuf, plus frais. Samer était idéal et sans doute le seul qui aurait pu le faire. Il connaît parfaitement mon travail, depuis longtemps, et nous avons une même vision des choses et une même sensibilité artistique.»


La ligne entière est faite à la main et en argent, avec la possibilité de commander la pièce en or ou en or rose et y incruster des diamants. Elle comprend des bracelets, des bagues, des pendentifs et des boutons à manchette. Les idées sont claires et le processus se met en place rapidement, presque naturellement. «Il fallait d'abord dessiner une nouvelle typo, plus moderne, graphique, lisse et plus abstraite, souligne Samer. J'ai fait de nombreux essais pour arriver à celui qui sera utilisé. Mon objectif était de transformer la lettre en objet, qui devient ainsi le bracelet ou la bague enroulée autour du poignet ou du doigt.»
Le reste s'écrit dans un langage simultané. Les cousins, amis et complices signent alors un «Bilarabi» au masculin, qui exprime non sans fierté leur identité tant culturelle qu'artistique.

 

 

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