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À La Une - conflit

En Irak, les Kurdes bloquent le retour d'Arabes dans des régions disputées

HRW met en garde le Kurdistan contre l'imposition d'une "punition collective à des communautés arabes entières".

Des Kurdes attendent, le 23 février 2015, au poste-frontière turc de Mursitpinar, avant de pouvoir rentrer dans la ville syrienne kurde de Kobané reprise aux jihadistes de l'EI par les peshmergas. AFP PHOTO / ILYAS AKENGIN

Les forces armées kurdes ont empêché des habitants arabes déplacés par les violences de retourner dans des régions d'Irak que le Kurdistan autonome dispute aux autorités fédérales, a affirmé jeudi Human Rights Watch dans un rapport, contesté par le gouvernement kurde.

L'ONG, basée à New York, met en garde le gouvernement régional du Kurdistan contre l'imposition d'une "punition collective à des communautés arabes entières" pour les violences commises par les jihadistes du groupe extrémiste Etat islamique (EI).
"Bloquer les habitants arabes et refuser d'autoriser leur retour chez eux semble bien au-delà d'une réponse sécuritaire raisonnable", juge ainsi Letta Tayler, experte de HRW.

Selon le rapport, les forces kurdes empêchent depuis plusieurs mois les habitants arabes déplacés par l'offensive lancée l'an dernier par l'EI de rentrer chez eux dans des zones disputées.
En revanche les Kurdes ont pu retourner dans ces mêmes régions et dans certains cas ont été autorisés à s'installer dans des foyers appartenant à des résidents arabes déplacés, souligne l'ONG.
HRW dit avoir répertorié des "actes vraisemblablement discriminatoires" dans les province de Ninive et Erbil (capitale du Kurdistan) lors de visites en décembre et janvier.

Lorsque le groupe EI a lancé son offensive fulgurante dans les régions sunnites du nord de l'Irak en juin 2014, les forces kurdes ont occupé le vide laissé par les forces de sécurité fédérales ayant fui devant l'avancée des jihadistes. En repoussant l'EI, les forces kurdes ont pris le contrôle de zones contestées de longue date, revendiquées a la fois par le gouvernement central à Bagdad et le Kurdistan autonome (nord), élargissant d'environ 40% la région sous contrôle kurde.

Le gouvernement de la région autonome du Kurdistan a contesté les allégations de HRW et un responsable a assuré qu'"aucune maison appartenant à un Arabe n'a été occupée". Selon ce responsable kurde, Dindar Zebari, quelques habitants ont été empêchés de revenir chez eux dans les zones reprises aux jihadistes de l'EI par les forces kurdes, de crainte d'être exposés aux bombes et autres engins explosifs laissés sur le terrain.

Les jihadistes s'étaient emparés de plusieurs de ces zones multi-ethniques et multi-confessionnelles en août, mais les forces kurdes, aidées par les raids aériens de la coalition internationale, ont repris du terrain.
Selon HRW, certains responsables kurdes ont défendu les mesures discriminatoires en arguant que les habitants arabes sunnites de la région avaient soutenu l'offensive des jihadistes et collaboraient toujours avec le groupe EI. HRW a affirmé que certaines restrictions imposées aux Arabes sunnites avaient été allégées en janvier, mais souligné que les autorités kurdes devaient faire plus.

 

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