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Liban

Organiser l’alimentation grâce à un logiciel, le pari gagnant d’une mère de famille

Portrait

Gagnante du Prix de la Femme francophone entrepreneure de l'année 2014 de l'Agence universitaire de la francophonie et de Berytech, Roula Kamel Afeiche a répondu aux questions de « L'OLJ » sur son parcours et sur le logiciel innovant dont elle a eu l'idée.

18/02/2015

Veste rose et regard pétillant, Roula Kamel Afeiche donne rendez-vous dans l'effervescent quartier de Hamra, à côté de l'hôpital de l'Université américaine (AUB) où elle a travaillé de nombreuses années. Elle vient de remporter le Prix de la Femme francophone entrepreneure de l'année 2014, le 26 janvier dernier, pour sa conception d'un logiciel destiné à aider les personnes à organiser leur alimentation. L'entrepreneure, qui a reçu une formation initiale en gestion, a puisé dans sa propre expérience et son vécu pour inventer cet outil dont elle aurait eu besoin il y a quelques années déjà. « Le concept est basé sur la nutrition », explique-t-elle. « Il répond à la problématique suivante : "comment gérer l'alimentation de toute la famille ?" », indique Roula Afeiche. « Plus spécifiquement, le logiciel – qui n'a pas encore été développé mais qui se déclinera sans doute en application mobile et site Web – s'adresse à toute personne qui pourrait régler ses problèmes de santé en adoptant une alimentation saine et équilibrée, notamment sur recommandation médicale », explique-t-elle encore.

Une idée inspirée par ses fils
Ce sont ses deux fils, soignés par un régime alimentaire strict durant leur enfance, qui ont été l'inspiration de Mme Afeiche. « Les pédiatres que j'ai consultés pour mon fils aîné qui souffrait d'anémie, c'est-à-dire d'un manque de fer dans le sang, me conseillaient des médicaments mais il n'y avait pas d'amélioration de son état, il était toujours extrêmement maigre », raconte la sémillante cinquantenaire. Mais un jour, elle croise par hasard à Paris – où elle demeurait alors – l'une de ses amies de Beyrouth, médecin. « Elle m'a conseillé d'arrêter certains médicaments et de faire suivre à mon fils un régime alimentaire biologique qui ciblait les aliments riches en fer », confie-t-elle. Le docteur lui propose également d'étudier la diététique, ce à quoi Mme Afeiche s'attelle, en suivant les cours par correspondance pendant deux ans.
Les quatre repas « bio » par jour aux quantités minutieusement mesurées sauvent le jeune garçon : « Au bout de quelques mois, les gens ne reconnaissaient plus mon fils tellement il avait changé ! » s'exclame la mère de famille entrepreneure. Son second fils, asthmatique, a été suivi par le même médecin, qui a préconisé des jus de fruits frais de saison et « bio », en plus d'autres précautions comme le retrait des moquettes et de la teinture murale de l'appartement parisien. « À deux ans, il était guéri », se souvient Mme Afeiche, avant de noter : « Je ne pense pas que ce soient les fruits qui l'ont soigné uniquement, mais ils ont contribué fortement à son rétablissement. »

« J'aime créer, j'aime gérer, j'aime le risque »
Son idée en tête, l'entrepreneure dans l'âme a voulu la mettre en œuvre. Son milieu familial, ses études et son expérience professionnelle la prédisposaient à ce genre d'entreprise. Dès l'âge de quinze ans, elle a commencé à travailler dans l'entreprise de son père – un grand commerçant – tous les étés. « On ne prenait pas au sérieux une femme qui s'occupait de générateurs et de compresseurs », se rappelle-t-elle. Malgré tout, elle décide de se lancer dans des études de gestion et de business, au Liban d'abord, à la Beirut University College (BUC) – qui deviendra la LAU – et à l'AUB, puis en France à l'Université américaine de Paris. Elle travaille dans l'entreprise familiale puis devient consultante d'entreprise et travaille notamment pour l'hôpital de l'AUB, dont elle crée le département administratif des salles d'opération, sur le modèle de celui du fameux hôpital Johns Hopkins de Baltimore (États-Unis).
Une fois encore, le hasard a bien fait les choses. Mme Afeiche raconte avec un sourire : « J'étais allée chez Berytech pour négocier un éventuel partenariat en collaboration avec Microsoft dans l'immeuble familial d'un étage dédié aux start-up. C'est à ce moment-là que Krystel Khalil, gestionnaire de projet de l'incubateur de start-up, lui suggère de participer à un concours d'entrepreneuriat destiné aux femmes francophones. « Je travaillais déjà seule et par intermittence sur ce projet de logiciel depuis quelques mois et j'hésitais à me lancer; cette opportunité m'a poussée à le faire », confie la business woman.
Motivée par l'objectif concret, elle peut se consacrer au développement de son idée, avec le soutien de son mari, orthopédiste à l'hôpital de l'AUB. Chez elle ou dans le bureau aménagé dans les locaux de l'entreprise paternelle, Mme Afeiche applique à la lettre le précepte qu'elle s'est fixé et qu'elle répète aux jeunes qui viennent lui demander des conseils pour monter leur affaire : « Foncer et travailler son idée dans les moindres détails. » Avant de se lancer peut-être dans un nouveau projet. « J'ai un autre concept dans la tête », glisse-t-elle sur un ton espiègle.

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