A Sanaa, des dizaines de miliciens houthis en armes ont tenté en vain mercredi soir d'avancer vers les locaux fermés de l'ambassade des États-Unis, selon des témoins. AFP/MOHAMMED HUWAIS
La milice chiite des Houthis, qui a pris le pouvoir à Sanaa, a déploré la fermeture d'ambassades occidentales au Yémen et s'est déclarée prête à remettre à l'ONU des véhicules américains qu'elle a saisis, alors qu'el-Qaëda s'est emparé d'un camp militaire dans le sud.
Les États-Unis, le Royaume-Uni et la France ont décidé de fermer leurs ambassades au Yémen face à l'aggravation de la crise dans ce pays, un allié de Washington dans la lutte contre el-Qaëda, plongé dans le chaos depuis la montée en puissance de la milice chiite.
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A Sanaa, des dizaines de miliciens houthis en armes ont tenté en vain mercredi soir d'avancer vers les locaux fermés de l'ambassade des États-Unis, selon des témoins. Une unité des forces spéciales yéménites, restée fidèle au président démissionnaire Abd Rabbo Mansour Hadi et qui assure la sécurité de la chancellerie américaine, s'est interposée, obligeant les miliciens à battre en retraite "après un échange de tirs", a rapporté un habitant du quartier.
Avant de partir brusquement et d'être évacués provisoirement vers Oman mardi soir, diplomates et militaires américains ont consciencieusement détruit documents et équipements sensibles, ainsi que des armes lourdes, abandonnant des voitures à l'aéroport international de Sanaa, selon le département d'Etat et le Pentagone.
A l'aéroport, la milice s'est emparée de trois véhicules de l'ambassadeur américain Matthew Tueller et de ses collaborateurs, ainsi que de 25 véhicules de Marines chargés de la sécurité de la chancellerie, selon des sources aéroportuaires.
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Fermeture d'ambassades "injustifiée"
Rejetant comme "absolument injustifiée" la fermeture par des pays occidentaux de leurs ambassades, Hussein al-Ezzi, "responsable des Affaires étrangères" au sein de la milice chiite, a accusé ces pays de chercher ainsi à exercer "des pressions" sur le peuple yéménite "dans sa quête de dignité, de souveraineté et d'indépendance". Ces pays "vont rapidement réaliser qu'ils ont intérêt à traiter positivement avec la volonté du peuple yéménite qu'ils doivent respecter", a-t-il ajouté en référence à la milice des Houthis, qui a mené son coup de force au "nom du peuple". Ce responsable a reconnu la saisie de véhicules américains, sans donner leur nombre, mais "c'est pour les garder et les protéger, d'autant que certains chauffeurs et employés locaux (de l'ambassade) ont voulu se les approprier", a-t-il indiqué.
"Les autorités de l'aéroport de Sanaa sont prêtes à remettre ces véhicules à une quelconque partie fiable, comme le bureau des Nations unies" à Sanaa, a concédé ce responsable houthi. A Washington, la porte-parole du département d'Etat Jennifer Psaki a exigé que les voitures soient "rendues", jugeant "inacceptable" leur saisie.
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Le retrait américain pourrait compliquer encore la lutte que mènent les États-Unis contre el-Qaëda, bien implanté au Yémen et ennemi des Houthis, en l'absence d'autorités yéménites reconnues internationalement.
Au plan politique, des consultations par l'émissaire de l'ONU au Yémen Jamal Benomar, doivent reprendre jeudi soir à Sanaa, au lendemain d'un nouveau round de discussions qui s'est terminé sans résultat, selon des participants. Ces consultations ont été engagées après l'annonce vendredi par les Houthis la dissolution du Parlement et la mise en place de nouvelles instances dirigeantes, après avoir poussé à la démission fin janvier les chefs de l'Etat et du gouvernement, assignés à résidence. M. Benomar doit faire un compte-rendu jeudi au Conseil de sécurité de l'ONU qui avait dénoncé le coup de force des Houthis.
Par ailleurs, dans le sud, des combattants d'el-Qaëda ont conquis le camp de la 19e brigade d'infanterie à Baihan, une ville de la province Chabwa, après de violents combats qui ont fait au moins 7 morts, dont trois soldats, selon un responsable local. El-Qaëda a confirmé sur Twitter cette conquête à Chabwa, une province qui échappe au contrôle des Houthis, et des soldats faits prisonniers par les assaillants ont été libérés selon une source tribale.
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