"L'islam est compatible avec la démocratie et nous devons refuser les amalgames et les confusions", a déclaré le président François Hollande le 15 janvier 2015. AFP / POOL / IAN LANGSDON
Les musulmans sont "les premières victimes" de "l'islamisme radical" dans le monde, a rappelé jeudi François Hollande. Les musulmans sont les "premières victimes du fanatisme, du fondamentalisme, de l'intolérance" sur la planète, a insisté le président de la République, inaugurant à l'Institut du Monde Arabe à Paris le forum "Renouveaux du monde arabe", une semaine après les attentats en France.
"L'islamisme radical" s'est nourri "de toutes les contradictions, de toutes les influences, de toutes les misères, de toutes les inégalités, de tous les conflits non réglés depuis trop longtemps", a poursuivi le chef de l'Etat.
"Les Français de confession musulmane ont les mêmes droits, les mêmes devoirs que tous les citoyens. Ils doivent être protégés. La laïcité y concourt car elle respecte toutes les religions", a également déclaré M. Hollande, soulignant que "l'islam est compatible avec la démocratie et que nous devons refuser les amalgames et les confusions".
"La France est un pays ami mais la France est un pays qui a des règles des principes, des valeurs et parmi les valeurs il y en a une qui n'est pas négociable, qui ne le sera jamais, c'est la liberté, la démocratie". "Je veux que ceux (les musulmans) qui vivent en France puissent se savoir, unis protégés, respectés comme eux-mêmes doivent respecter la République".
M. Hollande a également évoqué une journaliste syrienne brandissant dans les décombres d'Alep une pancarte "Je suis Charlie", "un symbole de solidarité", a-t-il dit. Sur la photo largement partagée sur les réseaux sociaux, la journaliste Zaina Erhaim brandit une pancarte avec le slogan "Je suis Charlie", slogan des manifestations contre la vague d'attentats qui a frappé la France la semaine dernière, faisant 17 morts, dont 12 à Charlie Hebdo. Un drapeau des rebelles syriens est dessiné en bas de l'affiche.
Les trois jihadistes qui ont tué 7 journalistes, 3 policiers et 4 juifs, ont affirmé avoir vengé le prophète et "tué Charlie Hebdo", en raison des caricatures de Mohammad que le journal a publiées.
"Les conflits qui peuvent exister, qui existent depuis trop longtemps au Proche et au Moyen-Orient n'ont pas leur place ici, ne peuvent pas être importés. C'est pourquoi la France est à l'initiative pour faire tout pour les régler et prendre ses responsabilités le cas échéant", selon François Hollande.
Intervention militaire en Syrie
Comme il l'avait fait la veille lors de ses voeux aux armées, il a de nouveau regretté que la communauté internationale ne soit pas intervenue militairement en Syrie à la fin de l'été 2013, comme le souhaitait la France. "Terrible leçon de la tragédie syrienne quand la communauté internationale tarde trop à faire ses choix, prendre ses décisions. Quand on regarde le nombre de personnes déplacées, réfugiées, avec le fardeau que cela peut représenter pour le Liban, la Jordanie, la Turquie", a dit le chef de l'Etat.
L'Union des organisations islamiques de France (UOIF), proche des Frères musulmans, avait appelé la veille "à un geste fort de la part du président de la République vers les musulmans", "victimes du terrorisme" comme de la "haine" islamophobe.
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Charlie Hebdo épuisé
Le numéro post-attentat de Charlie Hebdo continuait, lui, à s'arracher en France, au lendemain de sa publication. Dans son premier numéro depuis les attentats, les "survivants" du journal en remis en Une une caricature de Mahomet, une larme à l'oeil.
Les réactions indignées se sont multipliées dans le monde islamique où toute représentation de Mohammad est interdite. Dans un communiqué mis en ligne jeudi, l'Emirat Islamique d'Afghanistan, nom officiel des talibans afghans, a déploré la publication de nouvelles caricatures qui "provoquent les sensibilités de près d'un milliard et demi de musulmans".
En France et dans plusieurs pays occidentaux, le formidable élan de solidarité en faveur du journal a conduit ses responsables à des tirages supplémentaires qui devraient culminer à 5 millions d'exemplaires dans les jours qui viennent, après le premier million écoulé en quelques heures mercredi.
"Plus de Charlie Hebdo", affichait de nouveau jeudi matin un kiosquier dans le centre de Paris. Il a même renoncé à en mettre de côté pour ses meilleurs clients. "J'en ai commandé mercredi 1 000 autres exemplaires, j'en ai eu seulement 38", expliquait-il aux déçus.
Un engouement inédit pour cet hebdomadaire au bord de la faillite avant le drame et qui ne tirait qu'à 60 000 exemplaires. A l'étranger, 130 000 exemplaires devaient arriver jeudi dans une trentaine de pays.
Alors que l'enquête se poursuit pour découvrir d'éventuels complices des assassins, deux des cinq dessinateurs tombés le 7 janvier sous les balles des frères Kouachi, Wolinski - très connu en France - et Tignous, devaient être inhumés. Comme aussi l'économiste Bernard Maris, qui signait chaque semaine une chronique iconoclaste dans le journal et une psychanalyste Elsa Cayat, qui avait une chronique dans l'hebdomadaire.
Le policier Franck Brinsolaro, chargé d'assurer la protection du directeur du journal, le dessinateur Charb, tué dans l'attentat, sera également enterré jeudi.
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Attaques contre la communauté musulmane
Les attentats continuent d'avoir des répercussions en France, notamment avec des attaques contre la communauté musulmane, la plus importante d'Europe. Une cinquantaine d'incidents visant des lieux de prières ou de rassemblement ont été recensés depuis la semaine dernière, selon l'Observatoire contre l'islamophobie du Conseil français du culte musulman.
La justice française a par ailleurs engagé 54 procédures judiciaires pour "apologie du terrorisme" et "menaces d'actions terroristes". Le gouvernement français a appelé à la "fermeté" dans le traitement des dossiers.
Parmi les autres conséquences de la tragédie, plus de 200 incidents ont été également relevés dans les établissements scolaires, comme le refus de s'associer à une minute de silence observée en mémoire des victimes de Charlie Hebdo.
A Nantes (ouest), une adolescente de 14 ans a été inculpée pour avoir menacé les contrôleurs d'un tramway de "sortir les kalachnikovs" en se réclamant des frères Chérif et Said Kouachi, auteurs de l'attentat contre le journal tués il y a une semaine par les forces de l'ordre.
Sur le front diplomatique, le chef de la diplomatie américaine John Kerry est attendu jeudi soir à Paris pour tenter de faire oublier un couac majeur, après l'absence à un haut niveau de Washington à la marche historique dimanche contre le terrorisme, qui a réuni une cinquantaine de dirigeants étrangers.
Dans une tribune diffusée mercredi soir et publiée jeudi dans le Times de Londres, le Premier ministre britannique David Cameron et le président américain Barack Obama promettent de faire front commun contre les jihadistes.
L'attentat contre Charlie Hebdo a été revendiqué dans une vidéo mise en ligne mercredi et authentifiée par Washington par el-Qaëda au Yémen. "Des héros ont été recrutés et ils ont agi", selon l'un des dirigeants d'el-Qaëda dans la péninsule arabique (Aqpa), Nasser Ben Ali al-Anassi. Pour les observateurs, l'organisation tente ainsi de regagner le terrain idéologique perdu ces derniers mois face à l'organisation Etat islamique.
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IL RIGOLE... LE... HOLL... AND... E-MPTY !!!
19 h 43, le 16 janvier 2015