Les parents des militaires otages, hier, en compagnie du cheikh Akl druze. Photo Ani
Les parents des militaires pris en otage ont à nouveau bloqué le centre-ville, dressant des tentes devant le Sérail. Avant les fêtes de fin d'année, les parents des détenus avaient, rappelle-t-on, ouvert cette artère du centre-ville. Hier, les tentes ont repoussé place Riad el-Solh, les parents des détenus voulant faire pression sur le gouvernement afin qu'il accélère les négociations après l'opération, effectuée lundi, au bloc B de la prison de Roumieh qui abritait des fondamentalistes sunnites.
Lundi, le Front al-Nosra avait menacé de s'en prendre aux soldats pris en otage pour répondre à l'opération conjointe de l'armée et des Forces de sécurité intérieure à l'intérieur de la prison.
En week-end, une photo des soldats pris en otage avait été publiée sur un compte Twitter qui semblait affilié à Nosra montrant les militaires, à plat vendre sur la neige, les mains derrière le dos alors que des miliciens du Front al-Nosra étaient debout derrière eux.
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Dans un entretien téléphonique avec L'Orient-Le Jour, le porte-parole des familles des militaires otages, Hussein Youssef, père du soldat Mohammad détenu par l'État islamique, a indiqué que « la place Riad el-Solh est bloquée au moins pour les prochaines 48 heures ». Il a aussi menacé « d'avoir recours à des mesures d'escalade, et couper notamment d'autres routes de la capitale si l'État met la vie des militaires otages en danger ».
M. Youssef a ajouté que « les parents des détenus sont depuis plus d'un mois sans nouvelles de leurs enfants, qui leur envoyaient de temps à autre des messages via l'application WhatsApp ou qui les contactaient au téléphone ». Il a rappelé que le cheikh Hamzé Hommos, père du militaire Waël Hommos, avait pu rendre visite à son fils détenu auprès de l'État islamique dans le jurd de Ersal il y a une quinzaine de jours. « L'État islamique avait promis de permettre à toutes les familles de rendre visite aux otages, à tour de rôle. Je ne sais pas si cette promesse tient toujours après l'opération de l'armée à Roumieh », a-t-il confié. Il a également souligné que Hamzé Hommos a transmis, à travers son fils, un message des otages à leurs parents leur disant qu'ils se portent bien physiquement.
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De son côté, Nizam Mghait, le frère du militaire Ibrahim Mghait, a appelé « le comité des ulémas musulmans à intervenir rapidement pour contenir toute réaction du Front al-Nosra et de l'État islamique, après l'opération de la prison de Roumieh ». Il a aussi invité les hommes politiques à « éviter de provoquer les ravisseurs pour ne pas torpiller les négociations ».
Hier, avant de bloquer à nouveau le centre-ville, les parents de détenus ont effectué une tournée auprès de religieux. Ils se sont rendus auprès du cheikh Akl druze, Naïm Hassan, ainsi qu'auprès du vice-président du Conseil supérieur chiite, le cheikh Abdel Amir Kabalan.
Les parents des détenus se sont adressés au gouvernement soulignant que « leur calvaire dure depuis six mois et qu'ils espèrent que leurs fils seront prochainement libérés ». « Notre peine est devenue insupportable et nous ne voulons pas qu'ils (l'État islamique et le Front al-Nosra) exécutent l'un des nôtres », a souligné un proche des militaires pris en otage.
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Le ministre des Affaires sociales, Rachid Derbas, a affirmé que « l'État ne peut pas être l'otage des ravisseurs ou encore leur servir de champ d'expérimentations ». Il a ajouté que « les négociations avec le Front al-Nosra et l'État islamique ont atteint un stade avancé et profond. L'éventuelle exécution d'un militaire pris en otage ramènerait les négociations à la case départ ».
« Les agissements des ravisseurs n'obéissent à aucune logique », a-t-il dit. Il a ajouté qu'il « ne blâme en aucun cas les parents des militaires otages car ils ont peur pour leurs enfants et tentent par tous les moyens de leur épargner la vie ».
Le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, a pour sa part noté que « les soldats otages ne peuvent pas être en danger à cause de l'opération de Roumieh, car les forces de l'ordre n'ont fait que déplacer les prisonniers fondamentaliste d'un bloc à un autre de la prison sans leur faire aucun mal ».
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Lundi, le Front al-Nosra avait menacé de s'en prendre aux soldats pris en otage pour répondre à l'opération conjointe de l'armée et des Forces de sécurité intérieure à l'intérieur de la prison.En week-end, une photo des soldats pris en otage avait été publiée sur un compte Twitter qui semblait affilié à Nosra...


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