Funérailles et hommages

« Nous avons perdu un pilier national, l’un des grands hommes de cette nation »

Un hommage unanime a été rendu hier à l’ancien Premier ministre Omar Karamé.

Premier ministre à deux reprises, notable de Tripoli et héritier d'une grande famille politique sunnite libanaise, Omar Abdel Hamid Karamé s'est éteint dans la nuit de mercredi à jeudi à l'âge de 80 ans. M. Karamé est mort des « suites d'une longue maladie », a indiqué sa famille dans un communiqué diffusé jeudi.
Parti de l'hôpital de l'Université américaine de Beyrouth, le cercueil est arrivé dans la capitale du Liban-Nord à 9h15, pour atteindre deux heures plus tard, porté par la foule dense, la mosquée Mansouri.

Le Premier ministre Tammam Salam et les anciens Premiers ministres Nagib Mikati et Fouad Siniora étaient assis côte à côte lors des funérailles dirigées par le mufti de la République libanaise, Abdellatif Deriane, et le mufti de Tripoli et du Liban-Nord, cheikh Malek Chaar. Les ministres Gebran Bassil, Élias Bou Saab, Waël Bou Faour et Akram Chehayeb, les députés Samir Jisr et Mohammad Kabbara faisaient partie des personnalités politiques présentes aux obsèques. Également présente, une délégation du PSP présidée par le fils de Walid Joumblatt, Taymour.

« Nous avons perdu un pilier national, l'un des grands hommes de cette nation », a déclaré le mufti lors de la prière. Le dignitaire sunnite a saisi l'occasion pour rappeler à quel point « Tripoli a souffert et continue de souffrir du laxisme et de la privation », une ville qui « paye à ce jour le prix de l'incitation à la discorde », a-t-il relevé.

M. Karamé était père de quatre enfants, deux filles et deux garçons, dont Fayçal, qui a été ministre des Sports dans le gouvernement de Nagib Mikati. « Je promets d'avoir ton approche en paroles et en actes jusqu'au dernier souffle », a déclaré Fayçal Karamé en hommage à son père lors des obsèques.

À l'annonce du décès de M. Karamé, plusieurs figures politiques libanaises lui ont rendu hommage. L'ancien président Michel Sleiman a estimé que « le Liban a perdu un homme qui a fait preuve de courage dans la prise de décision dans les moments cruciaux ».

« Avec son décès, nous perdons une des voix de l'appel au dialogue et un pilier de la ville de Tripoli », a déclaré Saad Hariri, leader du courant du Futur, rejoint par le président des Kataëb,
Amine Gemayel, pour qui « le décès de Omar Karamé est une perte pour le Liban et pour Tripoli, ville du dialogue, de la modération et de l'ouverture ».

Sleiman Frangié, chef des Marada, a rendu hommage à la famille de Omar Karamé, estimant qu'elle « fait partie intégrante de l'histoire depuis l'indépendance et jusqu'à aujourd'hui ». Le père de Omar Karamé, Abdel Hamid, était une figure éminente de l'indépendance en 1943, et son frère, Rachid, avait été assassiné dans un attentat en 1987. Ils ont tous deux été Premiers ministres avant lui. « Tu vas manquer à la scène politique qui a besoin de toi et de tes positions courageuses (...). Tu vas manquer à Tripoli que tu n'as jamais laissée », a déclaré M. Frangié.

L'hommage de Raï
« Avec le départ de Omar Karamé, le Liban perd un leader national, un homme d'État qui a servi son pays avec dévotion et responsabilité, et œuvré pour l'unité du Liban et des Libanais », a indiqué, de son côté, le ministre de l'Information Ramzi Jreige.

Le député de Tripoli, Samir Jisr, a rappelé que « Omar Karamé a aimé Tripoli et le Liban, il a fait beaucoup pour les deux ». « Il va manquer à Tripoli, surtout lorsque la ville aura besoin de ses positions courageuses et sincères », a-t-il poursuivi. « Le Liban et Tripoli ont perdu un patriote par excellence, il a défendu son pays, sa ville et son peuple ainsi que son arabité et son indépendance », a renchéri son collègue, le député Mohammad Kabbara.

Les partis chiites ont également rendu hommage à M. Karamé via des communiqués. Pour le Hezbollah, « le Liban a perdu une personnalité sage, sobre et consciente des dangers que nous vivons, ainsi qu'un homme qui a toujours soutenu la résistance et l'arabité du Liban (...). Il était un des grands hommes du Liban ». Amal, de son côté, a salué « un défenseur de la résistance jusqu'au dernier souffle, qui œuvrait pour le Liban et sa souveraineté ».

Le chef des instances économiques, l'ancien ministre Adnane Kassar, a publié pour sa part un communiqué dans lequel il rappelle le « rôle exceptionnel » joué par Omar Karamé à plusieurs reprises, notamment « à des périodes charnière » de la vie politique libanaise, mettant en exergue ses qualités d'homme consensuel qui a longtemps « œuvré en vue de l'entente ». « Omar Karamé n'a jamais fait de compromis aux dépens de l'intérêt national », a-t-il dit.

Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a qualifié l'ancien Premier ministre de « véritable homme d'État et de leader national », qui a servi le peuple libanais « lorsqu'il était en poste ou hors du gouvernement ».

 

Portrait
Omar Karamé, monsieur pas de chance...

Voir ici la nécrologie d'Omar Karamé


Premier ministre à deux reprises, notable de Tripoli et héritier d'une grande famille politique sunnite libanaise, Omar Abdel Hamid Karamé s'est éteint dans la nuit de mercredi à jeudi à l'âge de 80 ans. M. Karamé est mort des « suites d'une longue maladie », a indiqué sa famille dans un communiqué diffusé jeudi.
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