Poutine a signé une nouvelle doctrine militaire, considérant l’expansion de l’Otan comme une menace fondamentale pour la sécurité de la Russie. Alexei Druzhinin/RIA Novosti/Pool/Reuters
La Russie a pris acte des tensions internationales des derniers mois en publiant hier une version actualisée de sa doctrine militaire qui pointe clairement l'Otan comme une menace fondamentale pour la sécurité du pays. Le texte, approuvé par Vladimir Poutine, s'inquiète ainsi du « renforcement des capacités offensives de l'Otan directement aux frontières russes », faisant allusion au positionnement par l'Alliance de troupes en Pologne et dans les pays baltes.
En outre, Moscou avait déjà menacé de « réagir » en cas d'entrée de l'Ukraine dans l'Otan après l'abandon symbolique par Kiev de son statut de pays non aligné. La nouvelle doctrine militaire russe répète d'ailleurs que Moscou se réserve le droit de recourir à son arsenal nucléaire en cas de « menace pour l'existence même de l'État ».
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Échanges de prisonniers
Parallèlement, Kiev et les séparatistes prorusses ont procédé hier à un échange de centaines de prisonniers dans le cadre d'un accord trouvé lors de pourparlers à Minsk mercredi qui n'ont toutefois pas permis de régler les différends de fond. Ainsi, cet échange qui a débuté par groupes de dix près de la ville de Kostiantynivka (45 km au nord du bastion rebelle de Donetsk) doit au total concerner 222 rebelles et 145 Ukrainiens.
Plusieurs représentants de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) ont observé la scène, qui s'est déroulée sur une route seulement éclairée par quelques phares de voitures. « On vient de nous dire ce qui va se passer, je suis heureux de rentrer à la maison, de voir mes parents et ma femme qui ne savent pas encore (que je suis libéré) », a confié à l'AFP Artem Siourik, médecin des troupes de l'Intérieur, originaire de la ville de Dnipropetrovsk. « Je veux juste manger des œufs au plat et parler à mes parents », lance de son côté Denis Balboukov, un rebelle libéré de 21 ans, qui promet de « reprendre le combat ».
Les prisonniers présentés par les rebelles étaient détenus dans la région de Donetsk, a précisé la représentante séparatiste, Daria Morozova. Selon elle, l'échange de cinq prisonniers de la république séparatiste voisine de Lougansk devrait avoir lieu samedi.
Il est vrai que l'échange massif de prisonniers est le seul accord tangible trouvé mercredi lors de pourparlers entre le groupe de contact composé de représentants de Kiev, de Moscou et de l'OSCE et les séparatistes prorusses. Cependant, la poursuite des négociations était prévue hier à Minsk, mais n'a pas eu lieu.
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Escalade verbale
Les insurgés réclament surtout la reprise du financement des zones sous leur contrôle coupé par Kiev à la mi-novembre et un « statut spécial » donnant plus d'autonomie aux régions de Donetsk et de Lougansk.
Ce statut était prévu par les accords signés à Minsk en septembre. Mais selon Kiev et les Occidentaux, les rebelles ont sapé ces accords en organisant début novembre des élections dénoncées par la communauté internationale et dont les autorités ukrainiennes demandent l'annulation. Signe de la nervosité ambiante, Kiev et les rebelles se sont mutuellement accusés de vouloir saper le processus de paix. Le dirigeant de la république autoproclamée de Donetsk, Alexandre Zakhartchenko, a ainsi estimé jeudi que Kiev cherchait à « faire échouer les négociations de paix » et préparait une « offensive majeure ». Par ailleurs, l'agence de presse Interfax-Ukraine, généralement bien renseignée sur la position du négociateur ukrainien, l'ex-président Léonid Koutchma, a rapporté jeudi que les rebelles cherchaient pour leur part à revoir les accords de paix précédemment conclus à Minsk.
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Crimée
Par ailleurs, alors que le dialogue politique est dans l'impasse, l'Ukraine a annoncé hier avoir suspendu tous les trajets en train et en car à destination de la péninsule de Crimée, annexée en mars par la Russie. La Crimée, encore très dépendante de l'Ukraine pour son approvisionnement en eau et en électricité, a également été privée dans la même journée de courant pendant plusieurs heures. Ces mesures sont interprétées par certains commentateurs comme délibérées de la part de Kiev pour renforcer ses positions dans les négociations de Minsk.
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13 h 05, le 27 décembre 2014