Photo Hassan Assal
Les familles des militaires libanais détenus par les jihadistes ont annoncé mardi soir l'ouverture de la route, place Riad el-Solh, au centre-ville de Beyrouth où elles campaient depuis plusieurs semaines pour réclamer la libération de leurs proches. Les familles ont néanmoins précisé qu'elles n'ont pas levé leur sit-in.
Cette décision est intervenue après une rencontre entre les familles et le Premier ministre Tammam Salam, à Riad el-Solh. "Cette période sera celle du silence et nous allons rouvrir la route en guise de cadeau de fêtes aux Libanais", ont-elles déclaré.
Commentant cette décision, le ministre de la Santé, Waël Bou Faour, a indiqué que les familles ont agi de cette façon après avoir senti un comportement sérieux de la part du gouvernement dans sa gestion du dossier.
Vingt-cinq militaires sont toujours aux mains des jihadistes du Front al-Nosra et du groupe État islamique, depuis les affrontements de Ersal en août dernier. Les jihadistes exigent notamment la libération d'islamistes détenus à Roumieh pour relâcher les otages. Quatre otages ont déjà été assassinés, dont deux par décapitation.
"Quoi qu'il arrive, n'ayez pas peur"
Plus tôt dans la journée, les familles des militaires ont été reçues par le secrétaire général adjoint du Hezbollah, Naïm Kassem. Il s'agit du premier entretien de ce niveau entre les proches des militaires et un responsable du Hezbollah depuis les affrontements de Ersal.
Naïm Kassem a appelé à préserver le secret dans les négociations pour la libération des militaires. "Le gouvernement doit assumer pleinement la responsabilité de ce dossier", a-t-il déclaré. "Les négociations à travers les médias nuisent aux militaires. Nous voulons qu'il y ait un seul canal de négociations dans cette affaire. Le Hezbollah déploiera tous les efforts au sein du gouvernement pour aider à résoudre ce dossier", a-t-il ajouté.
Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a lui aussi reçu à Bkerké les proches des otages et a demandé au gouvernement de traiter leur dossier avec plus de sérieux. "Protéger les militaires c'est protéger le Liban, que l'échange ait lieu (...). Nous demandons au gouvernement plus de sérieux et de responsabilité", a déclaré Mgr Raï. Il s'est ensuite adressé aux militaires enlevés les remerciant pour leurs sacrifices "quoi qu'il arrive, n'ayez pas peur", a-t-il dit.
S'adressant aux jihadistes, le patriarche maronite leur a demandé de "protéger les jeunes qui faisaient uniquement leur devoir et de laisser de côté la politique". "Je les prie de ne pas agresser les innocents", a-t-il poursuivi.
Le patriarche s'est en outre dit "solidaire" des familles des militaires. "Nous sommes à vos côtés jusqu'au bout, nous connaissons votre douleur", a-t-il affirmé indiquant avoir reçu une lettre du pape en signe de solidarité, qui mentionne tous les militaires enlevés.
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Cette décision est intervenue après une rencontre entre les familles et le Premier ministre Tammam Salam, à Riad el-Solh. "Cette période sera celle du silence et nous allons rouvrir la route en guise de cadeau de fêtes aux Libanais", ont-elles déclaré.
Commentant cette décision, le ministre de la Santé, Waël Bou Faour, a indiqué que les familles ont agi de cette façon après avoir senti un comportement sérieux de la part du gouvernement dans sa gestion du dossier.
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