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Économie

Quelque 250 expatriés réunis au Liban pour les inciter à y investir

Entreprises

Les réseaux managériaux Endeavor et Life ont réuni hier à Beyrouth des expatriés libanais afin d'explorer les moyens de mettre leurs ressources au service de la nouvelle scène entrepreneuriale libanaise.

23/12/2014

« Investissez au Liban et pariez sur sa croissance ! » Tel est, en substance, le message qu'ont voulu délivrer à la diaspora libanaise les organisateurs de la première édition du « Global Lebanese Entrepreneurs and Investors Summit ». Quelque 250 Libanais établis à l'étranger (sur un total d'environ 350 participants) ont été réunis hier à l'hôtel Phoenicia par l'antenne libanaise du réseau de mentorat entrepreneurial Endeavor et l'association d'entraide entre dirigeants de la finance Life (Lebanese International Finance Executives). Le but de l'opération ? « Ouvrir des passerelles entre les talents restés dans le pays et des professionnels expatriés qui ne sont pas toujours au courant de ce qui s'y passe », résume Adel Afiouni qui dirige le comité « promotion » de Life.

Pour accélérer son développement, le Liban doit s'appuyer sur ce réservoir encore sous-exploité d'environ 14 millions d'expatriés (ressortissants du Liban ou descendants de Libanais) selon les chiffres avancés par la Fondation maronite.
Un développement qui passerait par celui de ses petites et moyennes entreprises (PME) : « Elles représentent plus de 90 % des sociétés du pays et gagnent en maturité au fil des générations d'entrepreneurs : certaines n'hésitant plus à fonder dès l'origine leur croissance sur un rayonnement international. De plus, on a assisté au cours de l'année 2014 à un certain nombre de signaux positifs tels que les reventes à plusieurs millions de dollars de sociétés comme Diwanee ou Shahiya, ou l'émergence d'un écosystème technologique dans le sillage de la circulaire 331 de la Banque du Liban », explicite Tarek Sadi, directeur d'Endeavor au Liban. En résumé, plaide-t-il, il y a matière à miser sur une dynamique concrète en renforçant les avantages comparatifs traditionnels du pays du Cèdre, tels que son positionnement commercial stratégique dans la région ou son vivier de capital humain.

Faciliter l'accès aux marchés internationaux
Reste à identifier les canaux privilégiés de cette contribution accrue de la diaspora à l'essor entrepreneurial libanais. En tête de gondole, figurent sans doute les investissements financiers. Avec 7,6 milliards de dollars de remises reçues en 2013 selon la Banque mondiale, le Liban se situait au 18e rang mondial en termes absolus et au premier rang régional en termes de contribution relative au PIB (16 %). « Jusqu'à présent, ces remises alimentent essentiellement les dépôts bancaires, la consommation des ménages ou les placements dans l'immobilier ou les établissements d'hôtellerie-restauration », résume Tarek Sadi. L'enjeu principal consiste donc à réorienter une partie de ces transferts financiers vers des activités plus productives et créatrices de richesses. Lesquelles ? Sans doute « l'économie de la connaissance, les hydrocarbures et le secteur financier (qui) constituent les piliers de la croissance libanaise à venir », selon les mots du gouverneur de la Banque centrale Riad Salamé.

Au-delà de leurs investissements en capital productif, les expatriés sont aussi attendus pour la dimension qualitative de leur contribution : qu'il s'agisse de transfert de compétences, de réseautage ou d'aide à la pénétration de nouveaux marchés. Et pourquoi pas, in fine, convaincre certains d'entre eux de rapatrier tout ou partie de leur activité entrepreneuriale ? C'est le pari tenté au lendemain de la guerre de 2006 ans par Fadi Daou qui a décidé de mettre à profit près d'un quart de siècle d'expérience dans le secteur technologique américain pour créer au Liban MultiLane, l'un des poids lourds mondiaux de la fabrication de semi-conducteurs. « De Google à Fujitsu en passant par Cisco, tous nos clients reçoivent des composants avec la mention "Conçu au Liban" », s'enorgueillit-il.
« Conçus » et non « fabriqués » car à, son grand dam, il a dû renoncer à y implanter ses usines du fait des « complications » administratives liées à l'importation régulière de matériel ou du manque d'infrastructures.

D'autres expatriés confient de manière anonyme avoir renoncé à leurs velléités d'installation, dépités par l'instabilité chronique du pays ou l'omniprésence de la corruption à tous les maillons de la chaîne de production. « Avoir appris à travailler dans un environnement si difficile apporte un gain d'expérience considérable et valorisable pour les entrepreneurs libanais », préfère souligner Tarek Sadi. Il compte institutionnaliser ce type de rendez-vous annuel, voire étendre sa logique à d'autres types d'initiatives telles que la mise en œuvre de structures d'accélération transnationales ou des fonds d'investissement spécifiquement dédiés au placement des capitaux de la diaspora.

 

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George Sabat

Il faut que je tache d’éclairer la lanterne d’ « Endeavor » et de « Life » au risque de me faire agresser. Messieurs, vos intentions sont excellentes, mais, votre approche l’est moins. Vous dites aux 250 expatries des pays d’émigration, de venir investir au Liban. C’est bon, mais que leur offrez-vous en contrepartie ? Oublions le sujet douloureux de la dette impayée qui grimpe. Oublions les « complications », l’ « instabilité », et la « corruption » que vous citez vous-mêmes. Oublions la quasi inexistence de l’électricité, de l’eau, de l’environnement, du transport, et les déficits en éducation, sante, services sociaux et sécurité sociale, et l’inexistence d’une politique nationale fiscale et financière. Mais alors, Messieurs, que leur proposez-vous pour les attirer « quand même » ?
Moi, pour ma part, je procéderais différemment. Je leur offrirais un « Plan Quinquennal » minutieusement détaillé, accompagne d’un Plan de prévision de remboursement de la dette publique.
Mais voila, le Plan quinquennal n’existe toujours pas et celui du remboursement encore moins Ces hommes et ces femmes qui ont gagne leur argent dans les pays d’émigration a la sueur de leur front, comment allez-vous les convaincre de vous le confier ?
Ce que je suggérerai, avec votre permission, ce serait de retarder votre projet de 6 mois durant lesquels vous prépareriez la documentions suggérée ci-haut. Je demeure a votre disposition pour plus de détails, si vous en avez besoin.

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Pas toujours dans des "Villas" quand même !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

INVESTIR... GRAND MOT AUJOURD'HUI ! DÉMANTELER TOUTES LES MILICES... IMPOSEZ LA SÉCURITÉ... POUR PARLER AUX INVESTISSEURS... D'INVESTISSEMENTS !!!

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