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Cinema- - Rencontre

Juliette Binoche : « Ce sont les rôles qui vous choisissent »

Au Liban pour le lancement du Festival international du film de Beyrouth (BIFF), Juliette Binoche qui vient présenter, seule, son film « Clouds of Sils Maria » d'Olivier Assayas – le réalisateur n'ayant pas pu faire le voyage à cause d'un imprévu – s'est entretenue avec la presse et les jeunes étudiants en audiovisuel. Une conversation informelle modérée par Alesia Weston.

Elle a présenté son film Clouds of Sils Maria qui fait l’ouverture du BIFF. Elle, c’est Juliette Binoche, l’actrice française qui poursuit depuis quelques années une carrière internationale. Aller plus loin, être au contact et à l’écoute des autres, telle est la vision de cette comédienne qui aime sortir des sentiers battus. « J’aime désobéir, dit-elle. Je n’ai jamais été une bonne élève. »

Elle est entrée dans la salle du cinéma de Planète Abraj sous un tonnerre d'applaudissements. Vêtue d'une longue chemise blanche et d'un pantalon tout simple, l'actrice, qui était venue au pays du Cèdre il a dix ans, invitée par Gabriel Yared, a évoqué au cours de cette rencontre organisée par le BIFF ses choix, ses désirs, ses passions. Ce qui l'anime, ce qui fait et défait un acteur.
Les réponses données à Alesia Weston, membre du jury du BIFF, sont scandées par des éclats de rire... contagieux. L'audience a envie de rire, de pleurer avec elle et surtout d'aimer le cinéma à travers son regard.

Combien d'acteurs, de réalisateurs et d'auteurs y a-t-il dans la salle ? C'est elle qui pose la question en premier. Les mains se lèvent et même se tendent. Le lien est établi entre cette grande comédienne et le public. Récompensée d'un oscar (Le Patient anglais), d'un césar (Trois Couleurs : Bleu), de Golden Globes ou de prix d'interprétation à la Berlinale ou à Cannes, elle répond, à la question « Et votre oscar, où le mettez-vous ? » : « Dans mon réfrigérateur avec le vin. Au frais. »

Et de repartir d'un large sourire. Mais si elle sait s'amuser dans la vie, l'actrice avoue avoir eu des hauts et des bas. Et certainement des blessures, la vie d'actrice n'étant pas un long fleuve tranquille. L'être humain est un grand ciel, s'il y a des nuages, ils ne peuvent que révéler votre « largeur ». D'ailleurs, la comédienne n'a pas peur des défis. Tout au long de sa carrière, elle a su les relever et en prenant parfois les chemins les plus tortueux. « Je n'ai jamais été une bonne élève, s'esclaffe-t-elle. J'ai toujours désobéi. »

 

 

 



Comment sélectionne-t-elle les rôles ? Comment choisit-elle de tourner avec ce metteur en scène et non avec un autre ? Elle répond sans hésitation. « Ce n'est jamais prémédité. Ce sont les rôles qui vous choisissent. Et même si je fais un choix – car si un rôle ne me parle pas je ne le prends pas – je le fais en étant convaincue que je ne contrôle pas tout. Il y a un plan dessiné pour chacun. »

Le cinéma est donc contact avec les autres ? Pouvoir ? « Certainement, dit-elle. Si le cinéma ne change pas la société, il change les hommes et les femmes. Si quelqu'un écoute et regarde bien un film, il ne peut qu'être transformé. Par ailleurs, l'acteur est nécessaire à la bonne marche d'une société et cela les Grecs l'ont bien compris dans le passé par le fait de donner une primauté au théâtre car les acteurs sont des vecteurs d'émotions. Ce sont les philosophes du corps. »
Quels conseils donner alors aux jeunes étudiantes qui veulent devenir des actrices ? Surtout ne pas accepter des rôles qui changent la femme en objet. Le « féminin » est important, c'est lui qui raccorde avec les autres.

 

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