Économie

EDL : vers le début d’une désescalade ?

Liban - Crise

Alors que le président du comité des journaliers prônait hier le dialogue, il semblerait qu'aucune démarche n'ait (encore ?) été engagée dans ce sens par les grévistes.

05/09/2014

Le président du comité des journaliers d'Électricité du Liban (EDL), Loubnan Makhoul, a affirmé hier au cours d'une manifestation des journaliers que ces derniers étaient prêts au dialogue.
« Nous sommes prêts à un dialogue et nous l'avons demandé dès le premier jour », a déclaré M. Makhoul à la presse indiquant que les journaliers « ne souhaitent pas l'escalade ». « Cette histoire ne sera résolue ni dans la rue ni en fermant les portes », a-t-il ajouté.
Des affirmations qui n'ont pas convaincu une employée d'EDL interrogée par L'Orient-Le Jour. « Nous n'avons pas encore eu une seule preuve de cette volonté de dialoguer mise en avant (hier), a-t-elle relevé. Nous sommes toujours à Zouk et l'on nous empêche toujours de réinvestir nos bureaux. »
Rappelons que l'administration de l'office a temporairement été délocalisée à la centrale de Zouk (nord de Beyrouth), suite aux opérations de blocage du siège principal d'EDL à Mar Mikhaël (Beyrouth) la semaine précédente.


Les propos des journaliers sont intervenus hier après la visite effectuée plus tôt dans la matinée au siège par le président-directeur général d'EDL, Kamal Hayek, où, en compagnie de plusieurs employés, il a tenté de pénétrer sans succès. « Si la volonté des journaliers est réellement de dialoguer, a dénoncé l'employée d'EDL, ce qui se passe sur le terrain traduit le contraire. » Et de citer à titre d'exemple les insultes qui auraient été proférées hier à l'encontre du PDG ainsi que le comportement général des grévistes. « Face à cette hostilité, M. Hayek a conservé un calme olympien. C'est peut-être ce qui a poussé les journaliers à tenter une autre approche », a-t-elle estimé.
Quoi qu'il en soit, les journaliers n'ont toujours pas tenté d'instaurer un quelconque dialogue avec l'administration de l'EDL, selon le témoignage de l'employée précitée.

 

Une situation « intenable »
Lors de sa visite hier au siège d'EDL, M. Hayek a affirmé que le blocage de l'office était une situation « intenable » et « paralysante ». « La situation actuelle (...) est-elle acceptable ? » s'est interrogé M. Hayek, s'en remettant aux autorités ainsi qu'aux parties concernées, et mettant en garde contre une crise « à l'échelle nationale ». « Je présente mes excuses aux Libanais, les premiers affectés par cette situation, a-t-il poursuivi. Une situation qui n'affecte pas uniquement notre capacité de réparer les pannes techniques, mais qui provoque également une accumulation des factures en retard, que nous ne sommes même pas actuellement en mesure d'imprimer. »
M. Hayek a enfin exprimé son soutien aux salariés et journaliers de l'EDL « qui accomplissent leur devoir, contrairement à certains de leurs collègues en grève ». « Je salue les journaliers, notamment ceux dans la Békaa et le Nord », a-t-il précisé.


Mercredi, l'EDL avait appelé dans un communiqué tous ses employés à reprendre le travail, indiquant qu'il était « inadmissible » que les directeurs, responsables et employés de l'institution ne puissent pas accéder à leurs bureaux, et demeurent, de fait, dans l'incapacité d'exercer leurs fonctions.
Rappelons que la direction d'EDL a publié un mémorandum chiffrant les places vacantes au sein de l'office à 897. Les journaliers, qui sont approximativement 1 700, refusent qu'on puisse exclure la moitié d'entre eux de l'intégration au cadre et se disent déterminés à poursuivre la grève ouverte et leur mouvement de protestation jusqu'à la réalisation de leurs revendications.

 

Pour mémoire
EDL appelle tous ses employés à reprendre le travail

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