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La prudence d'Obama face aux crises, atout ou handicap?

Analyse

La position du président américain lui a permis de traverser près de six années difficiles à la Maison Blanche.

OLJ/AFP
31/08/2014

Même son pire ennemi ne pourrait accuser le président américain Barack Obama de paniquer face aux multiples crises qui explosent dans le monde, car il est bien décidé à ne pas se laisser imposer un rythme qui n'est pas le sien.

"Quand vous regardez les informations du soir, vous avez l'impression que le monde s'effondre", a déclaré le président américain vendredi lors d'une soirée destinée à lever des fonds pour le parti démocrate. "Le monde a toujours été un désordre --simplement nous nous en rendons compte aujourd'hui en partie à cause des réseaux sociaux", a-t-il estimé, tout en soulignant que l'armée américaine n'avait jamais été aussi puissante alors qu'elle fait face à la violence jihadiste et aux menaces géopolitiques.

Face à de multiples crises internationales et au moment où ses opposants dénoncent l'absence de réaction forte ou d'une ligne directrice claire, Barack Obama s'en tient à son calendrier. Sa gestion de crise méthodique, forgée par la conviction que la puissance militaire américaine ne peut - à elle seule - répondre aux violentes crises qui secouent le monde, lui a permis de traverser près de six années difficiles à la Maison Blanche.

(Lire aussi : Obama peut-il vaincre l'État islamique en s'en tenant à sa doctrine ?)


Entre les radicaux de l'Etat islamique (EI, ex-Daech) qui veulent instaurer un "califat" en Irak et en Syrie et le spectre du président russe Vladimir Poutine qui plane sur la crise en Ukraine, le président américain reste serein, ignorant les commentaires hostiles et les attaques politiques contre sa gouvernance.

Une déclaration franche sur la Syrie l'a de nouveau placé dans l'embarras sur un sujet de politique étrangère, faisant grimper les enjeux de son déplacement en Europe la semaine prochaine. "Nous n'avons pas encore de stratégie", a déclaré M. Obama à la presse jeudi, tentant d'apaiser l'atmosphère de va-t-en guerre régnant à Washington où l'on attendait plutôt l'annonce d'imminentes attaques sur l'EI en Syrie, comme c'est le cas depuis le 8 août en Irak.
Quelques mots seulement qui ont déclenché une tempête. L'équipe présidentielle a été envoyée à la rescousse pour expliquer qu'Obama parlait seulement de plan opérationnel pour une opération militaire en Syrie, pas du combat au sens large contre ces jihadistes.

"Le citoyen ordinaire partage sa position"

Si elle met en fureur ses détracteurs, l'approche d'Obama est le reflet de sa personnalité, de son expérience de l'après-guerre en Irak et du regard qu'il porte avec un angle de plus en plus historique à mesure qu'approche la fin de son mandat.

Mais en soupesant toutes les options et nuances, est-ce que sa volonté de mener des actions décisives n'en est pas affectée? Ses partisans répondent avec un nom - Oussama ben Laden -, rappelant l'audacieux raid longuement planifié au Pakistan au cours duquel le chef d'el-Qaëda a été tué.

(Repère : Tout ce qu'il faut savoir sur l'Etat Islamique)


Dans le même temps, la Maison Blanche défend l'idée selon laquelle un principe directeur d'une politique étrangère doit d'abord être de ne pas faire des choses "stupides". Le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest a expliqué que le président américain refusait tout simplement de lancer une attaque à la hâte pour apaiser les partisans d'une intervention réclamant vengeance après la récente exécution du journaliste américain James Foley par l'EI.

Pour Brian Katulis, du Center for American Progress, proche de l'administration Obama, "le citoyen américain ordinaire partage plutôt la position présidentielle, dans son approche prudente". Selon lui, les critiques émanent surtout "des commentateurs, parmi l'élite en matière de politique étrangère et des médias".

Mais ses détracteurs considèrent qu'il voit le monde tel qu'il aimerait qu'il soit, et non tel qu'il est en réalité.
Et de récents sondages semblent leur donner raison. Seulement 36% de personnes interrogées pour un sondage Pew Research/USA Today la semaine dernière ont estimé que M. Obama était fort sur la scène internationale, alors que la politique étrangère était autrefois l'un de ses points forts.


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M.V.

C'est un handicap validé de jouer au pompier pyromane ...! Alors qu'Obama traite en l'urgent les résultantes d'événements...alors que les causes sont connues ....

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

L'AFFAIRE N'EST NI FACILE ET NI CLAIRE. LA PRUDENCE ET LES BONS CALCULS SONT DE RIGUEUR... DES MARCHANDAGES ET DES ACCORDS PRÉALABLES DEVRAIENT PRÉCÉDER TOUTE ACTION MILITAIRE POUR SAVOIR QUI REMPLIRAIT LE VIDE APRÈS DAECH... LES RÉGIMES IRAKIEN ET SYRIEN ? LES KURDES D'UN CÔTÉ ET L'ASL OU LA NOSRA DE L'AUTRE ? CE QUI SE PASSE EN LYBIE ET AU YÉMEN NE FACILITE PAS LA TACHE ! IL NE FAUT SURTOUT PAS OUBLIER LES MAUVAIS CALCULS ET LES TRISTES ET SANGLANTES CONSÉQUENCES DES RENVERSEMENTS INCALCULÉS DE SADDAM 'QUI OUVRIT TOUTE GRANDE LA VOIE AUX INTERVENTIONS ET DÉSTABILISATION DE LA RÉGION PAR L'IRAN DES AYATOLLAHS"... ET DE GHADDAFI "QUI OUVRIT TOUTE GRANDE LA VOIE DE L'ANARCHIE ET DONNA UNE BASE SUR LA MÉDITERRANÉE À TOUTES LES OEGANISATIONS TERRORISTES". CALCULEZ BIEN PRÉSIDENT OBAMA LES CONSÉQUENCES ET RÉAJUSTEZ VOS PLANS. UN BON CHASSEUR FERAIT NOMBRE DE TOURTERELLES D'UN SEUL COUP !!!

Halim Abou Chacra

... Et aussi et par-dessus tout il n'y aurait eu aucun réfugié syrien au Liban, aucune implication aventurière et irresponsable du Hezbollah en Syrie avec la perte inutilement de près de 600 de ses combattants à ce jour, aucune des conséquences catastrophiques sur le Liban de toute cette guerre syrienne, aucune bataille de Ersal et tout ce qui s'en suit jusqu'à cette heure-ci.

Halim Abou Chacra

Obama prudent ? Depuis quand les complexes, les hésitations presque maladives, l'épouvante de prendre le moindre risque et la grande lâcheté sont de la prudence ? Si ce président avait eu un tout petit peu de courage et fourni en 2011-2012 à la rébellion syrienne les armes nécessaires pour qu'elle puisse déposer une des plus criminelles tyrannies de l'histoire humaine, il n'y aurait eu en Syrie aucun terroriste, aucune trace d'al-Nosra, aucune trace de Daech, aucun Etat islamique à cheval sur la Syrie et l'Irak, aucun génocide perpétré par ce califat de la barbarie, aucune des catastrophes humaines les plus terribles et choquantes que le monde ait jamais connues, aucun terrorisme global qui menace à présent tout l'Occident.

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