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Santé - La Parole Aux Médecins

Syndrome des bébés secoués

Photo tirée du magazine « MÉTIERS de la petite enfance » – avril 2006.

Il s'agit le plus souvent d'un petit bébé – un nourrisson de six à huit mois – qui arrive aux urgences de l'hôpital emmené par ses parents dans un climat d'affolement et de colère. Les signes cliniques sont sérieux : convulsions, anomalies neurologiques, coma... La famille est affolée. Elle ne comprend pas ce qui se passe avec ce petit bébé qui, jusqu'à présent, ne présentait aucun signe de malaise. Celui-ci est toutefois grave et l'état du bébé nécessite une action urgente tant pour établir un diagnostic que pour soulager les symptômes.
Dans l'attente de préciser les causes du malaise, l'équipe médicale ne doit surtout pas banaliser la situation encore moins la dramatiser, sachant que le traumatisme est loin d'être banal. L'enfant souffre probablement du Syndrome du bébé secoué (SBS).
Décrit pour la première fois par Caffey en 1972 sous le nom de « Shaken Baby Syndrome », le SBS est la conséquence fâcheuse et grave d'un traumatisme crânien non accidentel, survenu à la suite d'un geste agressif, les secousses à titre d'exemple, infligé à un petit nourrisson âgé tout au plus d'un an. Or à cet âge, le poids de la tête de l'enfant n'est pas proportionnel au poids de son corps.
Ces secousses s'accompagnent d'une extrême agression, parfois volontaire, l'auteur de l'incident étant généralement inconscient des graves conséquences qu'elles peuvent engendrer. Il n'en reste pas moins que le bébé est transporté en toute urgence à l'hôpital.
Le SBS est plus fréquent chez les garçons, les prématurés et les bébés dont les mères ont eu plusieurs grossesses. L'adulte, auteur de l'accident, est souvent un homme, généralement le père, ou la personne qui garde le bébé. Cet accident peut survenir dans n'importe quelle famille, quel que soit son niveau socio-économique, notamment dans les milieux socialement isolés, sachant qu'une seule secousse peut en fait causer ce drame handicapant et parfois mortel.
Il faut signaler aussi que le SBS se caractérise médicalement par la persistance de signes neurologiques irréversibles, qui le différencient de plusieurs autres étiologies, comme un reflux gastro-œsophagien sévère, un malaise vagal ou encore une épilepsie. Il peut entraîner également d'autres complications handicapantes, comme des hémorragies cérébro-méningées accompagnées d'un mauvais pronostic neuro-ophtalmique
(séquelles oculomotrices sévères dues aux hémorragies rétiniennes objectivées aux fonds des yeux). Dans certains cas, des décès ont même été rapportés. Les clichés radiologiques du squelette entier s'imposent pour s'assurer que l'enfant n'est pas victime de sévices, ce qui nécessite l'ouverture d'un dossier médico-légal.
L'interrogatoire des parents et les premières données de l'examen clinique (anomalies neurologiques) et radiologique (hémorragie cérébrale ou une hémorragie méningée) engagent rapidement un débat douloureux et affectif, accompagné de données, de jugements et de convictions personnelles dans une ambiance de doutes, de subtilité et de suppositions.
Secouer fait tuer ou handicaper à vie.
« Ne secouez pas un bébé » demeure un message à tous.

Le Dr Youssef RACHKIDI
Pédiatre

Il s'agit le plus souvent d'un petit bébé – un nourrisson de six à huit mois – qui arrive aux urgences de l'hôpital emmené par ses parents dans un climat d'affolement et de colère. Les signes cliniques sont sérieux : convulsions, anomalies neurologiques, coma... La famille est affolée. Elle ne comprend pas ce qui se passe avec ce petit bébé qui, jusqu'à présent, ne présentait aucun signe de malaise. Celui-ci est toutefois grave et l'état du bébé nécessite une action urgente tant pour établir un diagnostic que pour soulager les symptômes.Dans l'attente de préciser les causes du malaise, l'équipe médicale ne doit surtout pas banaliser la situation encore moins la dramatiser, sachant que le traumatisme est loin d'être banal. L'enfant souffre probablement du Syndrome du bébé secoué (SBS).Décrit pour la...
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