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Santé - Maladies Infectieuses

Rebondissement décevant : Bébé Mississippi à nouveau séropositif, après avoir été « guéri » à coups d’antirétroviraux

La réapparition du VIH chez la petite Américaine, déclarée pourtant guérie l'an dernier, constitue un rebondissement décevant pour la patiente ainsi que pour les experts. Ce cas remet aussi sur le tapis la nécessité de sensibiliser à l'importance de prévenir la transmission mère-enfant.

Chez un bébé né d’une maman vivant avec le VIH, le traitement antirétroviral doit être initié dans les quatre à six heures suivant la naissance. Philippe Huguen/AFP

Le « Bébé Mississippi », une petite fille née séropositive et dont la guérison a été annoncée il y a un an dans la revue scientifique New England Journal of Medicine, a été testé à nouveau séropositif, deux ans après l'arrêt d'un intense traitement aux antirétroviraux. « Un rebondissement très décevant pour l'enfant, les médecins impliqués dans son traitement et les chercheurs spécialisés dans le VIH/sida », comme le souligne Anthony Fauci, directeur de l'Institut national de l'allergie et des maladies infectieuses (Niaid).


La petite Américaine, rappelons-le, avait été détectée séropositive à la naissance, le virus lui ayant été transmis par sa mère. Un traitement antirétroviral a été alors entamé moins de trente heures après sa venue au monde. Il s'est poursuivi jusqu'à dix-huit mois, âge à partir duquel les médecins avaient perdu la trace du virus pendant dix mois, au cours desquels elle n'avait reçu aucun traitement. Aucun des tests sanguins effectués par la suite n'avait détecté la présence du VIH.
L'histoire de « Bébé Mississippi » avait alors soulevé les espoirs des médecins qui pensaient qu'un traitement ultraprécoce des nouveau-nés séropositifs pourrait permettre de les guérir. Un test de routine effectué au début du mois courant a toutefois révélé que la fillette avait des niveaux détectables du VIH dans le sang, associés à une quantité moindre de lymphocytes et à la présence d'anticorps qui prouvent que le VIH a fait sa réapparition.

 

Une annonce prématurée
« L'annonce de cette guérison a été prématurée, explique à L'Orient-Le Jour le Dr Jacques Mokhbat, spécialiste en maladies infectieuses. À mon avis, on n'a pas le droit de déclarer une guérison de VIH qu'après un suivi à long terme. On peut parler de rémission, mais pas de guérison, surtout que, dans certains cas cliniques, la remontée de la charge virale a pris des années au lieu de quelques mois après l'arrêt du traitement. »


Les chercheurs vont tenter de comprendre ce qui s'est passé avec la petite fille. Il n'en reste pas moins que ce cas remet sur le tapis la nécessité d'une campagne de sensibilisation sur l'importance de prévenir la transmission du virus de la mère à son enfant. Celle-ci repose sur quatre éléments. « En premier lieu, il faudrait prévenir l'infection chez la femme en général, qui doit prendre ses précautions, comme le fait d'avoir des relations sexuelles protégées, explique le Dr Mokhbat. Mais aussi, il faudrait que le test prénatal englobe le VIH et l'hépatite B, au même titre que les tests de la rubéole et de la toxoplasmose. Ces deux tests doivent être faits systématiquement et non pas de manière sélective. Il faudrait que les tests fassent l'objet d'une réglementation nationale coordonnée par la Société de gynécologie et d'obstétrique.
« Le deuxième élément consiste à planifier la grossesse d'une femme vivant avec le VIH. » Un traitement doit être initié avant qu'elle ne tombe enceinte, et ce pour réduire la charge virale, c'est-à-dire la quantité de virus dans le sang, jusqu'à zéro, insiste le Dr Mokhbat. Cela permet de réduire au minimum le risque de transmission de la mère à l'enfant. Le traitement, qui ne représente aucun danger pour le fœtus, est maintenu tout au long de la grossesse. Il est à noter que le risque de transmission culmine au moment de l'accouchement et lors de l'allaitement. Celui-ci n'est d'ailleurs pas recommandé au Liban. »


Troisièmement, il faudrait prendre en charge une femme vivant avec le VIH qui est tombée enceinte sans aucune planification. Dans ce cas, le traitement commence en général à la fin du premier trimestre. Enfin, au moment de l'accouchement, la maman est prise en charge dans un centre spécialisé où elle reçoit un traitement intensif pour maximaliser le taux des antiviraux dans le sang. « Après l'accouchement, la femme poursuit son traitement normalement, indique le Dr Mokhbat. Quant à l'enfant, il est mis dans les quatre à six heures qui suivent sa venue au monde sous un traitement antirétroviral pour une durée de quatre à six semaines. Le bébé reste toutefois sous surveillance médicale. Ainsi, à trois mois, on fait la PCR, qui est un test qui permet de détecter le virus. Si les résultats sont positifs, le bébé est mis sous traitement quel que soit son état clinique. Si, par ailleurs, l'état clinique de l'enfant nous permet de suspecter un VIH, on le traite quels que soient les examens de sang. Le bilan est répété de manière régulière, à neuf et à dix-huit mois. »
Le Dr Mokhbat explique que dans le cadre du « Bébé Mississippi », le processus a été suivi et le virus était indétectable à trois, neuf et dix-huit mois, « mais la petite fille était tout au long de cette période sous traitement, donc nécessairement la charge virale était négative ». « On a déclaré victoire parce que, deux ans après l'arrêt du traitement, le virus était toujours indétectable, poursuit-il. C'était prématuré, puisqu'on manquait de recul. »

Le « Bébé Mississippi », une petite fille née séropositive et dont la guérison a été annoncée il y a un an dans la revue scientifique New England Journal of Medicine, a été testé à nouveau séropositif, deux ans après l'arrêt d'un intense traitement aux antirétroviraux. « Un rebondissement très décevant pour l'enfant, les médecins impliqués dans son traitement et les chercheurs spécialisés dans le VIH/sida », comme le souligne Anthony Fauci, directeur de l'Institut national de l'allergie et des maladies infectieuses (Niaid).
La petite Américaine, rappelons-le, avait été détectée séropositive à la naissance, le virus lui ayant été transmis par sa mère. Un traitement antirétroviral a été alors entamé moins de trente heures après sa venue au monde. Il s'est poursuivi jusqu'à dix-huit mois, âge...
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