Selon une étude du bureau de l’Onu chargé des Affaires humanitaires, 70 % des victimes sont des civils et 21 % des mineurs. Ibraheem Abu Mustafa/Reuters
Israël a promis hier d'intensifier ses bombardements contre la bande de Gaza et demandé aux habitants du nord de l'enclave à évacuer, au sixième jour d'une offensive visant à neutraliser le Hamas et ses tirs de roquettes.
L'aviation a dispersé des tracts dans le nord de l'enclave palestinienne, non loin de la frontière avec Israël, appelant les civils à quitter « immédiatement » la région et à se tenir loin des « activistes du Hamas » et de leurs bases. Le porte-parole de l'armée, le général Moti Almoz, a souligné le « sérieux » de la menace et qu'il ne s'agissait pas « d'une mesure psychologique ». Un responsable militaire, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a assuré que l'offensive impliquant des bombardements accrus sur le nord de Gaza allait débuter dans la soirée après une journée d'accalmie ayant fait trois morts, contre 56 samedi.
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Dans ce contexte, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis hier en Conseil des ministres de frapper « le Hamas avec de plus en plus d'intensité », accusant le mouvement islamiste d'utiliser « la population comme un bouclier humain ». Il a par la suite indiqué à la chaîne américaine CBS que le Hamas était seul à blâmer pour toutes les victimes civiles, car il place des roquettes et des postes de commande « dans des maisons, des hôpitaux, près des crèches et des mosquées ». M. Netanyahu a aussi promis la poursuite des bombardements tant qu'il n'aurait pas assuré « une sécurité durable » pour son peuple.
Le Hamas, lui, a exhorté la population à ne pas obéir aux ordres d'Israël. À Gaza, des milliers d'habitants ont cependant fui le nord de l'enclave en voiture, emportant ce qu'ils pouvaient, non pas en raison des tracts mais après avoir passé une nuit d'épouvante.
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Et malgré les appels de la communauté internationale, ni Israël ni le Hamas, qui contrôle Gaza, ne semblaient prêts à négocier la fin des hostilités qui ont fait 166 morts et 1 120 blessés, en majorité des civils palestiniens, depuis le début de l'opération « bordure protectrice ». En effet, selon une étude du bureau de l'Onu chargé des Affaires humanitaires, 70 % des victimes sont des civils et 21 % des mineurs.
De son côté, Israël a compté une cinquantaine de projectiles tombés sur son territoire depuis samedi minuit. Dix autres ont été détruits par la défense antiaérienne. Au total, près de 700 roquettes ont touché Israël et plus de 150 ont été interceptées depuis le déclenchement des hostilités, sans faire de victimes. Hier après-midi, deux roquettes ont encore été détruites au-dessus de Tel-Aviv où un concert du chanteur canadien Neil Young prévu jeudi a été annulé pour des raisons de sécurité.
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Jusqu'à l'esplanade des Mosquées...
À l'aube, un commando de marine israélien a pour la première fois fait une incursion au sol, débarquant sur une plage pour détruire un site de lancement de roquettes. Quatre soldats avaient été légèrement blessés dans des échanges de tirs que la branche militaire du Hamas, les brigades Ezzedine al-Qassam, a confirmés. Israël a d'ailleurs multiplié ostensiblement les préparatifs pour une opération terrestre de grande envergure, tout en pilonnant la bande de Gaza par air et depuis la mer. Depuis samedi minuit, Israël a effectué plus de 20 raids aériens, portant à 1 330 le nombre des « cibles terroristes » attaquées en six jours. Des cohortes de chars et de pièces d'artilleries ont également été déployées. Ce conflit est le plus meurtrier depuis l'offensive de novembre 2012, qui visait déjà à faire cesser les tirs de roquettes de Gaza : 177 Palestiniens et six Israéliens avaient été tués en une semaine.
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Parallèlement, la police israélienne a annoncé avoir pénétré hier matin sur l'esplanade des Mosquées dans la vieille ville de Jérusalem, où elle a arrêté dix manifestants palestiniens. « Des dizaines de manifestants palestiniens ont lancé des pierres et des pétards vers les policiers qui accompagnaient des visiteurs sur le mont du Temple (l'esplanade des Mosquées). D'autres policiers sont alors intervenus en utilisant des grenades assourdissantes pour disperser les manifestants », a expliqué une porte-parole de la police. « Dix manifestants ont été arrêtés et deux policiers légèrement blessés », a-t-elle ajouté, précisant que l'esplanade des Mosquées avait ensuite été fermée aux visiteurs.
« Des gestes concrets »
Sur le front diplomatique, le président Mahmoud Abbas, discret depuis le début de la crise, a demandé, dans une lettre adressée au secrétaire général Ban Ki-moon, de placer officiellement l'État de Palestine « sous le système de protection internationale de l'Onu ». Il a également réclamé la création immédiate d'une commission d'enquête, selon un communiqué. « Trop de civils palestiniens ont été tués » à Gaza et une offensive terrestre israélienne ne ferait qu'alourdir ce bilan, a souligné hier pour sa part le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon en réitérant son appel à un cessez-le feu. Selon un communiqué de son porte-parole Stéphane Dujarric, M. Ban « se sent une responsabilité envers les Palestiniens qui, notamment dans la bande de Gaza, ont été longtemps empêchés de jouir de la liberté et de la dignité qu'ils méritent ».
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Le secrétaire d'État américain John Kerry a, quant à lui, une nouvelle fois souligné lors d'une conversation avec M. Netanyahu que « les États-Unis étaient prêts à faciliter une cessation des hostilités, incluant un retour à l'accord de cessez-le-feu de novembre 2012 ». À Paris, le président François Hollande a appelé à un cessez-le-feu « le plus rapidement possible ». Son ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a appelé Israël à « faire preuve de mesure dans sa riposte et en particulier de respecter le droit international et de faire en sorte que les victimes civiles soient épargnées ».
Les ministres allemand et italien, Frank-Walter Steinmeier et Federica Mogherini, sont par ailleurs attendus au Proche-Orient dans les prochains jours. La diplomate italienne a prévu de rencontrer MM. Netanyahu et Abbas, et son ministère a appelé la communauté internationale à « trouver le courage de mettre fin à l'une des guerres les plus longues de l'histoire contemporaine ». Le pape François a, lui, lancé un appel pour la paix à Gaza hier lors de la prière de l'Angélus, réclamant « des gestes concrets pour construire la paix ».
Pendant ce temps, à Casablanca, Moshe Ohayon, un rabbin marocain, a été agressé vendredi par un jeune homme qui a fait référence aux derniers développements du conflit israélo-palestinien, a rapporté hier le site de l'hebdomadaire Tel Quel.
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