Le ministre de la Culture, Rony Araiji, recevant hier les contractuels de l’Université libanaise.
À la veille d'un Conseil des ministres qui aurait pu décider du sort de l'Université libanaise et de celui de 1 200 de ses enseignants contractuels qui attendent d'être cadrés, ainsi que de la recomposition du conseil des doyens, décimé par le clientélisme, le paysage politique libanais ressemble à lui-même, avec très peu de chances de changement.
Les antagonismes politiques qui sont à l'origine de la vacance au niveau de la présidence de la République et d'un fonctionnement au ralenti de l'exécutif et du législatif sont pareils à eux-mêmes, et produisent les mêmes effets, dans une espèce de « légèreté », d'apathie générale ou de fatalisme qui pousse les meilleurs à baisser les bras et à regarder passer le train de l'histoire.
Pourtant, tout se tient et s'enchaîne. Lors d'une récente interview à l'Aide à l'Église en détresse (AED) rapportée par Radio-Vatican, Mgr Youssef Mirkis, archevêque chaldéen de Kirkouk, au nord de l'Irak, s'est exprimé sur le sort des chrétiens de son pays. Depuis le début de la guerre en Irak en 2003, et plus encore depuis les conquêtes territoriales de l'État islamique, la fuite des chrétiens hors du pays est massive.
« Nous, les chrétiens, sommes désormais en train de disparaître de l'Irak, reconnaît Mgr Mirkis, c'est cela même qui est arrivé à nos frères de Turquie, d'Arabie saoudite et d'Afrique du Nord. Même au Liban, nous sommes désormais une minorité », précise-t-il.
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Principale conséquence de cet exode massif : une perte de « dynamisme » dans le pays. Car, selon Mgr Mirkis, la communauté chrétienne irakienne s'est toujours caractérisée par un niveau scolaire et culturel supérieur à la moyenne nationale. Un grand nombre de médecins, d'intellectuels, de journalistes ou d'écrivains irakiens sont des chrétiens, pour la plupart en exil aujourd'hui. Toutefois, « l'ensemble de la communauté intellectuelle est attaquée, élite musulmane incluse », nuance l'archevêque, et depuis début 2013 « au moins 180 professeurs universitaires ont été tués. Avec des conséquences désastreuses pour la société irakienne ».
Au Liban, les professeurs d'université, chrétiens ou pas, ne sont pas tués – pas encore –, mais ils sont stérilisés, intellectuellement, par l'éparpillement de leurs forces entre leur tâche principale et leurs petits boulots et à-côtés, l'indifférence générale et le manque de toute reconnaissance.
Au Liban, pour que les professeurs de l'UL soient cadrés, il faut que leur liste soit communiquée à Nabih Berry, Walid Joumblatt ou Amine Gemayel, que les appartenances confessionnelles et politiques soient épluchées, et que chacun ait sa part du pactole. De source bien informée, on affirmait hier soir que l'accord sur la titularisation des contractuels et la nomination de doyens bute sur un seul point : le refus du ministre de l'Éducation, Élias Bou Saab, d'accepter que Walid Joumblatt appuie la candidature d'un chrétien à l'un des postes de doyen vacants.
M. Abou Saab (Courant patriotique libre) estime que la nomination d'un chrétien est du seul ressort des blocs parlementaires représentatifs des chrétiens... Un clientélisme inadmissible dans une démocratie qui se respecte. Un clientélisme symptomatique de la décadence où nous plonge la généralisation du communautarisme que l'on nous présente comme étant la panacée pour tous nos maux, et que l'on veut consacrer dans les textes, après l'avoir consacré dans des pratiques déviantes.
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Le salaire des fonctionnaires
Ce qui vaut pour les contractuels de l'Université libanaise vaut aussi pour les fonctionnaires du secteur public, qui ont décidé d'aller jusqu'au bout de leur combat pour obtenir une augmentation des salaires de 121 %, que le Parlement, divisé en clans, pôles d'intérêt, orientations politico-économiques, commissions et sous-commissions, est incapable de leur accorder, ou de s'entendre à leur accorder.
Victimes collatérales de ce conflit, 1,4 million d'élèves des classes terminales, de l'enseignement professionnel et technique et du brevet attendent que leurs copies soient corrigées. Les enseignants ont réaffirmé hier qu'ils n'hésiteront pas à compromettre la prochaine année scolaire, pour atteindre leurs objectifs. De son côté, le ministre de l'Éducation a assuré que même en cas de délivrance d'attestations de succès, ceux-ci devront porter les signatures des enseignants.
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Une faible lueur d'espoir est apparue avec la perspective de la tenue d'une session parlementaire indispensable pour voter une loi autorisant le ministre des Finances à rembourser une dette externe en eurobonds. Certes, pour le 14 Mars, en l'absence d'un chef de l'État, le Parlement ne peut se réunir qu'en sa qualité de collège électoral, et non comme assemblée délibérante. Mais ce camp est prêt à faire une exception, s'agissant de la crédibilité extérieure du Liban.
Les fonctionnaires espéraient que la session pourrait être mise à profit pour leur donner satisfaction. Toutefois, la grille des salaires n'a aucune chance de passer dans un proche avenir, assure-t-on de bonne source. D'abord parce qu'il n'existe pas d'accord sur les chiffres des recettes qui permettront d'en couvrir le coût, ensuite parce que le 14 Mars est opposé, par principe, à toute légifération qui ne serait pas justifiée par la raison d'État.
Même pour les salaires des fonctionnaires, le 14 Mars est catégorique : une séance législative est inutile, et le ministre des Finances dispose d'une batterie de lois lui permettant de débloquer les fonds nécessaires à cette fin.
Toutefois, dans sa volonté de contrer le 14 Mars et de l'empêcher de paralyser le législatif, M. Berry prétend le contraire. C'est ainsi que le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, a déclaré qu'il ne paiera pas ces salaires, si une loi n'est pas votée à cette fin. À quoi certains lui ont rétorqué que même en pleine guerre civile, les salaires des fonctionnaires ont continué à être honorés.
La sécurité
Dans un Liban où, comme on le voit, de la présidence de la République au Parlement, en passant par le Conseil des ministres, les allégeances politiques se combattent et se paralysent l'une l'autre, seuls les organismes de sécurité continuent de faire leur travail.
Or nul part ailleurs, comme dans ce domaine, l'interpénétration du local et du régional n'est plus évidente, comme le prouve encore l'assassinat d'un homme à Ersal, il y a deux jours, par un commando de l'État islamique infiltré de Syrie.
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« La menace jihadiste doit être prise au sérieux, estime un député chrétien de la Békaa, et les hauteurs de Ersal doivent être étroitement surveillées. N'oublions pas que les combattants de l'État islamique sont aux frontières de l'Iran. »
En tout état de cause, les conséquences pour le Liban de la partie qui se joue sur le plan régional sont évidentes, et c'est malheureusement l'une des explications avancées pour expliquer pourquoi le Liban est appelé à rester encore, pour un moment, sans président. « Il se peut bien que ce soit la façon choisie par certains pour liquider, petit à petit, ce qui reste de l'aura présidentielle, estime la source parlementaire citée, et dire que ce sont les chrétiens qui creusent ainsi leur propre tombe. »
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des minsitres qui nomment des doyens !!!!!! n'importe quoi. Et plus (con) fessionnel que ca notre soi-disant misnitre de l'education, tu meurs.
09 h 04, le 10 juillet 2014