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Moyen Orient et Monde

En Irak, Daech annonce l’établissement d’un califat

Insurrection

Des milliers de soldats avançaient hier vers Tikrit, dans la plus grande contre-offensive engagée par l'armée irakienne depuis le début de l'avancée fulgurante des insurgés sunnites.

OLJ/Agences
30/06/2014

Les jihadistes de Daech (État islamique en Irak et au Levant-EIIL) ont annoncé hier l'établissement d'un « califat islamique » faisant fi des frontières. En effet, dans un enregistrement audio diffusé sur Internet, Daech, qui se fait désormais appeler « État islamique » pour supprimer toute référence géographique, a désigné son chef Abou Bakr al-Baghdadi comme « calife » et donc « chef des musulmans partout » dans le monde. Le calife désigne depuis la mort du prophète Mohammad son successeur comme « émir des croyants » dans le monde musulman, mais le califat a disparu avec le démantèlement de l'Empire ottoman il y a près d'un siècle, le dernier calife étant Abdulmégid II. Selon Abou Mohammad al-Adnani, porte-parole de Daech, ce califat s'étendra d'Alep à Diyala, soit sur les régions conquises par ce groupe en Irak et en Syrie. En Syrie, le groupe a fait de Raqqa une « capitale » très organisée, et contrôle une grande partie de la province de Deir ez-Zor, riche en pétrole et frontalière de l'Irak, ainsi que des positions dans celle d'Alep. En Irak, Daech, implanté depuis janvier dans la province d'al-Anbar, a mis la main depuis le 9 juin sur Mossoul, deuxième ville du pays, une grande partie de sa province Ninive, ainsi que des secteurs des provinces de Diyala, Salaheddine et Kirkouk.

 

(Dossier : Vers la fin des frontières de Sykes-Picot ?)

 

La Russie a livré cinq avions de combat Sukhoi
Sur le terrain, des milliers de soldats, appuyés par des chars et l'aviation, avançaient hier vers Tikrit, dans la plus grande contre-offensive engagée par l'armée irakienne depuis que l'avancée fulgurante d'insurgés sunnites a plongé le pays dans le chaos. « Les forces irakiennes avancent de différents endroits » autour de Tikrit, à 160 km au nord de Bagdad, et des combats sont en cours à la périphérie, a expliqué le général Qassem Atta, un porte-parole du premier ministre irakien Nouri al-Maliki. Plus au nord, des dizaines de civils volontaires soutenus par les forces kurdes ont attaqué les insurgés dans le village de Bachir, majoritairement chiite, dans la province de Kirkouk, selon un responsable militaire.
Pour aider l'armée à reprendre du terrain, la Russie a livré cinq avions de combat Sukhoi aux forces irakiennes. À ce sujet, le ministère de la Défense a souligné que les cinq Su-25 qui viennent d'être livrés par Moscou, sur une douzaine commandés, seraient « utilisés dans les trois à quatre prochains jours » et joueraient « un rôle majeur dans les combats contre Daech ». Les forces irakiennes ont « grandement besoin de ce genre d'appareils dans ces moments difficiles », a-t-il ajouté.
En outre, sur la question de la réconciliation nationale, le conseiller de M. Maliki, Amer Khouzaï, a déclaré qu'il y avait actuellement « nettement plus de danger » pour l'Irak que lors de la guerre entre musulmans chiites et sunnites de 2006/2007, qui avait pourtant fait des dizaines de milliers de morts, en pleine invasion américaine du pays.

 

(Lire aussi : L'ayatollah Ali Sistani revient dans le jeu politique après des années de silence)

 

Obama inquiet
Les États-Unis ont de leur côté déployé des drones et annoncé l'envoi de 300 conseillers militaires sur le terrain. Le général Qassem Atta a aussi fait état d'une coordination avec les États-Unis « pour étudier les cibles importantes ». Le président américain Barack Obama s'est quant à lui inquiété du nombre de jihadistes européens engagés dans les conflits irakien comme syrien, relevant que ces combattants aguerris n'avaient pas besoin de visa pour se rendre aux États-Unis.
Sur le plan humanitaire, les organisations internationales ont tiré la sonnette d'alarme, plus de 1,2 million de personnes ayant été déplacées en Irak depuis le début de l'année. De son côté, relayant l'appel lancé par les évêques d'Irak, le pape François a appelé les dirigeants irakiens, minés par les divisions, à tout faire pour « préserver l'unité nationale et éviter la guerre ».
Enfin, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affiché hier son soutien à la création d'un État kurde indépendant dans le nord de l'Irak en vantant la stabilité politique de la région autonome kurde dans un pays déchiré par une guerre civile entre sunnites et chiites.

Eclairage

Pour combattre Daech, il faut lutter contre les régimes autoritaires qui alimentent la rhétorique de ce groupe

 

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Pierre Hadjigeorgiou

Tant qu'ils s'auto-trucident ils sont loin d’être dangereux. Cette guerre est parti pour durer longtemps... longtemps... longtemps et elle ne s’arrêtera que faute de combattants. Je leur souhaite bonne chance!!!

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

L'HYPOCRISIE DES "GRANDS"... CONNIVENCE EN LA MATIÈRE... L'UN AVEC SES DRONES ET L'AUTRE AVEC SES SOKHOY... N'A PLUS DE LIMITE ! POURQUOI L'AVOIR PERMIS ???

Halim Abou Chacra

J'avoue que je suis inquiet pour l'inquiétude d'Obama; ça peut lui couper l'appétit ou lui causer une petite insomnie. Faut-il attendre le prochain siècle pour que "l'intelligent" président américain se convainque que l'unique raison d'existence de Daech en Syrie -et maintenant avec cette envergure en Irak- c'est la dictature fasciste de Damas ? Quand Obama comprendra-t-il que s'il avait aidé en temps opportun l'opposition syrienne à débarrasser la Syrie de cette dictature, il n'y aurait eu aucun terroriste en terre syrienne et jamais l'offensive de Daech en Irak n'aurait pu avoir lieu ? Quand comprendra-t-il qu'il est impossible de balayer Daech sans, avant, balayer ce régime ?

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