Le leader du parti israélien d’extrême droite Israeli Jewish Power, Itamar Ben-Gvir, s’exprime à Jérusalem le 30 octobre 2022. Photo Ahmad Gharabli/AFP via Getty Images
L'accord de cessez-le-feu au Liban, négocié sous l'égide de Washington et qui prévoit une trêve conditionnée à une « cessation complète » des tirs par le Hezbollah, a divisé jeudi la scène politique israélienne. Si le ministre Itamar Ben-Gvir, de l'ultra-droite, a fustigé le texte, d'autres ont salué une décision qui pourrait s'avérer « bénéfique » pour Israël.
Farouchement opposé au cessez-le-feu, le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a qualifié cet accord de « grave erreur ». « Le cessez-le-feu avec le Liban est une grave erreur et une illusion de conseillers qui entraînent le Premier ministre (Benjamin Netanyahu, NDLR) vers de mauvaises décisions », a écrit le ministre sur X.
Face à lui, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a qualifié l'accord de « grande réussite », tout en précisant que l'armée israélienne conserverait sa « liberté d'action » au Liban en cas d'attaque du Hezbollah.
« Réagir avec fermeté » face au Hezbollah
De son côté, l'ancien ministre israélien Benny Gantz a estimé que « l'accord entre Israël et le Liban revêt une grande importance et, s'il est mis en œuvre, pourrait constituer une percée diplomatique majeure dans la guerre contre le Hezbollah ainsi que dans l'isolement de cette organisation terroriste ». « Toutefois, cet accord devra faire ses preuves face à la réalité du terrain », a tempéré M. Gantz, dans une publication sur la plateforme X. « Par conséquent, l'armée israélienne doit maintenir son déploiement sur le territoire libanais jusqu'à la pleine application de l'accord, et l'État d'Israël se doit de réagir avec fermeté à toute violation de la part du Hezbollah, fût-elle minime. Dans le cas contraire, nous assisterions à un éternel recommencement : une nouvelle manœuvre dilatoire qui se paierait au prix du sang. Les citoyens israéliens — et tout particulièrement les habitants du Nord — sont lassés des fausses promesses et des slogans creux », a-t-il ajouté.
L'ancien Premier ministre israélien Ehud Olmert, qui était au pouvoir lors de la guerre de juillet 2006, a déclaré pour sa part qu'il existe « une possibilité de parvenir à un arrangement avec le Liban, mais le gouvernement actuel n'y porte aucun intérêt ». « Notre problème réside dans le fait que nous avons un gouvernement qui souhaite la guerre au Liban, un gouvernement qui aspire à s'implanter au Liban », a-t-il dit, selon le média israélien Maariv. « Je pense qu'une partie de notre accord avec le Liban devrait consister en une coopération coordonnée entre nous et le gouvernement libanais en vue du désarmement du Hezbollah (...) Il y a bel et bien un problème avec le Hezbollah. Nous continuons de nous affronter. Notre opération terrestre dans le Liban-Sud se poursuit sans apporter la moindre valeur concrète. Israël n'aurait jamais dû s'y engager. Cette présence au sol ne nous a procuré aucun avantage stratégique », a estimé Ehud Olmert.
Manifestation devant le siège du Likoud
Des dizaines de personnes se sont rassemblées jeudi devant le quartier général du Likoud, le parti de droite de Benjamin Netanyahu, à Tel Aviv, pour revendiquer « un accord politique avec le Liban comme voie vers la sécurité », rapporte le site israélien ynetnews.
La foule, qui comprenait des mères de soldats en poste au Liban, des familles en deuil et des réservistes qui servent dans la région, « ont demandé aux autorités israéliennes d’avancer vers un accord politique à long terme, qui assurerait une véritable sécurité aux habitants du Nord » (d’Israël), poursuit le site. « Respectez le cessez-le-feu, ne commencez pas une guerre, un accord politique est la voie vers une réelle sécurité », ont scandé les manifestants.


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