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Moyen Orient et Monde

L’Irak est-il en train de payer les erreurs de Maliki ?

Sécurité
OLJ/AFP
17/06/2014

La mauvaise gestion par le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki de plusieurs dossiers dont la sécurité a été l'une des causes de l'offensive jihadiste selon les analystes.
En effet, le chiite Nouri al-Maliki, au pouvoir depuis 2006, s'est vu reprocher tour à tour par ses opposants d'avoir mené une politique discriminatoire à l'égard de la minorité sunnite, centralisé le pouvoir et agi de manière autocratique, mais le Premier ministre assure pour sa part avoir œuvré pour faire de l'Irak un pays sûr. La fulgurante offensive lancée il y a une semaine par les jihadistes de Daech (État islamique en Irak et au Levant – EIIL), soutenus par des partisans du régime déchu de Saddam Hussein et d'autres groupes, pose au chef du gouvernement l'un des plus gros défis de sa carrière.


« Il a nommé chaque officier de haut rang qui sert actuellement dans l'armée, par conséquent toutes les questions comme les arrestations, la torture, les pots-de-vin en échange de la libération de prisonniers, je l'en tiens pour responsable », affirme Kirk Sowell, rédacteur en chef d'une revue spécialisée sur la politique irakienne. « Il est clairement incapable de diriger l'armée de manière compétente », ajoute-t-il.
Un point de vue que partage Anthony Cordesman, du Centre d'études stratégiques et internationales, selon qui M. Maliki a « passé les dernières années à corrompre les forces de sécurité et à placer dans la chaîne de commandement des personnes qui lui sont loyales ». « Il a utilisé de manière systématique les forces de sécurité pour réprimer une opposition sunnite légitime », poursuit M. Cordesman.

 

(Lire aussi : Les États-Unis envisagent des frappes de drones en Irak)

 

La Syrie et l'absolutisme des sunnites
Pour rappel, les forces de sécurité ont mené des coups de filet, arrêtant des insurgés sunnites, mais aussi de nombreux innocents. « Au final, les forces de sécurité irakiennes sont devenues une structure extrêmement inefficace » et « ont perdu tout sens moral », estime M. Cordesman.
De plus, le bain de sang de plus de 4 600 morts depuis le début de l'année a rendu les civils de moins en moins enclins à coopérer avec les forces de sécurité et a facilité la tâche aux insurgés, notamment pour le recrutement de combattants.

 

(Eclairage : L'armée irakienne minée par une corruption endémique)


De son côté, John Drake, analyste au groupe AKE, suggère que M. Maliki aurait dû intégrer les milices Sahwa – créées en 2006 par les Américains pour combattre el-Qaëda – à ses forces de sécurité. « Il aurait également fallu dialoguer avec certains interlocuteurs comme les chefs tribaux du centre du pays pour trouver des accords », ajoute-t-il. Cependant, des facteurs internes ont joué indépendamment de la performance de M. Maliki, estime Kirk Sowell. Des politiciens et responsables religieux sunnites « ont formulé des demandes absolutistes, sur lesquelles un Premier ministre chiite n'aurait jamais pu donner son accord, comme le fait de former des régions autonomes avec une armée sunnite de facto indépendante et financée par Bagdad », explique-t-il. M. Sowell évoque également la « debaassification » qui a exclu des centaines de milliers de soldats et d'officiers aguerris au motif qu'ils avaient servi dans l'armée de Saddam Hussein. Dans ce contexte, il est « évidemment moins probable » que M. Maliki n'obtienne le troisième mandat qu'il brigue à la suite des élections législatives du 30 avril, estime M. Sowell.

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

PLUTÔT LES ERREURS DES INTERVENTIONS... À TOUR DE RÔLE...

Sabbagha Antoine

M. Maliki est en effet responsable de cette guerre civile sans merci en Irak et devra quitter le pouvoir .

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