Des séparatistes prorusses ont abattu samedi un avion de transport militaire ukrainien, faisant 49 morts. L'attaque est la plus meurtrière dans les rangs ukrainiens depuis le lancement voici deux mois d'une opération "antiterroriste" de Kiev dans l'Est rebelle. DANIEL MIHAILESCU/AFP
Les insurgés prorusses ont abattu samedi un avion militaire ukrainien, tuant 49 personnes, dans l'attaque la plus sanglante contre l'armée dans l'Est séparatiste depuis deux mois, suscitant un regain d'inquiétude quant à une issue pacifique à la crise.
Le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel ont exprimé samedi au téléphone au président russe Vladimir Poutine "leur grave préoccupation face à la poursuite des combats dans l'est de l'Ukraine".
Dans un autre entretien téléphonique, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a appelé son homologue John Kerry à "user de son influence" sur Kiev pour mettre fin à l'opération militaire dans l'Est qui a fait plus de 300 morts depuis avril.
L'attaque près de l'aéroport de Lougansk, où un quadriréacteur IL-76 transportant des parachutistes devait atterrir, a mis à mal l'espoir d'une détente né ces derniers jours après de premiers contacts entre Kiev et Moscou.
Le président pro-occidental Petro Porochenko avait présenté cette semaine à Vladimir Poutine son plan de paix au cours d'un échange "substantiel" tandis que se sont déroulées plusieurs phases de pourparlers avec l'ambassadeur russe à Kiev depuis l'investiture le 7 juin du nouveau chef d'Etat ukrainien.
Drapeau russe décroché
Samedi à Kiev, quelque 300 personnes en colère se sont rassemblées devant l'ambassade russe avec des affiches sur lesquelles on pouvait lire "Russie tueuse" ou "Non aux négociations avec Poutine".
Un manifestant s'est hissé sur une grille de l'ambassade et a décroché le drapeau alors que la foule scandait "Fascistes!". D'autres ont renversé des voitures diplomatiques avant d'en briser les vitres. Ils ont jeté des oeufs sur le bâtiment, situé dans un quartier excentré de Kiev, et l'ont aspergé d'un liquide vert antiseptique.
Washington a immédiatement condamné cette attaque et a appelé Kiev à respecter la Convention de Vienne qui l'oblige à assyrer la sécurité des bâtiments diplomatiques.
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Ces nouveaux se sont produits peu avant une rencontre prévue à 17H00 GMT à Kiev pour relancer les négociations sur le gaz, autre volet du bras de fer entre Moscou et Kiev. Le géant russe Gazprom a repoussé à lundi son ultimatum à l'Ukraine sur le remboursement de sa dette gazière de 1,95 milliard de dollars. Faute de remboursement, Moscou a prévenu qu'elle imposerait un système de pré-paiement qui pourrait signifier la coupure de l'approvisionnement.
Après l'attaque à Lougansk, M. Porochenko a promis une "réponse adéquate" aux séparatistes et décrété dimanche journée de deuil national. "Ceux qui sont impliqués dans l'acte terroriste de cette ampleur seront punis. L'Ukraine a besoin de la paix, mais les terroristes recevront une réponse adéquate", a-t-il déclaré.
A l'endroit où l'avion s'est écrasé après avoir été abattu, des insurgés récupéraient des objets traînant sur le sol - insignes des parachutistes ukrainiens ou sachets alimentaires américains. L'avion était complétement détruit et calciné.
"L'aéroport est entièrement bloqué par nos forces", a affirmé à l'AFP Vadimir Inogorodski, porte-parole des séparatistes de la "république de Lougansk" autoproclamée. Selon lui, l'avion a été touché par un missile antiaérien tiré par des insurgés.
L'attaque à Lougansk, bastion de l'insurrection prorusse dans l'Est, survient alors que Petro Porochenko, investi il y a une semaine, et son homologue russe Vladimir Poutine se sont parlés cette semaine pour tenter d'endiguer les violences.
Les Etats-Unis ont réaffirmé vendredi que la Russie avait fourni aux insurgés prorusses dans l'est de l'Ukraine des chars et lance-roquettes, du matériel qui a franchi ces derniers jours la frontière entre les deux pays. Si "la Russie ne parvient pas à faire baisser la tension, il y aura un prix supplémentaire" à payer, a prévenu la porte-parole du département d'Etat américain, Marie Harf, une formule en référence aux sanctions prises par Washington contre Moscou pour ses agissements en Ukraine.
Combats à Lougansk et Marioupol
Sur le terrain, des combats ont opposé samedi les forces ukrainiennes et séparatistes dans plusieurs villes de l'Est. Cinq gardes-frontières ukrainiens ont été tués et sept blessés dans une embuscade tendue par les séparatistes tirant au lance-roquette contre leur convoi à Marioupol, port stratégique de 500.000 habitants sur les bord de la mer d'Azov.
Kiev a affirmé la veille avoir repris le contrôle de cette ville et y a provisoirement installé l'administration de la région de Donetsk.
A Gorlivka, dans la région de Donetsk, deux personnes ont été tuées et sept blessées dans des combats dans la nuit de vendredi à samedi, selon les autorités locales.
Selon un photographe de l'AFP à Lougansk, ville de 500.000 habitants proche de la frontière avec la Russie, de fortes explosions ont retenti à l'aube dans le centre. Des avions et hélicoptères de l'armée ukrainienne ont effectué dans la nuit des frappes contre les barrages séparatistes.
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On sait plus qui s'est vraiment embourbé dans cette histoire !l'avantage est à la défensive !
13 h 06, le 14 juin 2014