Rechercher
Rechercher

Liban - Sécurité

« L’aviation civile au Liban est sûre », assurent à « L’OLJ » Zeaïter et des sources proches de la MEA

Le ministre des Transports et des Travaux publics, Ghazi Zeaïter, a estimé hier qu'« il y a quelque chose de louche derrière la mise en garde de l'UE concernant l'interdiction aux compagnies aériennes libanaises de survoler le territoire européen ». Cette décision serait en effet uniquement liée à la formation d'une Autorité indépendante de l'aviation.

Après la mise en garde on ne peut plus claire de l'Union européenne à l'égard des compagnies aériennes libanaises, « qui font face actuellement à une possible interdiction totale d'opérer dans les espaces aériens de l'UE », selon un communiqué rendu public mardi, une source officielle a affirmé hier à l'agence al-Markaziya que cette décision n'est aucunement politique, assurant que « le Liban est prêt à collaborer avec l'UE afin de garantir l'application des conditions de sécurité, notamment la loi no 481/2002 relative à la sécurité aérienne et à la création de l'Autorité de l'aviation civile libanaise ».

La chef de la Délégation de l'Union européenne au Liban, l'ambassadrice Angelina Eichhorst, avait en effet affirmé mardi que le Liban était accusé de ne pas avoir encore apporté des réponses aux inquiétudes d'ordre sécuritaire exprimées par l'Organisation internationale de l'aviation civile, en décembre 2012, appelant notamment à la création d'une telle autorité conformément à ladite loi.

Pourtant, le timing de cette décision reste pour beaucoup suspect, aux abords de la saison touristique, surtout que « ce grave problème sécuritaire au Liban », cité récemment dans le Journal officiel de l'UE, serait en fait limité à l'absence d'un comité, celui de l'Autorité de l'aviation civile libanaise, et ne concerne aucunement les normes de sécurité des avions de la Middle East Airlines.

C'est d'ailleurs ce qu'a affirmé hier en soirée à L'Orient-Le Jour le ministre des Transports et des Travaux publics, Ghazi Zeaïter, qui a assuré que « l'aviation civile au Liban est sûre ». « Je me demande vraiment pourquoi tirer cette sonnette d'alarme quand il ne s'agit aucunement de normes sécuritaires, s'est-il interrogé. Il n'y a rien de grave et nos normes de sécurité sont beaucoup plus strictes qu'en Europe et nous n'avons jamais eu d'incidents de sécurité en plus de 50 ans de vol. »
Et le ministre de poursuivre : « Mme Eichhorst est ambassadrice de l'UE depuis de nombreuses années et n'a jamais émis un tel avertissement qui met en risque notre économie et notre tourisme. Sa décision est sûrement influencée par certaines parties qui nous veulent du tort. » « Il y a quelque chose de louche derrière tout cela ; elle a quelque chose en tête », a poursuivi le ministre qui a pourtant déclaré qu'il encourage la formation d'une Autorité indépendante de l'aviation civile. La formation de cette dernière avait été décidée par ailleurs en 2002, mais n'a jamais été appliquée jusque-là en raison de problèmes politiques et confessionnels. « Je ne comprends pas pourquoi Mme Eichhorst a souligné aussi que cette Autorité devrait être conduite par un personnel qualifié bénéficiant d'une expérience bien établie en matière de surveillance et ce qu'elle insinue par là », a déclaré M. Zeaïter.

Sur un autre plan, des sources proches de la MEA ont confié hier à L'Orient-Le Jour, en l'absence du PDG Mohammad el-Hout qui se trouve à Genève, que « les menaces de l'UE ne seront probablement pas exécutées, puisqu'elles ne concernent aucunement des problèmes d'ordre sécuritaire ».

Récemment, dans son Journal officiel daté du 11 avril 2014, l'UE avait publié un règlement d'exécution de la commission du 10 avril 2014 modifiant la liste communautaire des transporteurs aériens qui font l'objet d'une interdiction d'exploitation dans la Communauté. Dans ce texte, la Commission avait affirmé avoir « transmis au comité de la sécurité aérienne des informations actualisées sur les discussions conjointes en cours (...) avec les autorités compétentes et des transporteurs aériens des États suivants : Géorgie, République de Guinée, Inde, Indonésie, Kazakhstan, Liban, Madagascar, République islamique de Mauritanie, Mozambique, Népal, Philippines, Soudan, Royaume du Swaziland, Yémen et Zambie ».

« Le comité de la sécurité aérienne a entendu les exposés de l'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) sur les conclusions de l'analyse des rapports relatifs aux audits réalisés par l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) dans le cadre de son programme universel d'évaluation de la surveillance de la sécurité. Les États membres ont été invités à accorder la priorité aux inspections au sol qui sont confiées à des transporteurs aériens titulaires d'une licence dans des États où l'OACI a relevé de graves problèmes de sécurité ou dans des États dont le régime de surveillance en matière de sécurité présente de graves manquements, selon les conclusions de l'AESA », a poursuivi le texte, qui, dans le paragraphe relatif au Liban, a noté que « les discussions se poursuivent avec les autorités libanaises afin de confirmer que le Liban remédie aux manquements constatés », indiquant la présence d'un « grave problème de sécurité nécessitant des mesures correctives immédiates ».

Le texte notait en outre que les manquements des autorités libanaises à ce niveau concernaient la fourniture de documents et la tenue de registres pour de nombreux transporteurs aériens, notant par ailleurs que la formation des pilotes « ne semblait pas avoir été pleinement évaluée par les autorités compétentes du Liban ».

Le texte a finalement noté que « le Liban a réalisé des progrès dans la surveillance de ses transports, aériens et s'achemine progressivement vers une organisation plus indépendante et durable », ce qui fait qu'il n'y a pas lieu, « à ce stade », d'inclure les transporteurs aériens du Liban sur la liste noire de l'UE.

 

Pour mémoire
Vol de la MEA interdit d'atterrissage : Le ministre irakien des Transports présente des excuses

Abboud : Le Liban perd un demi-million de touristes par an à cause de la MEA

Affaire Hélou : des excuses publiques exigées de la MEA

Abboud à Mohammad el-Hout : Je ne suis pas l'ennemi de la MEA

Après la mise en garde on ne peut plus claire de l'Union européenne à l'égard des compagnies aériennes libanaises, « qui font face actuellement à une possible interdiction totale d'opérer dans les espaces aériens de l'UE », selon un communiqué rendu public mardi, une source officielle a affirmé hier à l'agence al-Markaziya que cette décision n'est aucunement politique, assurant...
commentaires (0)

Commentaires (0)

Retour en haut