X

Moyen Orient et Monde

Falloujah reste sous contrôle d’hommes armés hostiles au gouvernement Maliki

Irak

En raison des combats et des bombardements, 13 000 familles ont fui la ville à majorité sunnite.

OLJ/AFP
09/01/2014

Plus de 13 000 familles ont fui ces derniers jours la ville irakienne de Falloujah, passée sous le contrôle d'hommes armés : en effet, des combattants de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL ou Da'ech), un groupe lié à el-Qaëda, et des membres de tribus hostiles au gouvernement ont pris le contrôle ces derniers jours de cette ville de la province à majorité sunnite d'al-Anbar, frontalière de la Syrie. Hier, des hommes armés, masqués et dont l'allégeance n'était pas claire dans l'immédiat, se trouvaient dans la ville notamment sur les ponts et aux entrées des quartiers de Falloujah, selon un journaliste de l'AFP sur place. Ils étaient aussi présents sur des routes menant à cette ville située à 60 km à l'ouest de Bagdad.


En raison des combats et des bombardements, plus de 13 000 familles ont fui ces derniers jours cette localité comptant quelque 500 000 habitants, a indiqué le Croissant-Rouge irakien. « La plupart vivent désormais dans des écoles, des bâtiments publics et chez des parents », a expliqué un responsable de cette organisation, Mohammad al-Khouzaie, dans un communiqué. Il a précisé que le Croissant-Rouge avait fourni de l'aide à plus de 8 000 familles ces trois derniers jours à travers al-Anbar.


Dans la matinée, des affrontements ont encore eu lieu dans les quartiers d'al-Askari et al-Chouhada à Falloujah. Ces mêmes secteurs ont également été bombardés. On ignorait pour le moment quels groupes étaient impliqués dans ces combats. Malgré ces violences, des membres de la police de la circulation, seulement chargée de gérer les déplacements des véhicules et de contrôler les intersections, étaient de retour dans la ville, avec l'accord des hommes armés. Les feux de circulation marchaient de nouveau et certains magasins ont rouvert.
Plusieurs quartiers de Ramadi, une ville à 40 km plus à l'ouest, ont également été capturés la semaine dernière par l'EIIL. Les violences, qui ont commencé le 30 décembre avec le démantèlement à Ramadi d'un camp de protestataires sunnites antigouvernementaux, ont fait plus de 250 morts, selon un décompte de l'AFP basé sur des sources médicales et officielles. Quatre principaux protagonistes sont impliqués dans les affrontements : les forces de sécurité, des tribus alliées, l'EIIL et des tribus hostiles au gouvernement.

 

Une première
C'est la première fois depuis l'insurrection ayant suivi l'invasion américaine de 2003 que des militants d'el-Qaëda, qui sont parallèlement devenus une force majeure dans le conflit en Syrie voisine, prennent si ouvertement le contrôle de zones urbaines en Irak. Les derniers combats sont intervenu quelques heures après un appel de l'EIIL aux sunnites à poursuivre leur lutte contre les forces du gouvernement, dominé par les chiites. « Sunnites (...) ne déposez pas les armes, parce que si vous les déposez maintenant, les (chiites) vous réduiront à l'esclavage et vous ne vous relèverez plus », a lancé le porte-parole de l'EIIL Abou Mohammad al-Adnani.


Le porte-parole du ministère de la Défense Mohammad al-Askari avait indiqué mardi que les soldats déployés près de Falloujah attendaient avant de lancer un assaut, expliquant qu'il fallait éviter de « faire couler le sang de ses habitants ». Le Premier ministre Nouri al-Maliki, un chiite, avait de son côté appelé les tribus à chasser elles-mêmes les combattants de l'EIIL pour éviter une offensive d'envergure contre Falloujah. Des chefs tribaux ont assuré que la ville était désormais aux mains de combattants tribaux qui « protègent Fallouja et Garma (à une dizaine de km plus à l'est) des attaques de l'armée », a indiqué cheikh Rafa al-Joumaili.


Une attaque contre la ville risque d'aggraver encore un peu plus les tensions entre la minorité sunnite et le gouvernement. Elle constitue de plus un défi de taille pour les forces irakiennes qui n'ont encore jamais mené une opération de cette ampleur depuis le départ des derniers soldats américains, il y a deux ans.
Enfin, et pour clôturer cette escalade des violences, douze soldats ont été tués lors d'une attaque menée hier soir par des hommes armés non identifiés contre un bâtiment de l'armée irakienne dans la région d'Aazim, à quelque 130 km au nord de Bagdad, a indiqué un officier de police.

 

Lire aussi

À la veille du big bang ?, le point de Christian Merville

Obama ne croyait plus dans sa propre stratégie en Afghanistan, accuse Gates dans ses mémoires

"Anéantir" les rebelles syriens, combattre les chiites en Irak : l'EIIL appelle à la mobilisation sur tous les fronts

 

À la une

Retour à la page "Moyen Orient et Monde"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants