Francis Collomp, ex-otage au Nigeria, de retour en France, le 18 novembre, après une évasion digne d'une "livre d'aventures". AFP/POOL/KENZO TRIBOUILLARD
L'ex-otage Francis Collomp, désormais libre, est arrivé lundi matin à Paris après son évasion rocambolesque au Nigeria, où il était depuis onze mois aux mains d'un groupe islamiste.
L'avion médicalisé qui le ramenait d'Abuja, capitale fédérale du pays le plus peuplé d'Afrique, en compagnie du ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a atterri vers 06H10 à l'aéroport militaire de Villacoublay, au sud-ouest de la capitale.
L'ancien otage, pardessus bleu sur une chemise à carreaux, souriant, a été accueilli à sa descente du Falcon par six proches, notamment un frère et deux soeurs, et par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. Sans faire de déclaration, l'ingénieur de 63 ans est ensuite parti avec ses proches dans un monospace escorté par des motards.
Son épouse Anne-Marie avait fêté dimanche la nouvelle avec ses proches, à La Réunion, où elle réside et où Francis Collomp a exprimé le souhait de retourner.
Entraînement physique quotidien
Après son arrivée, l'ex-otage a raconté à ses proches comment il avait échappé à ses ravisseurs.
"Il avait tout de suite dans sa tête (...) l'idée de leur fausser compagnie", a rapporté son frère, Denis Collomp, sur BFMTV. Il a minutieusement préparé son évasion "d'abord par un entraînement physique quotidien" en marchant "10 à 15 km" par jour "dans sa cellule, en rond", afin de pouvoir le moment venu "partir en courant".
Parallèlement, il a "préparé le terrain en affaiblissant le fil de fer qui verrouillait sa cellule". Puis, ce week-end, "il a profité du moment de la prière et des ablutions pour s'éclipser", tout en enfermant "ses geôliers dans leur propre geôle avant de partir, pour gagner du temps", a ajouté Denis Collomp sur i-Télé.
Dimanche, une source française proche du dossier avait expliqué que Francis Collomp s'était évadé à la faveur d'une opération de l'armée nigériane contre le groupe islamiste qui le détenait. L'enlèvement avait été revendiqué par le groupe Ansaru. Le récit du frère ne fait pas mention d'une telle opération.
Selon lui, le Français a ensuite "marché d'un pas alerte pendant 4 ou 5 km avant de trouver une moto-taxi qui l'a amené au commissariat de Zaria", ville de l'Etat de Kaduna où il était retenu ces deux derniers mois.
Comme tous les otages libérés, Francis Collomp doit être débriefé par les services de renseignement sur les conditions de sa captivité et de son évasion.
Livre d'aventures
Enlevé le 19 décembre 2012 par une trentaine d'hommes d'un groupe islamiste dans le nord du Nigeria, où il travaillait sur un projet de ferme éolienne, Francis Collomp était apparu dimanche, après son retour à la liberté, les traits tirés et très fatigué.
Selon le diplomate Didier Le Bret, qui s'était rendu au Nigeria pour le rapatrier, il est "affaibli", "a perdu 30 kilos" depuis son rapt, mais "garde un mental très solide grâce aux exercices intellectuels et physiques" pratiqués en captivité. La façon dont il a "saisi l'opportunité" de s'évader, seul, pour rejoindre un poste de police, montre selon lui à quel point il a gardé "un esprit combattif".
L'évasion de Francis Collomp, dont l'état de santé inquiétait sa famille en raison d'un triple pontage subi il y a plus de dix ans, est digne "d'un livre d'aventures", a souligné dimanche le président François Hollande.
Sept otages français dans le monde
Ce nouveau rebondissement intervient après trois semaines au cours desquelles les nouvelles heureuses et tragiques se sont succédées sur le sort des Français enlevés dans le monde.
Les quatre otages enlevés il y a plus de trois ans à Arlit, au Niger, ont ainsi été libérés fin octobre, mais quelques jours plus tard deux envoyés spéciaux de Radio France internationale (RFI), Ghislaine Dupont et Claude Verlon, ont été enlevés et tués dans le nord-est du Mali. Dans la nuit de mercredi à jeudi, le père Georges Vandenbeusch a été enlevé dans le nord du Cameroun et probablement emmené au Nigeria voisin.
François Hollande a assuré que la France continuerait "inlassablement à travailler" pour la "liberté" des sept Français encore retenus dans le monde, en Syrie, au Mali et au Nigeria.
Pour mémoire
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