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Liban - Exécutif

Le pays entame son huitième mois de crise gouvernementale

Reçu hier au palais de Baabda afin de faire le point avec le président Michel Sleiman de ses efforts visant à former son gouvernement, le Premier ministre désigné Tammam Salam a relevé sans détour qu’il est confronté à une « montagne de crises et d’obstacles » mais qu’il n’envisage pas pour autant de se récuser.

Nul ne s’attendait à une quelconque percée, ou même à quelques indications sur de possibles progrès dans les inlassables efforts déployés depuis sept mois par le Premier ministre désigné Tammam Salam en vue de mettre sur pied son équipe ministérielle. Le pays entame ainsi cette semaine son huitième mois de crise gouvernementale sans qu’une lueur d’espoir quant à un prochain déblocage ne pointe à l’horizon, si bien que l’opinion publique et les milieux politiques locaux en viennent à banaliser dans une large mesure l’impasse dans laquelle se débat M. Salam. Une impasse d’autant plus préoccupante que le Liban se trouve à un peu moins de sept mois de l’échéance présidentielle et il risque fort bien d’être confronté à une grave crise institutionnelle si d’ici là un nouveau gouvernement n’est pas mis sur pied afin qu’il puisse prendre en charge la gestion des affaires publiques au cas – qui est loin d’être improbable – où aucun accord ne se dégagerait sur l’identité du successeur au président Sleiman.


C’est dans le but de faire le point de la situation à cet égard que le Premier ministre désigné a conféré hier au palais de Baabda avec le chef de l’État. À sa sortie du palais présidentiel, M. Salam s’est adressé aux correspondants de presse pour relever d’abord que cela fait sept mois, jour pour jour, qu’il a été chargé de former le nouveau gouvernement. « À l’évidence, a-t-il précisé à ce propos, cette situation n’est nullement réconfortante pour moi, en tant que Premier ministre désigné, ni d’ailleurs pour le pays et le président qui coopère avec moi. Une montagne de crises politiques cumulées, sur le double plan interne et externe, ainsi que moult difficultés et obstacles ont entravé la formation du gouvernement. »


« Cela ne m’empêche pas personnellement de persévérer sur cette voie, à la lumière plus particulièrement de la coopération et du soutien du président de la République, et à la lumière aussi du sentiment que j’ai que la population me soutient et désire que je poursuive ma mission, a déclaré M. Salam. Les options qui s’offrent à nous ne sont pas faciles.

Nous avons le souci de ne pas tomber dans une situation qui serait un défi pour certains et qui découcherait sur une conjoncture contraire à l’intérêt du pays. Cela nous pousse à faire preuve de patience et à tenir bon. Personnellement, je ne peux que reconnaître devant vous que cette période de sept mois (qui s’est écoulée) n’est pas réconfortante et me fait assumer une lourde responsabilité et un poids énorme en tant que Premier ministre désigné, surtout à la lumière des intentions franches que j’ai annoncées dès le début quant à l’objectif que je me suis fixé depuis le premier jour, à savoir la formation d’un gouvernement d’intérêt national. Cet intérêt national continue de dicter ma conduite, et ce que nous voulons, c’est aboutir à un résultat qui suscite une détente au niveau de la population, plutôt que de crisper la situation dans le pays. »

 


La volonté populaire
Interrogé sur les critiques qui lui sont adressées par divers milieux qui l’invitent à se récuser et à céder la place à une autre personnalité s’il ne parvient pas à former le gouvernement, M. Salam a déclaré : « Si le fait de me récuser ouvrait la voie à une solution, je n’aurais pas hésité un instant. Mon parcours politique montre que je ne suis pas de ceux qui courent après les postes. Je répète une fois de plus que la tâche est difficile et ardue, mais la volonté est toujours là à mon niveau et chez le président de la République afin d’aboutir à un résultat qui servirait l’intérêt national. »


En réponse à la question d’un correspondant de presse qui soulignait que, selon certains milieux, sa décision de se récuser ou non est tributaire de la conjoncture régionale et elle ne lui revient pas à lui mais aux parties qui l’ont désigné, M. Salam a déclaré : « Il est vrai qu’un consensus s’est dégagé autour de ma nomination, et j’ai souligné par la suite qu’un tel consensus ne s’est pas maintenu. Mais je voudrais souligner que la décision de poursuivre mes efforts en vue de former le gouvernement repose en grande partie sur l’opinion que j’entends quotidiennement au niveau de la population. Là où je vais, je m’entends dire la même chose, à savoir que je ne dois pas abandonner et me récuser. Je m’entends dire que je dois tenir bon et que les espoirs sont fondés sur moi. Une telle attitude entraîne une plus grande responsabilité de ma part, mais dans le même temps, cela me pousse à ne pas prendre les choses à la légère. Cela m’incite à faire preuve de plus de patience et à avaler beaucoup de couleuvres. Mais mon objectif reste toujours l’intérêt national. »


M. Salam a par ailleurs souligné, en réponse à une question, que s’il s’était fixé un délai pour la formation du gouvernement, « nous aurions abouti à un échec et à des difficultés qui se seraient répercutés négativement sur le pays ». « Certes, dès le début, j’ai souligné mon intention de ne pas tarder à former le gouvernement, mais les intentions ne sont pas en phase avec la réalité », a-t-il affirmé.


Après avoir souligné qu’avec les jours qui passent il apparaît que « l’escalade et la confrontation s’aggravent entre les forces politiques », M. Salam a déclaré, en réponse à une question sur son entretien à Paris avec le leader du courant du Futur, Saad Hariri : « Comme ce fut le cas depuis le début, j’ai perçu de la part du président Hariri tout le soutien nécessaire, évidemment dans le cadre de ce que lui-même et le 14 Mars pensent être conforme à l’intérêt de leur orientation politique et de leur souci de préserver l’intérêt du pays. »

Nul ne s’attendait à une quelconque percée, ou même à quelques indications sur de possibles progrès dans les inlassables efforts déployés depuis sept mois par le Premier ministre désigné Tammam Salam en vue de mettre sur pied son équipe ministérielle. Le pays entame ainsi cette semaine son huitième mois de crise gouvernementale sans qu’une lueur d’espoir quant à un prochain déblocage ne pointe à l’horizon, si bien que l’opinion publique et les milieux politiques locaux en viennent à banaliser dans une large mesure l’impasse dans laquelle se débat M. Salam. Une impasse d’autant plus préoccupante que le Liban se trouve à un peu moins de sept mois de l’échéance présidentielle et il risque fort bien d’être confronté à une grave crise institutionnelle si d’ici là un nouveau gouvernement n’est...
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