Dans une interview accordée à Radio Orient, M. Gemayel a commenté les développements en cours sur la scène locale, notamment en ce qui concerne la crise gouvernementale et les poursuites engagées contre le leader alaouite de Tripoli, l’ancien député Ali Eid, chef du Parti arabe démocratique, accusé d’avoir facilité, par le biais de son chauffeur, la fuite en Syrie d’un cadre de son parti soupçonné d’être à l’origine des attentats qui ont visé il y a quelques semaines deux mosquées sunnites à Tripoli.
Évoquant ce dernier point, Nadim Gemayel a rendu hommage à la justice libanaise, soulignant que la décision d’engager des poursuites contre Ali Eid est une « décision extrêmement
courageuse ». Il a toutefois déploré que le régime syrien s’emploie à protéger la personne (M. Eid) qui « exécute le plan visant à provoquer la ruine de Tripoli et du Liban-Nord, à l’instigation du régime de Damas ». « Le clivage au Liban a dépassé le cadre qui avait été atteint en 1975, a relevé à ce propos le député Nadim Gemayel. Certains Libanais ne veulent pas d’un retour à la guerre (interne) et continuent de miser sur l’armée, l’État et la coexistence. C’est cela qui empêche l’effondrement du pays et l’affrontement direct » entre les factions adverses.
M. Gemayel a toutefois souligné qu’« il est clair que certaines composantes du 8 Mars cherchent à déclencher une guerre interne ». Il a fait état à ce sujet d’une « décision syrienne d’embraser la scène libanaise, dans le prolongement des affrontements en Syrie ». « Certaines factions libanaises sont cependant conscientes d’un tel plan et refusent de se laisser entraîner dans la guerre civile, ce qui empêche
l’exécution du projet syrien. »
Les armes du Hezbollah
Interrogé sur la position du leader du PSP Walid Joumblatt qui souligne la nécessité d’accepter, dans le contexte présent, les armes du Hezbollah comme un fait accompli, Nadim Gemayel a déclaré : « Nous ne pouvons agréer une situation anormale. Le problème des armes ne saurait être occulté et nous ne pouvons pas donner notre aval à l’existence de cet arsenal militaire. Et de la même façon que nous rejetons les armes du Hezbollah et les manœuvres d’intimidation auxquelles se livre ce parti, nous refusons aussi que le Hezbollah impose ses conditions au niveau de la formation du gouvernement. »
En conclusion, M. Gemayel a exhorté le président Michel Sleiman et le Premier ministre désigné Tammam Salam à former un gouvernement dans les délais les plus brefs afin d’éviter que le pays ne tombe entre les mains de ceux qui veulent « vider les institutions de leur essence ».

