Hussein Moussaoui, Khaled Daher, Ali Osseirane, Mohammad Hajjar, Marwan Farès, Ali Khreiss, Farid el-Khazen, Nidal Tohmé, Ali Fayad, Bahia Hariri et Samy Gemayel... La liste des députés formant la commission parlementaire de l’Éducation n’est vraiment pas réduite. À la parcourir, on se demanderait s’il était nécessaire d’y faire figurer autant de députés pour un dossier qui n’a jamais été une priorité dans un pays régulièrement secoué par les incidents sécuritaires.
Mais l’éducation reste, tout compte fait, une nécessité nationale, et il serait bon de le rappeler aux membres de cette même commission, qui en quatre ans n’ont pas fait grand-chose pour réformer le secteur. Et en dépit de cette piètre performance, ces mêmes membres s’apprêtent à être réélus aujourd’hui à leurs postes, présidés par Bahia Hariri, qui a récemment avoué sans complexe avoir manqué à son rôle de parlementaire en refusant son salaire de députée.
Toutefois, il convient d’éviter les généralisations infondées. Ainsi, Samy Gemayel assure avoir fait de son mieux durant ces quatre dernières années. Après avoir réussi à faire avaliser au Parlement le projet de loi qu’il a présenté, et qui a permis aux élèves des écoles publiques de se fournir en livres scolaires gratuitement, le député des Kataëb lance aujourd’hui une initiative qu’il qualifie de « solidarité sociale ». Dans un entretien accordé à L’Orient-Le Jour, Samy Gemayel explique l’intérêt du projet qu’il entreprend en initiative personnelle en tant que député.
« Il s’agit d’une initiative de solidarité sociale entre toutes les composantes de la société : les étudiants, les parents, les universités et les écoles, pour tenter de soutenir les personnes qui n’ont pas les moyens de financer leur éducation à l’école ou à l’université, explique-t-il. Nous vivons une période pas très normale au niveau économique où la récession sévit. Le chômage augmente de façon considérable, les revenus sont de plus en plus maigres et à l’heure où les frais des études devraient être allégés, ils augmentent à chaque rentrée d’un taux allant parfois jusqu’à 30 %. » Selon le député, de nombreuses familles l’ont sollicité pour agir à ce niveau il y a quelques mois, ce qui l’a poussé à se réunir avec les directeurs et recteurs de nombreux établissements scolaires et universitaires, pour tenter d’élaborer un projet de soutien à ceux qui en ont besoin.
« Les directeurs des établissements affirment que la compétition est rude dans le domaine et qu’ils se voient contraints de payer aux professeurs des salaires exorbitants pour maintenir le niveau pédagogique, ce qui se reflète sur les frais de scolarité », précise le député, visiblement peu convaincu, et qui affirme qu’il ne manque pourtant pas d’idées et qu’il compte se réunir bientôt avec certains acteurs du secteur privé pour élaborer une formule adéquate avec les universités et écoles, pour soutenir financièrement les jeunes Libanais.
« De nombreuses universités ou banques proposent des systèmes d’emprunt aux étudiants, mais peu en bénéficient actuellement à cause des conditions strictes que doivent remplir les candidats pour obtenir une telle aide, ajoute Samy Gemayel. Il est temps de trouver des substituts. »
Le problème de l’UL et des écoles publiques
Derrière la crise économique, l’essence du problème éducatif demeure, pour le député, liée aux multiples défauts des établissements publics. « Si l’Université libanaise était capable d’accepter tous les étudiants qui aimeraient y faire leurs études, et qu’elle ne choisissait pas ses étudiants sur concours, nous n’aurions pas fait face à ce problème financier au niveau universitaire. Mais l’UL est incapable de comprendre tout ce monde », ajoute-t-il. Et de poursuivre : « Les écoles publiques témoignent aussi de problèmes divers. Le gaspillage de fonds pour payer les salaires d’enseignants contractuels inutiles qui n’offrent aucun cours, l’entretien désastreux des bâtiments et le niveau éducatif médiocre de certains professeurs non diplômés ternissent la réputation de ces institutions, ce qui dissuade les parents d’y inscrire leurs élèves et font empirer le problème économique. » « Le ministère de l’Éducation bénéficie d’un des budgets les plus importants parmi tous les portefeuilles ministériels et il est inadmissible de ne pas rénover le système éducatif public », conclut M. Gemayel, qui s’apprête, par ailleurs, à voir soumis au vote de la Chambre demain deux projets de loi qu’il a lui-même proposés. Le premier, élaboré l’an dernier, vise à indemniser les familles des victimes civiles tombées dans les attentats et le second traite du dossier épineux de la vente de terrains aux étrangers, et propose de geler toutes les transactions de vente en attendant que les députés avalisent une loi à ce sujet.
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