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La Fondation May Chidiac réunit le Tout-Beyrouth pour son gala annuel

Événement La cérémonie, célébrée pour la troisième année consécutive et visant à collecter des fonds pour l’institut média May Chidiac, a récompensé quatre brillants journalistes : Pierre Sadek, Giles Dulay, Ghada Oueiss et Ibrahim Issa.
18/09/2013

En fondant, le jour du quatrième anniversaire de sa tentative d’assassinat, la Fondation May Chidiac (MCF) et l’institut média qui lui est affilié, la journaliste de renom espérait offrir à une toute nouvelle génération de journalistes un environnement adapté pour défendre la liberté d’expression et développer leurs talents, pour les préparer à donner le meilleur d’eux-mêmes au sein d’une industrie en perpétuel mouvement.


Depuis, l’institut média May Chidiac, à but non lucratif, a permis à plus de 200 individus passionnés de journalisme de suivre des formations variées, organisant de temps à autre des congrès au grand public. Parmi ceux-ci, le très acclamé congrès autour de la « Liberté d’expression et des médias sociaux », organisé en décembre 2012, et celui traitant des « Femmes sur les lignes de front », célébré en mars dernier. Et c’est lundi soir, au Skybar de Beyrouth, que s’est tenu le rendez-vous annuel de la fondation, au cours duquel la cérémonie de remise des prix aux journalistes qui ont marqué le métier lors de l’année 2013 a eu lieu.


L’événement, parrainé par la Première dame Wafa’ Sleiman, représentant le président Michel Sleiman, a réuni de nombreuses figures politiques, médiatiques, journalistiques ou encore artistiques. L’ancien Premier ministre Fouad Siniora, le chef du Parti national libéral Dory Chamoun, le ministre sortant de l’Information Walid Daouk, le vice-président de la Chambre Farid Makari, les députés Ammar Houri, Ahmad Fatfat, Nabil de Freige et Nadim Gemayel étaient aussi présents, ainsi que le député Jean Oghassabian représentant l’ancien Premier ministre Saad Hariri, le président du Mouvement de l’indépendance Michel Moawad, et Mmes Lama Tammam Salam, Mona Élias Hraoui et Nayla René Moawad.


Dans son discours de bienvenue, May Chidiac a remercié tous ceux qui ont soutenu la fondation, réitérant la volonté de cette dernière de « lancer une nouvelle génération de journalistes cultivés qui soient soucieux de respecter l’éthique journalistique et qui sachent maîtriser les nouveaux outils de communication ». « Où qu’ils soient, les journalistes sont exposés aux dangers s’ils sont des amoureux de la liberté et de fervents chercheurs de la vérité », a-t-elle ajouté, affirmant que « les journalistes sont toujours persécutés au Liban et dans le monde arabe ». Et de poursuivre : « Nous n’avons pas changé nos habitudes à la Fondation May Chidiac et nous ne les changerons pas. Nous sommes toujours attachés au courage et à la liberté d’expression, garanties de la démocratie et de l’édification de la patrie à laquelle nous rêvons depuis des lustres dans cette région du monde, et nous n’accepterons pas que notre sécurité et notre indépendance en tant que journalistes soient un don de quelqu’un. »



Standing ovation pour Giles Dulay
La cérémonie de remise des prix, présentée par Rémy Derbas Sleiman, de la LBCI, a débuté par un fervent hommage au caricaturiste libanais décédé il y a quelques mois, Pierre Sadek, qui a reçu le prix spécial Antoine Choueiri pour l’ensemble de sa carrière. Ce dernier a été réceptionné par son épouse Hanane Sadek, remis par Wafa’ Sleiman et Pierre Antoine Choueiri, et présenté par Marie-Christine Saragosse, PDG de l’Audiovisuel extérieur de la France, qui a estimé depuis Paris dans une intervention filmée que ce prix constitue « une magnifique reconnaissance morale pour son lauréat ». Ce prix, qui porte à titre exclusif le nom d’Antoine Choueiri, vise à remercier l’homme qui a été l’un des premiers à encourager la formation de la Fondation May Chidiac.


C’est ensuite le ministre Walid Daouk et la directrice exécutive de l’Institut de presse international, Alison Bethel McKenzie, qui ont remis le prix de l’engagement journalistique à la journaliste Ghada Oueiss, qui travaille actuellement à la chaîne de télévision al-Jazira. « L’on dit que les grands hommes sont ceux qui font sentir aux gens autour d’eux qu’ils sont tout aussi grands. May Chidiac, tu es grande. Tu as porté ta croix et, en véritable rédemptrice, tu nous as sauvés », a déclaré Ghada Oueiss, avant que le prix MCF pour le courage en journalisme soit décerné à Giles Duley, photographe britannique qui a perdu une jambe et une main en couvrant les incidents d’Afghanistan en 2011. M. Duley y est retourné en 2012 pour poursuivre son travail, malgré ses blessures. Le prix a été présenté par Christophe Deloire, chef de Reporters sans frontières, lors d’une allocution retransmise depuis Paris sur grand écran, et le prix a été remis par l’homme d’affaires égyptien Naguib Sawiris, qui vient de faire partie du conseil consultatif de la Fondation May Chidiac.


« May Chidiac m’a appris que l’on peut surmonter ses blessures. Ils peuvent nous blesser, nous défigurer, mais ils ne peuvent s’accaparer nos idées », a affirmé Giles Dulay, salué par une standing ovation en franchissant tant bien que mal la scène du Skybar aux côtés de May Chidiac. « Je me demandais comment j’allais recevoir un prix pour mon courage, alors que je suis constamment effrayé. Mais l’on m’a dit que le courage consiste à faire ce que l’on estime correct, même quand on a peur », a-t-il ajouté.


C’est finalement l’ambassadeur d’Égypte au Liban, Achraf Hamdi, et Mogens Schmidt, vice-directeur général pour la communication au sein de l’Unesco, qui ont remis au présentateur télé égyptien Ibrahim Issa le prix de la performance audiovisuelle exceptionnelle. M. Issa, qui critique à travers son émission Houna al-Kahira (Ici Le Caire) l’exercice du pouvoir des Frères musulmans, a salué « le réseau médiatique égyptien qui a été le premier à renverser un président ». « Nous avons effectivement déchu deux présidents en Égypte et nous sommes prêts pour le troisième », a-t-il clamé.
La cérémonie de remise des prix a par ailleurs été suivie par une vente aux enchères d’œuvres d’art et de bijoux au profit de la Fondation May Chidiac et par un show musical varié. Présenté par Miss Liban 2008, Rosarita Tawil, et Monsieur Liban 2005, l’acteur Wissam Hanna, il a réuni la chanteuse égyptienne et ex-star académicienne Lara Scandar, la star de The Voice France Anthony Touma et la chanteuse à succès Maya Diab. De leur côté, Wissam Hanna et Rosarita Tawil, finalistes acclamés de l’émission Dancing with the Stars, ont dansé en couple sur la scène du Skybar, avant d’être rejoints par May Chidiac et ses camarades qui ont dansé au rythme du tube de l’été, C’est la vie, de Cheb Khaled.

 

 

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