Le nouveau Premier ministre d'Australie, Tony Abbott, a nommé une seule femme dans son gouvernement. Mark Graham/AFP
Le nouveau Premier ministre d'Australie a dévoilé lundi son gouvernement, s'attirant une volée de bois vert pour n'avoir nommé qu'une seule femme à un poste de ministre.
Tony Abbott, largement vainqueur des élections de début septembre, a nommé Julie Bishop, vice-présidente du parti libéral (conservateur), ministre des Affaires étrangères.
"Je suis bien évidemment déçu qu'il n'y ait pas plus de femmes dans le gouvernement", a déclaré à la presse Tony Abbott, à la tête d'une coalition dominée par les conservateurs. Lorsqu'il était dans l'opposition, M. Abbott avait essuyé à plusieurs reprises les railleries du Premier ministre d'alors, Julia Gillard, qui lui reprochait sa misogynie et son sexisme."Nous avons néanmoins quelques femmes très douées et très talentueuses qui frappent à la porte du gouvernement" et "je pense donc qu'on peut s'attendre à voir, dans l'avenir, de plus en plus de femmes au gouvernement", a assuré le Premier ministre.
"Le gouvernement d'Afghanistan compte désormais plus de femmes que celui d'Australie", a noté le dirigeant par interim du parti travailliste (Labour) Chris Bowen.
Pour Sue Boyce, sénateur et affiliée au parti libéral, la composition du nouveau gouvernement dénote "un problème systématique dans notre parti", où les femmes ont du mal à être promues. "Il est dommage que ce chiffre choquant et gênant ternisse de manière durable la formidable victoire" du 7 septembre, a-t-elle souligné dans un communiqué.
M. Abbott, 55 ans, a succédé au travailliste Kevin Rudd. Il avait déclaré après sa victoire que l'Australie passait "sous une nouvelle direction" et avait promis de mettre en place "un gouvernement digne de confiance et compétent" qui tiendrait les engagements pris par l'opposition pendant la campagne.
Les deux mandats du Labour (de trois ans) ont été marqués par des luttes intestines, qui ont lassé les Australiens. Kevin Rudd a été Premier ministre de 2007 à 2010 avant d'être poussé dehors sans ménagement par sa propre formation, fatiguée de son caractère difficile, et remplacé aussitôt par Julia Gillard.
Celle-ci, première femme à devenir chef de gouvernement en Australie, a été à son tour renversée par ses alliés en juin dernier, en raison de sondages catastrophiques, et remplacée par... Kevin Rudd.
Lors de cette campagne, Tony Abbott, réputé pour ses gaffes, a su polir son image et tenir sa langue, à quelques exceptions près. Il a en outre bénéficié du soutien du groupe de presse de Rupert Murdoch, largement dominant en Australie.
Il a promis d'abolir la taxe carbone que doivent payer les plus gros pollueurs du pays, instaurée par les travaillistes, de payer six mois de congés maternité aux futures mères, tout en réalisant des milliards de dollars australiens d'économie.
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