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À La Une - Festival De Jounieh

Michel Sardou : Ça fait longtemps qu’on se connaît !

Toujours aussi généreux sur scène, Michel Sardou a assuré deux heures quinze minutes de concert non-stop au stade Fouad Chéhab samedi soir.

Entouré de ses musiciens et choristes, Michel Sardou continue de mettre ses tripes sur scène.

Avec Michel Sardou « ça fait longtemps qu’on se connaît », comme il le fredonne dans Salut, sa belle, son émouvante chanson de clôture. Normal, en près de cinq décennies de carrière, ses tubes ont accompagné nombre d’entre nous. Entre coups de gueule et déclarations passionnées, ils ont ponctué les grands moments de notre vie : amours, amis, révoltes, émotions... Sa voix puissante, son éternel air renfrogné, son intransigeance artistique, ont tissé, au fil des années, avec son public, une intimité particulière. 


Michel Sardou, ce sont des titres, des refrains que tout francophone de plus de 30 ans ne peut que connaître ! Ce sont des mots enflammés, des airs puissamment scandés inscrits dans la mémoire collective de plus d’une génération (des 40 aux 60 ans) et qui, au détour de quelques notes, à l’occasion d’un moment d’émotion, se ravivent brusquement, reviennent spontanément, sur les lèvres de chacun d’entre nous.
Alors, lorsque ce grand monsieur de la chanson française en tournée internationale depuis près d’un an passe au Liban, dans le cadre du Festival de Jounieh, pour nous faire partager ses Grands Moments, un bouquet de ses plus grands succès, ses fidèles répondent évidement présent ! 


Pour son troisième rendez-vous libanais, plus de 5000 personnes avaient rempli les gradins du stade Fouad Chéhab. Dont on pouvait compter plus de la moitié de véritables fans, l’autre partie semblant moins le connaître.
Et force est de constater que depuis la dernière fois qu’on l’avait vu en concert à l’Hippodrome de Beyrouth, en 1998, le temps a fait son œuvre. Le cheveu, cette fois, totalement blanchi; le costume plus classique sur chemise blanche ; le souffle parfois court, Michel Sardou accuse les années et ne s’en cache pas. Il prévient d’emblée que réussir à tenir la scène plus de deux heures d’affilées à son âge (66 ans) est déjà une gageure. Un défi qu’il relèvera avec passion, avec cette honnêteté qui le caractérise, mais aussi avec une certaine dose d’autodérision. Ce que Sardou a – forcément! – perdu avec l’âge au niveau de la montée en puissance de la voix – qui garde quand même sa belle gravité –, il le compense par une plus grande complicité avec le public, auquel il s’adresse fréquemment, sur le ton de l’humour. Lui confiant, à demi-mot, sa nature « crémeuse » sous une carapace grincheuse, ses rapports avec Claude François et la genèse de Comme d’habitude, célébrissime tube qu’ils ont en commun, ses mauvais choix musicaux ou encore la tendresse qu’il voue à son père! 


Une attitude plus détendue qui va le porter à entonner, entre deux de ses propres tubes, L’aigle noir de Barbara parce qu’il en a envie et que c’est une chanson évocatrice pour lui de certains souvenirs, dit-il.
Mais en matière de souvenirs, c’est lui qui en a ravivé de nombreux dans le cœur du public, ce soir-là, en interprétant ses tubes les plus marquants.  Un florilège de ses airs les plus connus, depuis Maladie d’amour, qu’il entonne en premier jusqu’au Lacs du Connemara qu’il gardera pour le bis final. 


Entre les deux, accompagné de ses musiciens et choristes, il alternera les chansons denses, engagées, coups de poings qui ont fait sa notoriété, comme Rouge, Vladimir Ilitch, J’accuse, France ou encore Les Ricains avec des morceaux d’une tendre nostalgie, qui signent également son style, à l’instar de Je vole (réclamée avec impatience par les plus jeunes), Je vais t’aimer, Les vieux mariés, Il était là dans son fauteuil, Cette fille aux yeux clairs, ces deux derniers titres d’une magnifique sensibilité dédiés respectivement à son père et à sa mère.
Il interprétera également des morceaux plus légers comme La Java de Broadway, Les bals populaires... Mais c’est sur Musulmanes dans lequel il évoque les cèdres du Liban et les fameux Être une femme et En chantant qu’il fait s’enflammer et chanter le public.
Un public qui, majoritairement, gardera de cette soirée le sentiment de retrouvailles nostalgiques avec l’un des derniers grands de la chanson française. 


Et un concert dont il faut saluer les exceptionnelles qualités d’organisation au niveau de la gérance des parkings, le soin apporté à la scène, à la netteté des images retransmises sur les deux grands écrans latéraux mais dont il faut signaler une certaine défaillance au niveau de la sonorisation, à améliorer pour les performances des artistes à venir.

 

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