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Portrait

Ahmad el-Assir, l'imam radical devenu l'ennemi de l'armée libanaise

Qui est ce cheikh salafiste qui a fait plonger Saïda dans des violences meutrières ?

Le cheikh salafiste Ahmad el-Assir. Photo d'archives/AFP

Le cheikh salafiste Ahmad el-Assir s'est fait connaître grâce à sa violente rhétorique contre le Hezbollah, avant de s'embarquer dans une aventure meurtrière contre l'armée sans le soutien effectif de sa communauté sunnite.

Dimanche ses partisans armés s'engagent dans des combats meurtriers avec les soldats qui ont réussi lundi à prendre le contrôle de son QG et de la mosquée Bilal ben Rabah à Abra, dans la banlieue de Saïda, la grande ville du Sud, où l'imam Assir dirige de longue date la prière.

 

Parfait inconnu avant le début en 2011 de la révolte en Syrie, cheikh Assir doit sa notoriété à ses diatribes véhémentes, tant contre Damas et son allié libanais, le Hezbollah, que contre l'armée qu'il accuse de ne pas réagir face à l'implication du mouvement chiite en Syrie.

Lors de chacun des coups d'éclats mené par ses hommes --des centaines, selon les experts--, il assure agir pour soutenir les sunnites. Après avoir mobilisé pour bloquer des routes au Liban, il a récemment exhorté ses coreligionnaires à s'engager dans le "jihad" (guerre sainte) en Syrie.


Aîné de cinq enfants, il commence à prêcher en 1989 et ouvre sa propre mosquée dans un ancien garage. Lundi, il a promis d'y rester "jusqu'à la dernière goutte de sang", selon son frère Amjad.


En mars 2012, ce natif de Saïda à la barbe fournie appelle à manifester en soutien à l'opposition syrienne, alors aux prises depuis un an avec les troupes syriennes qui répriment une révolte populaire devenue conflit armé.

Il devient dès lors un phénomène médiatique dans le pays profondément divisé entre partisans et opposants du régime syrien, ancienne puissance tutélaire de son petit voisin.


Lui, dont la mère est chiite, ne mâche pas ses mots à l'encontre de cette communauté avec pour bête noire le Hezbollah qu'il a pourtant un temps soutenu dans son combat contre Israël, selon sa soeur Nohad.

Il cultive alors un discours sectaire, virulent et souvent cru.

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Lors d'un sit-in, il dénonce "le criminel Bachar (el-Assad, le président syrien) et ses cochons de miliciens" ainsi que l'Iran et la Russie, alliés indéfectibles de Damas, qu'il qualifie de "meurtriers buveurs de sang".


Appelant à une "véritable Intifada" contre le Hezbollah, il accuse son chef Hassan Nasrallah de comploter avec l'Iran "pour nous égorger et violer nos femmes".

Il crée régulièrement l'événement et alimente la frénésie médiatique. C'est sous l'oeil des caméras qu'il se rend dans la montagne libanaise où il déclare dans la neige aux côtés d'une de ses deux épouses en voile intégral : "Nous aussi, nous aimons la vie".

Sa soeur Nohad le décrit à l'AFP comme "quelqu'un de sociable qui aime jouer avec les enfants".

Selon des habitants, il bénéficie des financements de chefs d'entreprises et de commerçants locaux et peut se targuer de compter parmi ses partisans Fadl Chaker, un célèbre artiste libanais qui a renoncé aux airs romantiques pour se consacrer au chant religieux.

Mais même dans sa ville de Saïda, à majorité sunnite, ce père de trois garçons âgés de 17 à 21 ans peine toujours à se créer une base populaire solide.

Les récents événements au cours desquels ses partisans armés ont tué plusieurs soldats et créer une véritable guérilla urbaine, forçant des dizaines de familles à la fuite, lui ont valu des condamnations tant au Liban qu'hors du pays.

Pour sa soeur, ce peu de soutien est dû aux politiciens libanais qui l'ont "isolé" et "ont tous travaillé contre lui".

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