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À La Une - Asie

Singapour étouffe dans une pollution "dangereuse", l'Indonésie tente de faire pleuvoir

La cité-Etat touchée par l'épaisse fumée que lui envoie Sumatra, où la culture sur brûlis est encore largement pratiquée.

Singapour par temps clair (le 13 avril dernier), et Singapour en situation de pollution grave (le 20 juin)... AFP/FILES/ROSLAN RAHMAN

La pollution à Singapour, provoquée par des feux de forêts dans l'Indonésie voisine, a atteint vendredi un niveau "dangereux", poussant Jakarta à recourir aux moyens extrêmes, comme l'ensemencement de nuages dans l'espoir de faire tomber une pluie providentielle.

 

L'indice de pollution à Singapour a atteint les 400 vendredi à 11h00 (03h00 GMT), ce qui "peut représenter une menace pour la vie des malades et des personnes âgées", a indiqué l'agence gouvernementale de la qualité de l'air.

Ce niveau marque un nouveau record historique de pollution, en augmentation constante depuis plusieurs jours: l'indice avait atteint 371 jeudi et 321 dans la nuit de mercredi à jeudi. Tout indice supérieur à 300 est considéré comme "dangereux" pour la santé des quelque 5,3 millions d'habitants de la cité-Etat, où les gratte-ciels de verre et d'acier du centre d'affaires étaient perdus dans une fumée à l'odeur âcre.

 

Les Singapouriens, souvent considérés comme des obsédés de la propreté et de la santé publique, se ruaient chez leur docteur.

Philip Koh, médecin de famille, a ainsi observé une hausse de 20% de patients dans son cabinet au cours de la semaine écoulée. Selon lui, 80% de ces malades souffrent de problèmes liés à la pollution.

"C'est déjà élevé, à 400. Jusqu'à où ça va monter ? ", se demande le médecin, précisant que les stocks de masques jetables de sa clinique étaient presque épuisés.

 

Chaque année à la même période, la petite île de Singapour étouffe sous l'épaisse fumée que lui envoie l'île indonésienne voisine de Sumatra, où la culture sur brûlis est encore largement pratiquée. Mais le problème atteint cette fois-ci des proportions historiques, provoquant une guerre des mots entre l'Indonésie et Singapour.

 

 

Les pompiers tentent d'éteindre un incendie aux environs de Pekanbaru, dans la province indonésienne de Riau. REUTERS/Azwar

 

Le ministre singapourien de l'Environnement, Vivian Balakrishnan, est arrivé vendredi matin à Jakarta, après avoir la veille exhorté les autorités indonésiennes à agir "de manière décisive et urgente". Mais à Jakarta, Agung Laksono, le ministre indonésien responsable de la lutte contre les feux de forêts, a répondu très sèchement, estimant que Singapour "devrait cesser de se comporter comme un enfant et de faire tout ce bruit". Le ministre a par ailleurs renvoyé la balle à la cité-Etat, évoquant la possibilité que les feux de forêts aient été allumés par certaines grosses plantations de palmiers à huile singapouriennes et malaisiennes qui ont d'importantes concessions sur l'île de Sumatra.

 

 

Une femme se protège de la pollution avec une serviette, à Muar, en Malaisie.REUTERS/Bazuki Muhammad 

 

 

L'Indonésie n'en a pas moins redoublé d'efforts. Lors d'une réunion d'urgence jeudi soir, le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono a ordonné "la mobilisation immédiate des ressources du pays".

Face à la difficulté qu'ont les pompiers à éteindre les incendies, dont les foyers sont souvent localisés dans la tourbière qui forme le sol de la jungle, les autorités ont décidé de recourir à des moyens originaux comme la création de pluie artificielle. Deux hélicoptères ont décollé vendredi matin afin d'ensemencer les nuages au-dessus de la province de Riau, où les feux de forêts sont localisés, a indiqué le porte-parole de l'Agence nationale des catastrophes, Sutopo Purwo Nugroho.

La technique consiste à larguer de vastes quantités de produits chimiques dans les nuages afin de provoquer la formation de cristaux de glace qui accélèrent l'éclatement d'averses.

 

Seule cette pluie providentielle semblait en mesure de venir à bout des incendies qui s'étendent sur des centaines d'hectares. Le Premier ministre de Singapour, Lee Hsien Loong, a averti jeudi que le pic de pollution pourrait durer "plusieurs semaines".

 

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L'indice de pollution à Singapour a atteint les 400 vendredi à 11h00 (03h00 GMT), ce qui "peut représenter une menace pour la vie des malades et des personnes âgées", a indiqué l'agence gouvernementale de la qualité de l'air.
Ce niveau marque un nouveau record historique de pollution, en augmentation constante depuis plusieurs jours: l'indice avait atteint 371 jeudi et 321 dans la nuit de mercredi à jeudi. Tout indice supérieur à 300 est considéré comme "dangereux" pour la santé des quelque 5,3 millions d'habitants de la cité-Etat, où les gratte-ciels de...
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