X

À La Une

Colonies : Israël va construire un millier de logements à Jérusalem-Est

Israël "Les dernières décisions du gouvernement israélien détruisent réellement et officiellement les efforts de Kerry", affirme Erakat.
olj.com/AFP
30/05/2013

Israël va construire un millier de logements pour des colons à Jérusalem-Est occupé, un geste qui risque d'entraver sérieusement la tentative de Washington de relancer le processus de paix, a annoncé mercredi à l'AFP l'observatoire anticolonisation Terrestrial Jerusalem.

 

Selon l'observatoire, Israël va construire 300 logements dans la colonie de Ramot et 797 autres unités vont être proposées à la vente dans l'implantation de Gilo, à proximité de la ville palestinienne de Bethléem, en Cisjordanie.

 

Ces développements, dont les plans avaient été approuvés à la fin 2012, se produisent moins d'une semaine après une nouvelle visite du secrétaire d'Etat américain, John Kerry, dans la région pour tenter de redémarrer les négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens bloquées depuis septembre 2010. Ils surviennent alors que le gouvernement de Benjamin Netanyahu semble observer depuis plusieurs mois un "gel de facto" de la colonisation condamnée par les Etats-Unis et la communauté internationale. Il a récemment suspendu les appels d'offres pour la construction de logements dans les colonies.

 

Le directeur de Terrestrial Jerusalem, Danny Seidemann, a affirmé que l'annonce de la construction de ce millier de nouveaux logements provenait du ministre du Logement Uri Ariel, un colon, numéro deux du parti nationaliste religieux Foyer juif, ou de son entourage, et visaient à "forcer la main de Netanyahu". "Cela ne veut pas dire que le gel est terminé, mais cela signifie que le ministre du Logement de Netanyahu s'efforce de parvenir à ce résultat", a analysé M. Seidemann.

 

Tzipi Livni, ministre de la Justice, avait affirmé, le 23 mai à la radio publique, l'existence de "divergences idéologiques au sein du gouvernement" sur la question des nouvelles implantations. La coalition gouvernementale, au pouvoir depuis quelques semaines, comprend le Foyer juif, partisan de la poursuite de la colonisation israélienne en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, tout comme une importante fraction du Likoud, le grand parti de la droite nationaliste dirigé par M. Netanyahu.

Le ministre des Finances Yaïr Lapid, sorti grand vainqueur des élections de janvier sous une étiquette centriste, a lui aussi adopté des positions proches des faucons du gouvernement. Son parti Yesh Atid ("Il y a un avenir) a ainsi exclu un gel de la colonisation réclamé par les Palestiniens et toute concession sur Jérusalem-Est. M. Lapid préconise un accord "intérimaire" sur des frontières temporaires plutôt qu'un traité en bonne et due forme sur la création d'un Etat palestinien.

 

Selon Mme Livni, l'impasse des négociations depuis près de trois ans "ne sert que ceux qui pensent que chaque jour qui passe permet de s'installer sur un terrain (en Cisjordanie) de construire une nouvelle maison (dans une colonie) et qu'ainsi il est possible d'empêcher un accord". "Mais cette position ne correspond pas à la position majoritaire de la population israélienne", estime-t-elle.

 

Les colonies de Ramot et Gilo sont situées à Jérusalem-Est, le secteur à majorité arabe de la Ville sainte, occupé et annexé par Israël depuis juin 1967.

Aux yeux de la communauté internationale, cette annexion est illégale, de même que toutes les colonies israéliennes dans les Territoires palestiniens occupés, qu'elles aient ou non été autorisées par le gouvernement israélien.

 

"Nous considérons que les dernières décisions du gouvernement israélien détruisent réellement et officiellement les efforts de M. Kerry" pour relancer le processus de paix, a déclaré à l'AFP le négociateur palestinien Saëb Erakat, qui a accusé Israël d'avoir un "plan qui comporte le renforcement de la colonisation, le déplacement des citoyens et des attaques de colons contre les terres palestiniennes".

 

La direction palestinienne exige pour reprendre les négociations un gel total de la colonisation israélienne. M. Netanyahu rejette toute "condition préalable" aux pourparlers.

 

 

Lire aussi

John Kerry, brasseur de vent, le point de Christian Merville

 

Pour mémoire

Peres : La solution c’est deux États, vivant dans la paix et la dignité

À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les signatures du jour

Un peu plus de Médéa AZOURI

L’arnaque

Les + de l'OLJ

1/1

Le Journal en PDF

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'OLJ vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants