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Témoignage

A Qousseir, « les rebelles ont tout miné, même les réfrigérateurs... »

Des combattants du Hezbollah racontent la bataille ardue de Qousseir...

Funérailles d'un combattant du Hezbollah tué à Qousseir, dans le centre de la Syrie. Photo AFP

Les forces syriennes, appuyées par des combattants du Hezbollah, auraient pris le contrôle d'à peu près les deux-tiers de Qousseir, dans le centre de la Syrie, et chercheraient désormais à déloger les rebelles de leurs derniers bastions. Mais elles ont payé pour cela un prix élevé en raison de la résistance acharnée des opposants au régime de Bachar el-Assad.

 

Un combattant du Hezbollah engagé dans la bataille a confié à Reuters que l'avancée des troupes loyalistes était laborieuse. « Nous sommes dans la seconde phase de notre plan d'attaque mais notre progression est très lente et difficile. Les rebelles ont tout miné, les rues, les maisons. Même les réfrigérateurs sont piégés », a-t-il dit.

 

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Dimanche, le Hezbollah, allié indéfectible du régime de Bachar el-Assad, est entré dans ce bastion de la rébellion proche du Liban, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Selon une source proche du Hezbollah, les combattants ont été divisés en 17 groupes de 100 et ont investi la ville par l’est, le sud et l’ouest. Le contrôle de Qousseir est essentiel pour les rebelles, car cette ville de 25 000 habitants se trouve sur le principal point de passage des combattants et des armes en provenance et en direction du Liban. La ville est également stratégique pour le régime car elle est située sur la route reliant Damas au littoral, sa base arrière.

 

« Le premier jour, nous avons avancé à travers les ruelles vers le centre de Qousseir, puis brusquement, les rebelles nous ont attaqués par derrière », raconte à l'AFP Hassan, un artilleur du Hezbollah.


Rentré mercredi soir à Baalbeck, après trois jours sur le champ de bataille, ce combattant du Hezbollah a appris que son père Ali, 43 ans, parti le même jour que lui à Qousseir était mort de deux balles dans la poitrine. « Nous ne voyions aucun combattant, nous avions l’impression qu’il n’y avait personne », raconte ce guerrier de 18 ans, encore en treillis avec son arme à la main et le foulard du Hezbollah sur les épaules. « Quand nous sommes arrivés aux deux tiers de la ville, vers le nord, ils sont sortis des tunnels et ont tiré sur nous. Nous avons eu beaucoup de morts et de blessés, tous par des balles dans le dos », explique-t-il.

 

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« Ils étaient des centaines, très organisés, très bien armés. Ils tiraient avec des balles à fragmentation. Ils nous a fallu du temps pour les éliminer », ajoute Hassan. Le Hezbollah a perdu 104 combattants en huit mois dans la guerre en Syrie, selon l’OSDH, alors qu’une source au sein du mouvement chiite avait comptabilisé 75 morts durant la même période. Le responsable du bureau de communication du Hezbollah, Ibrahim Moussaoui, a apporté un démenti sans pour autant fournir de chiffres. « Il fallait fouiller chaque maison ou la raser. Certains tunnels ont été détruits, mais il en reste encore, et des rebelles sont toujours dedans », ajoute Hassan. Selon lui, le plus ardu reste à faire pour le Hezbollah : prendre le nord de la ville où sont retranchés la majorité des combattants et des habitants qui n’ont pas encore fui. « C’est très dur et difficile de prendre ce dernier secteur. Il y a des tireurs embusqués partout. Cela va nous coûter cher, mais nous allons le prendre », dit-il déterminé.

 

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Son père est mort au premier jour des combats. « Nous n’étions pas au même endroit, mais je peux vous dire que j’avais un pressentiment, un poids sur la poitrine. Je pensais tout le temps à lui », confie-t-il, avant de pleurer. Mais rapidement, il se reprend. « Il faut être fort. Je dois désormais m’occuper de ma mère et de ma sœur, puis il faut repartir au combat pour achever ce que nous avons commencé. »


Dans la maison, sa mère, Oum Hassan, 45 ans, se souvient de leur départ au combat. « Quand mon mari a quitté la maison, je ne lui ai pas dit au revoir », dit-elle, car elle avait le pressentiment qu’elle ne le reverrait plus. Mais elle soutient que « c’est beaucoup plus important aujourd’hui de combattre à Qousseir que contre Israël car il y a beaucoup de (rebelles) de nationalités différentes qui sont des ennemis encore plus dangereux qu’Israël ». Selon Damas, des jihadistes venus de 28 pays combattent aux côtés des rebelles. « Mon mari est parti les combattre là-bas avant qu’ils nous attaquent au Liban. Nous ne nous battons pas contre les Syriens, mais les ennemis qui sont en Syrie », ajoute-t-elle.

 

 

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