Hoayek : En octobre 2004, nous avions importé 40 tonnes de tomates. Désormais, sans calendrier agricole, 5 000 tonnes de tomates sont déversées sur le marché libanais.
Q. Nous approchons de la moitié de l’année en cours, quelle est votre évaluation du secteur ?
R. Le secteur agricole traverse de très graves problèmes. Tout d’abord, l’arrêt du transport terrestre a sérieusement affecté l’écoulement de nos produits. Le blocus des produits libanais à la frontière syrienne a mis beaucoup de pression sur les agriculteurs.
Parallèlement, l’annulation du calendrier agricole a permis à la Syrie de noyer le marché libanais avec ses produits ; un facteur imprévu qui a perturbé le secteur agricole. Le secteur agricole passe par un des moments les plus critiques de l’histoire.
Qu’en est-il du fret maritime ? Les navires rouliers qui doivent transporter les marchandises libanaises en Arabie saoudite à travers l’Égypte n’ont-ils pas aidé à décanter la pression sur le secteur ?
Cette affaire de navires ro-ro (Roll on-Roll off) est un coup de publicité pour montrer à l’opinion publique que le ministère est en train d’œuvrer à résoudre la crise. Le coût du transport des marchandises libanaises sur les navires rouliers est très élevé. Lorsque les produits arrivent à bon port, ils coûtent tellement cher qu’ils ne sont plus en mesure de faire la compétition aux produits des pays du Golfe. De ce fait, cette question de transport maritime est pratiquement inutile. Nous avions demandé plusieurs fois au gouvernement d’acheter lui-même ces navires, cela aurait contribué à absorber les coûts, mais en vain... L’agriculture est l’otage idéal des stratégies du ministère...
Quelles sont les conséquences de l’afflux des produits syriens sur le marché libanais ?
La région côtière syrienne est relativement calme. Les produits qui proviennent de ces régions ne pouvant plus être acheminés vers l’Europe et les pays du Golfe, ni absorbés par la demande locale, sont déversés sur le marché libanais, l’annulation du calendrier agricole étant à la base de ce problème. À titre d’exemple, en octobre 2010, le volume d’importation des tomates était de 50 tonnes ; lorsque le calendrier agricole a été annulé, 4 000 tonnes de tomates ont été importées au Liban. Le Liban n’a pas imposé de normes aux produits ni de barrières à l’import... Comment voulez-vous que les agriculteurs s’en sortent ?
Avez-vous essayé de trouver de nouveaux marchés ?
Non. C’est très difficile parce que, pour commencer, notre production et nos variétés sont limitées et elles sont destinées à des marchés traditionnels. De plus, il n’y aucune stratégie mise en place par le gouvernement pour apporter des aides afin de percer dans de nouveaux marchés.
Tribune
Un plan Marshall pour le monde arabe
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Le fret maritime à la rescousse de l'agriculture libanaise

