L’ancien Premier ministre brandissant le contre-ouvrage censé « acquitter » les gouvernements Hariri.
Mis à part la partie purement politique de l’exposé, M. Siniora a répondu aux accusations financières et comptables du Courant patriotique libre (CPL) qui étaient parues quelques semaines plus tôt dans l’ouvrage L’acquittement impossible. « Nous avons souvent été accusés de nous occuper plus des pierres que des personnes (al-hajar qabl el-bachar), mais c’est vouloir nier le projet de reconstruction socio-économique auquel s’était livré Rafic Hariri », a-t-il souligné. Rappelant que l’ancien Premier ministre assassiné avait entrepris de vastes chantiers éducatifs, sociaux et économiques qui visaient à redynamiser une économie en mal de tout, Fouad Siniora a expliqué : « Des écoles aux aéroports, en passant par l’infrastructure routière et les hôpitaux sans oublier la reconstruction du centre-ville... Des efforts sans précédent alors que l’économie croulait sous une inflation galopante. Ce n’étaient pas les pierres au détriment des gens, mais pour les gens », a-t-il martelé. « Nous ne nous tairons plus. Le silence n’a mené à rien de bon », a-t-il ajouté pour justifier la démarche de la publication de ce « contre-ouvrage » en 16 thèmes. L’acquittement calomnieux traite de plusieurs sujets qui touchent les finances publiques : de la clôture des comptes aux bons du Trésor, en passant par la dette publique, les dons accordés au gouvernement, les dépassements des dépenses publiques, etc. « L’équipe qui a travaillé sur cet ouvrage a fait de sorte à ce que le langage soit simple », a souligné l’ancien Premier ministre qui a tenu à mettre en avant la complexité de l’exercice comptable des comptes du Trésor, de ceux du budget (clôture des comptes) et des comptes intermédiaires.
« La vérité est que durant une période de 13 ans, entre les années 1979 et 1992, il n’y avait plus de budget ou de comptes du Trésor et donc pas de clôture de comptes », a rappelé Fouad Siniora qui a également mis en avant « les incendies qui avaient frappé les immeubles du ministère des Finances en raison de la guerre d’élimination menée par le général Michel Aoun ». « Ces incendies ont détruit plusieurs données et documents précieux, a-t-il ajouté en mettant l’accent sur le fait qu’à ladite époque, le transport d’argent liquide se faisait depuis le ministère des Finances vers les comptes personnels de Michel Aoun à Paris », en précisant que plusieurs chèques bancaires témoignent de ces transactions. Ce point a été repris dans la séquence des questions, une journaliste ayant demandé à M. Siniora des explications quant à certains dons au profit du gouvernement qui avaient fini dans les comptes des responsables politiques des gouvernements Hariri. L’ancien Premier ministre a fait valoir « qu’aucun donateur ou bailleur de fonds n’octroie des dons sans en demander le contrôle et à ce titre tous les dons ont été déposés à la Banque du Liban et ont été dépensés selon la volonté du donateur ».
Fouad Siniora a en outre expliqué que lorsque le gouvernement de feu Rafic Hariri a pris ses fonctions et s’est rendu compte de l’ampleur des dégâts, il a fallu trouver une solution immédiate, notamment regrouper les comptes dispersés des deux gouvernements de l’époque.
« Le seul moyen d’entamer un exercice comptable était de remettre les compteurs à zéro et de mettre en place un exercice comptable à partir de l’année 1993. »
L’ancien Premier ministre a conclu sa présentation en mettant en avant les nombreux couacs du gouvernement en place, dont « le scandale de la station flottante Fatmagül Sultan (...) ». « Nous ne resterons plus les bras croisés et montrerons la corruption galopante orchestrée par le Hezbollah et le CPL ; le pire gouvernement depuis l’indépendance du Liban. »


exclamations : IMPOSSIBILITÉ ! CAPORALITÉ ! ACQUITTÉ !
12 h 48, le 10 mai 2013