La deuxième phase de la guerre libyenne a commencé. Les groupes extrémistes incontrôlables, puissamment armés grâce à l’arsenal de Kadhafi, commencent leur expansion vers le Sud. Après avoir contrôlé le nord du Mali, voilà qu’ils s’en prennent à ce qui reste de ce pays, ce qui a amené les troupes françaises à réagir de crainte de voir tout le Mali tomber entre leurs mains. Les voilà qui s’en prennent maintenant à l’Algérie, considérant que le Sahel, et toutes les régions autour, sont dorénavant leur propriété.
Tout s’est exacerbé à partir de la guerre libyenne et avec l’intervention des troupes étrangères, à l’initiative de la France de Nicolas Sarkozy. La boîte de Pandore s’est ouverte et les années de malheur ont commencé. La destruction systématique de la Libye a entraîné l’ouverture de l’arsenal constitué par Kadhafi à coups de milliards de dollars et donné en cadeau à ceux qui sont en train de se battre contre la civilisation. C’est dire que l’aveuglement et l’arrogance sont toujours source de malheur. Il est impardonnable que la portée de la guerre libyenne n’ait pas été mesurée par tous ces grands pays avec tous leurs services de renseignements et par le Conseil de sécurité des Nations unies.
Une navigation à vue qui risque d’amener l’embarcation droit vers les récifs où tout coulera. Avec tous les chambardements que la région subit, le conflit en Afrique, qui n’en a vraiment pas besoin et qui doit se tourner plutôt vers son développement économique, vient ajouter un désordre majeur qui, s’il se développe, risque de jeter ce continent sur la voie du retour au Moyen Âge.
Flagellation, amputation, lapidation, destruction de bibliothèques historiques, de mosquées des plus anciennes... Ce sont là les quelques prouesses de ces hordes. Quelle erreur !
La révolution libyenne aurait pu être appuyée différemment, sans pour autant amener la perte de contrôle de l’arsenal militaire. La brutalité du changement, qui jusqu’à présent n’a pas été digéré par ce pays, démontre le traumatisme profond que cette guerre y a occasionné et dont les échos se perpétuent à travers toute l’Afrique, peut-être même, un jour, au-delà si les actions militaires, qui malheureusement sont nécessaires maintenant, ne sont pas bien menées.
Il faudrait se garder de perpétuer les mêmes bêtises libyennes en Syrie. Les groupes extrémistes n’attendent que ça pour se jeter sur tout et pour tout détruire – et nous détruire avec. Ceux qui veulent une solution à la libyenne sont ou bien suicidaires, ou de connivence, ou alors aveugles. Une solution négociée reste la plus sage, la plus sûre et la moins coûteuse. Les conditions sont mûres pour se mettre autour d’une table et travailler à une solution sans conditions.
La sagesse doit venir des deux côtés, en espérant que les sponsors, quels qu’ils soient, mettront la pression nécessaire sur les belligérants pour les pousser à une solution négociée tout en s’assurant que les arsenaux, qui sont bien plus dangereux en Syrie qu’en Libye, ne tombent pas aux mains des extrémistes, comme lors de l’épisode libyen.
Joseph W. ZOGHBI
Les attaques et destructions israéliennes se multiplient dans la « zone tampon » occupée