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Politique - Décryptage

Entre l’idéologie du Hezbollah et les décisions officielles, le Liban face à ses contradictions


À l'approche des échéances électorales israélienne et américaine, le Liban doit faire face à ses multiples contradictions. D’une part, le Hezbollah est de plus en plus coincé sur le plan interne entre les sanctions américaines et la grogne populaire et, d’autre part, les responsables sont tiraillés entre les pressions internationales et la crainte de troubles internes. Ainsi, dès qu’une décision est prise, elle est généralement suivie d’une démarche contraire visant à en atténuer l’impact. C’est dans ce contexte que s’inscrit, selon des sources proches de Aïn el-Tiné, la rencontre lundi entre l’un des conseillers du chef de l’État et le président de la Chambre. Ce dernier s’est d’ailleurs empressé de déclarer par la suite que la priorité reste à la stabilité interne.

La visite du conseiller présidentiel à Aïn el-Tiné est intervenue après une série de développements qui ont mis à rude épreuve les relations entre le pouvoir et le Hezbollah. Il y a eu ainsi la saisie des armes transportées sur la route de Dahr el-Baïdar, puis l’inspection d’un dépôt de médicaments à Galerie Semaan, qui a provoqué des manifestations et des déclarations incendiaires de certains responsables du parti, comme le député Hassan Fadlallah qui a enjoint aux autorités à restituer les explosifs saisis.

La tension ne cesse de monter et les instructions données à l’armée et aux forces de l’ordre sont de plus en plus strictes, puisqu’il s’agit de mettre un terme à tout port d’armes en dehors des forces de sécurité ou militaires. Les autorités n’auraient sans doute pas pris une décision aussi claire et, en ce moment précis, si elles n’étaient pas soumises à de très fortes pressions. Mais comment la faire accepter par le Hezbollah, qui continue de clamer son droit à la « résistance » ? C’est d’ailleurs l’une des principales contradictions dans lesquelles le Liban est plongé, puisque l’idéologie officielle d’hostilité envers Israël n’a pas encore changé, bien qu’une bonne partie des Libanais n’en soit plus convaincue. Le gouvernement a ainsi décidé de considérer les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah comme illégales, mais, en même temps, Israël est toujours considéré comme un ennemi et un occupant. Or, à mesure que les pressions sur le Hezbollah, qui touchent aussi son environnement populaire, s’aggravent, la gestion des divergences devient de plus en plus difficile.

C’est pour s’entendre sur la façon de dépasser cette période particulièrement délicate que l’émissaire présidentiel s’est rendu à Aïn el-Tiné. Le président de la Chambre a, à son tour, parlé avec des responsables du Hezbollah pour maintenir la situation sous contrôle. L’opinion de Nabih Berry se résume ainsi : les deux parties ont quelque part raison, les pressions sur le pouvoir sont énormes et les circonstances dans lesquelles se trouvent le Hezbollah et sa base populaire sont également intenables. Il faut donc essayer de faire en sorte que cette situation ne s’aggrave pas. Il faut, d’un côté, laisser le pouvoir marquer des victoires et, de l'autre, laisser une certaine marge de manœuvre au Hezbollah sur le terrain.

La saisie par les autorités d’un fourgon rempli d’explosifs devient ainsi un grand exploit qui pourrait aller jusqu’à la Cour de justice, l’instance judiciaire chargée des crimes qui mettent en cause l’intérêt national et la sécurité du pays et dont les jugements sont définitifs et ne peuvent faire l’objet d’aucun recours. En même temps, selon des sources proches du Hezbollah, celui-ci a pu arrêter récemment deux Américains qui se trouvaient dans le secteur de Bir el-Abed. Les deux hommes qui semblaient se balader portaient toutefois des lunettes dotées de caméras qui filmaient tout ce qui les entourait dans la plus grande discrétion. Ils possédaient aussi d’autres objets électroniques à technologie avancée qui indiquaient les localisations. Interpellés par des agents de sécurité du Hezbollah, les deux hommes ont démenti toute intention d’espionnage. L’un d’eux a même déclaré être venu au Liban dans le cadre d’une mission journalistique, mais il n’a pas précisé pour quel média. Ce n’est pas la première fois qu’un tel incident se produit et, après l’expérience des bipeurs (en septembre 2024), le Hezbollah se veut très vigilant. Sans que cela pousse les autorités à réagir. Au contraire, dans la plupart des cas, les étrangers interpellés dans ce contexte sont généralement poussés à partir et leurs histoires restent classées dans les archives. Interrogé, le Hezbollah n’a voulu ni confirmer ni démentir l’information, mais, pour l’instant, il semble continuer à croire qu’un minimum de coopération existe encore entre lui et les autorités. Vous avez dit contradictions ?

À l'approche des échéances électorales israélienne et américaine, le Liban doit faire face à ses multiples contradictions. D’une part, le Hezbollah est de plus en plus coincé sur le plan interne entre les sanctions américaines et la grogne populaire et, d’autre part, les responsables sont tiraillés entre les pressions internationales et la crainte de troubles internes. Ainsi, dès qu’une décision est prise, elle est généralement suivie d’une démarche contraire visant à en atténuer l’impact. C’est dans ce contexte que s’inscrit, selon des sources proches de Aïn el-Tiné, la rencontre lundi entre l’un des conseillers du chef de l’État et le président de la Chambre. Ce dernier s’est d’ailleurs empressé de déclarer par la suite que la priorité reste à la stabilité interne.La visite du...
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