Conférence de presse des membres du Congrès américain sur le "Mur budgétaire" le 30 décembre 2012 à Washington. Drew Angerer/Getty Images/AFP
Le compte à rebours final vers le "mur budgétaire" était enclenché à Washington, où aucun progrès notable n'a été enregistré pendant le week-end pour éviter l'entrée en vigueur lundi soir d'une cure d'austérité brutale et lourde de menaces.
Conséquence de leur incapacité à s'accorder depuis des semaines sur les recettes et les dépenses, le Sénat contrôlé par les alliés démocrates du président Barack Obama et la Chambre des représentants dominée par les républicains devaient donc siéger lundi, jour de la Saint-Sylvestre, pour la première fois en plus de 40 ans.
Sauf accord au Congrès, de plus en plus improbable en un aussi court laps de temps, se produiront automatiquement à minuit (mardi 05H00 GMT) une hausse des impôts pour la quasi totalité des contribuables et des coupes claires dans les dépenses de l'Etat fédéral.
Ces mesures d'un montant global estimé à 600 milliards de dollars (450 milliards d'euros environ) menacent de peser sur l'activité économique, voire de replonger l'économie américaine dans la récession si leur application devait se prolonger. Elles sont censées s'appliquer en vertu d'une loi sur la réduction des déficits adoptée en août 2011.
Les négociations conduites par le vice-président, Joe Biden, et le chef de file républicain du Sénat, Mitch McConnell, semblent constituer la dernière chance d'éviter un tel scénario.
Un coup de semonce des marchés financiers pourrait inciter les deux camps à de nouvelles concessions, comme ce fut le cas par le passé. "Je pense que les investisseurs vont montrer leur mécontentement" face à l'absence d'avancée à Washington, a déclaré à Reuters Mohannad Aama, directeur exécutif de Beam Capital Management, une société de conseil en investissement new-yorkaise.
Les chefs de file démocrate et républicain du Sénat espéraient initialement conclure dimanche un accord ouvrant la voie à des mesures rapides, mais les deux camps sont restés campés sur leurs positions respectives et le démocrate Harry Reid a repoussé à lundi un vote éventuel.
Le principal point d'achoppement des discussions reste le désaccord entre le maintien des taux d'imposition actuels pour l'ensemble des contribuables, comme le propose le camp républicain, ou seulement pour les revenus inférieurs à 250.000 ou à 400.000 dollars, comme le souhaitent les Démocrates.
Les républicains exigent en outre des coupes dans les dépenses publiques supérieures à celles proposées par le président Barack Obama.
Si un compromis était trouvé à l'issue des discussions qui doivent reprendre lundi à 16h00 GMT, les dirigeants de la Chambre des représentants et du Sénat n'auront que peu de temps pour boucler les procédures nécessaires pour l'entériner.
(Pour mémoire : Moody’s avertit que les USA risquent de perdre leur « AAA » en 2013 )
Des mesures rétroactives possibles
Au-delà de l'expiration du texte plafonnant les taux d'imposition, l'échéance de mardi à minuit concerne une série d'autres mesures fiscales affectant des dizaines de millions de foyers américains.
La principale d'entre elles concerne des exonérations de cotisations sociales en vigueur depuis deux ans et qui disparaîtront sans doute, ni les républicains, ni les démocrates n'ayant manifesté un intérêt particulier pour leur reconduction. Le taux de cotisation concerné pourrait ainsi passer de 4,2% à 6,2%, son niveau antérieur, pour environ 160 millions de salariés à compter du 1er janvier.
Autre menace, celle de la disparition du dispositif encadrant l'application de l'Alternative Minimum Tax (AMT), le taux d'imposition plancher qui permet de plafonner le recours des contribuables les plus aisés à des niches fiscales. Si un nouvel accord n'était pas conclu sur ce point, l'AMT, qui n'est pas indexé sur l'inflation, s'appliquerait mécaniquement à plusieurs dizaines de millions de foyers de la classe moyenne.
L'Internal Revenue Service (IRS), le fisc américain, estime que 100 millions de contribuables pourraient au mieux être privés de remboursements de trop perçu et au pire voir leurs impôts augmenter si le Congrès n'adopte pas des mesures rétroactives concernant l'AMT.
A partir de mardi, le Congrès peut théoriquement adopter des mesures rétroactives sur tout ou une partie des dossiers en suspens. Mais cela présagerait des concessions que républicains et démocrates ont jusqu'à présent exclues.
Dimanche, Barack Obama a déclaré avoir l'intention d'agir dès le 4 janvier pour revenir sur les hausses d'impôts entrées en vigueur d'ici-là, à l'exception de celles touchant les plus riches.
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