L’avertissement de l’agence de notation survient à moins de deux mois des élections du 6 novembre, par lesquelles les Américains choisiront leur président pour les quatre années à suivre et renouvelleront le Congrès. Photo Reuters
Cet avertissement survient à moins de deux mois des élections du 6 novembre, par lesquelles les Américains choisiront leur président pour les quatre années à suivre et renouvelleront le Congrès. Les États-Unis ont perdu leur « AAA » auprès de Standard and Poor’s en août 2011, à l’issue d’un feuilleton politique à rebondissement, qui s’était conclu par un relèvement du plafond légal de la dette publique américaine juste à temps pour éviter à Washington de manquer le paiement d’intérêts sur certaines de ses obligations. Moody’s avait alors abaissé à « négative » la perspective de la note de l’État fédéral, signifiant par là qu’elle pourrait l’abaisser à l’avenir. La troisième grande agence de notation, Fitch, a déjà annoncé en décembre 2011 que, pour elle, le maintient du « AAA » américain se jouerait en 2013, « année-clé » après les élections.
Dans ses nouveaux attendus, Moody’s estime « peu probable » qu’elle maintienne le « AAA » des États-Unis et sa perspective négative jusqu’en 2014, sauf dans le cas où « la méthode adoptée pour obtenir la stabilisation de la dette passerait par un choc budgétaire important et immédiat », mais il lui faudrait obtenir alors « la preuve que l’économie pourrait rebondir après ce choc » pour pouvoir envisager de ramener la perspective de la note à « stable ». L’agence fait là spécifiquement référence au « mur budgétaire » (« fiscal cliff ») auquel le pays risque de se heurter en janvier.
En effet, sans accord d’ici à la fin de l’année entre le camp démocrate du président Barack Obama et l’opposition républicaine sur la façon de réduire la dette publique, un certain nombre de mesures de relance et de réductions d’impôts prendront fin automatiquement au 1er janvier alors qu’entreront en vigueur des baisses automatiques des dépenses publiques. La Banque centrale américaine (Fed) et plusieurs études ont averti que cela risquait d’entraîner une nouvelle récession, et nombre d’analystes estiment que les élus ne prendront pas ce risque.
Pour Moody’s, la note des États-Unis et sa perspective actuelle « devraient être maintenues jusqu’à ce qu’apparaisse clairement le résultat » du travail parlementaire de 2013, mais cela suppose que le plafond de la dette publique soit relevé sans drame lorsqu’il devra l’être, a priori d’ici à fin décembre.
La dette publique américaine atteignait lundi soir 16 046,7 milliards de dollars, soit environ 103 % du PIB. Le plafond de la dette soumise à la limite du Congrès est fixé pour l’heure à 16 394,0 milliards de dollars.
(Source : AFP)


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