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Cinéma

Meyar al-Roumi, « Roundtrip » ou la géographie du cœur

Rencontre – Dubaï
OLJ
20/12/2012
Meyar el-Roumi est un réalisateur, scénariste, directeur de la photo et ingénieur du son. Parmi ses derniers documentaires, on se souvient du Voyage de Rabia, des Six histoires ordinaires (2007) et du Voyage au bout du monde (2006). Ce jeune cinéaste syrien installé depuis plusieurs années à Paris, « pour des raisons personnelles et culturelles » et enfin parce qu’il n’aurait jamais pu faire ces œuvres-là et compter sur le soutien du gouvernement syrien, est venu à Dubaï présenter son premier film de fiction. Roundtrip était en compétition officielle pour le « Muhr arabe », lequel a obtenu la mention spéciale pour son interprète féminine Alexandra Kahwaji.
Le long-métrage de fiction de 73 minutes évoque, tout comme les autres œuvres, le thème de voyage. « Je suis hanté par la questions de migrations, de périples et de pérégrinations qu’a vécu et que vit encore cette région du Moyen-Orient. » Non seulement une traversée qui guide le couple interprété par Alexandra Kahwaji et l’acteur syrien Ammar Haj Ahmad vers de nouveaux rivages, en allant de la Syrie jusqu’à Téhéran, tout en passant par la Turquie, mais également une plongée en amour. « Un jeune couple qui s’aime comme des enfants mais qui, au retour, deviendra adulte », précise le cinéaste.
Pour Alexandra Kahwaji – ayant travaillé avec Khalil Joreige et Joana Hadjithomas ainsi qu’avec Élie Khalifé et qui se considère comme actrice par intuition après des études d’audiovisuel –, ce film était un défi. Entrer dans la peau du personnage qui lui a beaucoup plu, car « Suhair est une jeune fille libre qui sait ce qu’elle veut, alors que Walid son protagoniste est plus passif, signale-t-elle, n’était pas une chose facile. Je suis un peu Suhair et je me suis investie totalement dans ce rôle. J’ai essayé de l’interpréter avec énormément d’intensité. Le réalisateur nous a donné une liberté d’interprétation, mais dans certaines limites bien sûr. » Pour Ammar Haj Ahmad, qui lui donne la réplique et qui est issu du milieu du cinéma et du théâtre, « el-Roumi place un toit et l’acteur travaille dans le cadre de ses limites ».
Meyar al-Roumi travaille pour l’authenticité. Il filme l’intérieur des personnages et fait fi de la lenteur ou des prises trop longues. Il filme l’espace temps exactement comme dans la vie réelle. Sa générosité réside à donner au spectateur la liberté d’interpréter lui-même les images.
Le cinéaste syrien parle de son regard au cinéma comme une toile ou une musique classique : « Le 7e art, en effet, a plusieurs facettes et j’en choisis une. » Et d’ajouter : « Je suis très inspiré par les films italiens des années soixante, comme Rossellini, et mon cinéma en est souvent l’écho. » Dans ce « roundtrip » qui nous emmène à travers les silences et les regards de deux amoureux et sur toile de fond des paysages fabuleux, Meyar al-Roumi, qui dit faire des films sociopolitiques et qui écorche souvent en passant le système, filme avec réalisme mais poésie les reliefs d’une nouvelle géographie intérieure. Celle du cœur et de l’esprit.

C.K.

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