Présidentielle US 2012

Obama vs Romney : La glaçante leçon de stature présidentielle...

Présidentielle US
OLJ/AFP
16/09/2012

Barack Obama s’est soigneusement démarqué de son adversaire Mitt Romney sur le thème de la politique étrangère, au moment où le président américain enregistrait une nette embellie dans les sondages. « On dirait que le gouverneur Romney a tendance à tirer d’abord et viser ensuite » : M. Obama a eu mercredi une réaction glaciale vis-à-vis du candidat républicain qui s’était emparé la veille d’un communiqué de l’ambassade des États-Unis au Caire pour accuser l’administration démocrate de faiblesse. « En tant que président (...) il est important de s’assurer que les déclarations que vous faites sont soutenues par les faits, et que vous avez pensé à toutes les conséquences avant de les prononcer », a poursuivi M. Obama, donnant une leçon de stature présidentielle à l’ancien gouverneur du Massachusetts.
Ce dernier était en effet revenu à la charge mercredi en estimant qu’il « n’est jamais trop tôt pour l’administration américaine pour condamner des attaques menées contre des Américains et pour défendre nos valeurs », mais cette critique a semblé déplacée alors que M. Obama incarnait le deuil du pays après la mort de quatre Américains dans l’attaque du consulat de Benghazi. Mais moins d’une heure plus tard, il retrouvait son équipe au siège du Parti démocrate à Washington pour une séance de stratégie électorale. Et cette stratégie inclut de toute évidence de s’en prendre à M. Romney sur le thème des relations internationales. « On n’est peut-être pas prêt à la diplomatie avec Pékin si l’on ne peut pas se rendre aux Jeux olympiques sans insulter notre allié le plus proche », avait ainsi lancé M. Obama le 6 septembre lors de la convention démocrate qui venait de l’introniser.


Au sujet de la Chine justement, l’équipe démocrate a accusé vendredi M. Romney d’« hypocrisie » après qu’il eut promis de faire en sorte que Pékin « respecte les règles » économiques, alors que selon l’allié de M. Obama Ted Strickland, M. Romney « a fait fortune en investissant dans des entreprises qui se spécialisent dans la délocalisation d’emplois en Chine ». L’intervention de M. Strickland dans cette affaire était d’ailleurs soigneusement calibrée : ce dernier occupait jusqu’en 2010 le poste de gouverneur de l’Ohio, un État industriel que M. Romney doit impérativement remporter s’il veut garder des chances de ravir la Maison-Blanche à M. Obama le 6 novembre.


Or les nouvelles cette semaine n’ont pas été bonnes pour le candidat républicain, qui accuse selon une enquête Wall Street Journal/NBC/Marist publiée jeudi soir pas moins de sept points de retard dans les intentions de vote sur le président dans l’Ohio, un chiffre préoccupant à moins de huit semaines de l’élection.
Même si rien n’est encore joué, le même sondage concluait à une avance de cinq points de M. Obama en Floride et en Virginie, États décisifs pour les deux candidats.


Tous ces chiffres encourageants pour le président sortant semblent montrer que le cœur de la stratégie de M. Romney – s’en prendre sans relâche au bilan économique de M. Obama – peine jusqu’ici à convaincre les électeurs, malgré les chiffres de l’emploi médiocres publiés il y a une semaine. De fait, selon un sondage CBS/New York Times publié vendredi soir, les Américains font désormais davantage confiance à M. Obama qu’à M. Romney, qui accuse un retard de trois points sur le candidat démocrate, pour gérer l’économie et le chômage. Le républicain détenait jusqu’ici un large avantage sur le président sortant dans ce dossier, de loin le premier sujet de préoccupation des électeurs selon la même enquête.

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